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    Prostituées et soldats

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    Prostituées et soldats Empty Prostituées et soldats

    Message par suspente le Sam 11 Avr - 20:05




    Prostituées et soldats, le couple indissociable de la Grande Guerre


    Deux métiers ont souvent eu un destin partagé : les soldats et les prostituées. Ce fut particulièrement le cas lors de la Grande Guerre. Afin d'enrayer les maladies, l'armée française a même dû contrôler et organiser la prostitution.

    "On gagnait tout ce qu'on voulait dans les lupanars de la zone et des camps. Là, c'était la bousculade, un dur, dangereux et écœurant business : cinquante, soixante, jusqu'à cent hommes de toutes les couleurs, de toutes les races, à faire par jour, sous la menace continuelle des avions, des bombardements." Dans ses mémoires ("Souvenirs d'un médecin de la préfecture de police et des prisons de Paris 14-18"), le docteur Léon Bizard raconte sans détour le quotidien sordide des prostituées durant la Première Guerre mondiale.

    Alors que les combats font rage depuis août 1914, cette activité est des plus florissantes. Les soldats, éloignés de leur famille et plongés dans l'enfer de la guerre, sont en manque de compagnie féminine. "On peut mourir à tout instant, d'une seconde à l'autre. Quand la possibilité existe de répondre à son désir, il n'y a aucune retenue", raconte à France 24 le lieutenant-colonel Christian Benoit, auteur d'un ouvrage sur l'armée et la prostitution intitulé "Le soldat et la putain".

    Contenir les maladies

    Depuis des siècles, les militaires et les prostituées partagent la même histoire. Pour Christian Benoit, il s'agit même d'un couple indissociable : "Cela s'explique par le fait que les armées sont des groupements d'hommes jeunes et célibataires qui ont besoin de temps en temps de rencontrer une femme, pas toujours pour coucher avec elle d'ailleurs, mais pour avoir aussi une présence. Cette masse d'hommes constitue une clientèle pour la prostitution. Les proxénètes arrivent tout de suite là où il y a des soldats."

    Prostituées et soldats Soldat10

    Dès le début du XIXe siècle, l'armée se rend compte de l'ampleur du phénomène et surtout du problème des maladies vénériennes transmises lors de ces rapports sexuels. Alors qu'aucun traitement n'existe encore pour soigner la syphilis ou le chancre mou, la Grande muette décide de prendre des mesures. "Pour exercer, les prostituées doivent être inscrites auprès des autorités, soit dans les mairies en province ou à la préfecture de police à Paris. Elles doivent passer des contrôles sanitaires", détaille Christian Benoit. Malgré ces efforts, les maladies continuent de se propager en raison du grand nombre de femmes qui exercent dans la clandestinité.

    Au début de la Première Guerre mondiale, ces professionnelles n'ont pas bonne publicité. Alors qu'une vague de moralisme s'abat sur une France qui part en guerre, elles sont accusées de tous les maux : "Cela a été vrai à toutes les époques. On l'a vu en 1870 ou en 1944. On s'en prend à elles. On les traite d'espionnes parce qu'elles rencontrent tout le monde. On cherche à les éloigner de l'armée, mais cela ne marche pas."

    Les prostituées qui ont été envoyées loin du front ne tardent en effet pas à revenir. Elles savent que la clientèle des soldats les attend. "Elles arrivent très près de la zone de l'avant, qui est sous l'autorité militaire. Il y a aussi des villages non loin des combats où il reste encore de la population. Une partie des habitantes se livre elle-même à la prostitution pour diverses raisons. On fait aussi venir des prostituées. Ce sont des scènes assez apocalyptiques, de vraies maisons d'abattage", décrit l'auteur de "Le Soldat et la putain".

    Des bordels militaires de campagne

    Très vite, les médecins militaires font part de leurs inquiétudes quant à la propagation des maladies : "Au moins 20 a 30 % des hommes ont attrapé la syphilis durant la guerre. C'est vrai pour les soldats, mais aussi dans la population civile." Au cours de l'été 1915, l'armée prend ainsi des premières mesures pour tenter d'enrayer ce fléau. Elle met en place des dispensaires : "Les médecins en profitent pour interroger les hommes pour savoir qui les a contaminés de façon à rechercher la femme en question et essayer elle aussi de la soigner. Mais on découvre qu'ils sont souvent incapables de s'en souvenir. Ils sont tellement aveuglés par leur désir et les rapports sont tellement rapides qu’ils ne savent rien."

    Durant le dernier semestre du conflit en 1918, l'état-major français franchit même un nouveau palier en important le concept des "bordels militaires de campagne" (BMC) déjà utilisés par l'Armée d'Afrique depuis la conquête de l'Algérie. Après avoir trouvé des locaux, ou même fait construire certains, l'armée sous-traite la gestion de ces établissements auprès de proxénètes. "On ne peut pas généraliser, mais il y en a eu dans certains coins, en particulier auprès des camps d'instruction souvent installés à la campagne dans des zones où il n'y avait pas de réglementation de la prostitution ou de contrôles médicaux."

    Dans les rangs des autres belligérants de la Grande Guerre, le problème est aussi présent, mais les méthodes diffèrent. L'armée américaine interdit tout simplement à ses hommes la fréquentation des maisons closes : "Ils préfèrent contrôler leurs soldats avec le système suivant : tout homme qui a un rapport sexuel doit se présenter dans les trois heures qui suivent dans une station de prophylaxie où des soins lui sont donnés. S'ils sont malades sans avoir suivi la procédure, on leur prend la moitié de leur solde." Mais ce moyen de pression n'est pas toujours suffisant. À Saint-Nazaire notamment, où les Américains débarquent en France, ils vont largement contribuer à la propagation de la syphilis dans la ville en fréquentant des prostituées clandestines. Quand aux autorités britanniques, elles ne font rien en vertu de l'Habeas corpus, la loi anglaise garantissant la liberté individuelle : "Aucun contrôle n'est possible. La seule mesure qu'ils prennent, c'est de s'aligner sur les Américains au printemps 1918 en interdisant l'accès aux maisons closes."

    Une pratique pas si lointaine

    À la fin de la Grande Guerre, cette activité lucrative connaît finalement un ralentissement avec la démobilisation des poilus et le départ des troupes étrangères. Mais le XXe siècle va encore donner au couple "soldat-prostituée" de nombreuses occasions de se retrouver. "Durant la Seconde Guerre mondiale, des unités venues d'Afrique du Nord étaient accompagnées de BMC. Ces femmes les ont suivies jusqu'en Allemagne. Pendant la Guerre d'Indochine, la prostitution a continué avec les femmes du pays", explique Christian Benoit. "Après la Guerre d'Algérie, la légion étrangère a même ramené en France avec elle le système des BMC. Jusqu'en 1978, il y en avait encore dans quatre garnisons : à Corte, à Bonifacio, à Calvi et à Orange."

    Malgré la loi Marthe Richard, qui interdit les maisons closes depuis 1946, ces établissements continuent d'exister : "C'était hors-la-loi bien sûr, mais c'était le système de la sous-traitance. L'armée se mettait en rapport avec un proxénète qui fournissait les filles. C'est toute l'ambiguïté de ce système." Une pratique qui a perduré pendant encore de nombreuses années. Le tout dernier BMC de l'armée en territoire français a fermé ses portes en 1995, à Kourou, en Guyane : "Un proxénète local avait porté plainte pour concurrence déloyale."




    France 24
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    Stéphanie TROUILLARD
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    Prostituées et soldats Empty Le repos des guerriers

    Message par suspente le Sam 11 Avr - 22:23




    Jean-Marc Binot, spécialiste des confits du XXe siècle, dans un livre dense et passionnant, lève le voile sur un aspect peu connu, jamais étudié et peu glorieux de ce confit, celui de la prostitution organisée par l'armée française.


    Le bordel à soldats, explique-t-il, n'a rien de nouveau. La tradition le fait remonter à la croisade de Philippe Auguste qui, choqué de l'étendue des pratiques sodomites parmi les Francs et des viols qu'ils commettaient, les remit dans le chemin de Dieu en faisant venir de France un plein bateau de filles de joie. L'armée n'a jamais abandonné le principe mais, au XXe siècle, elle en use pour des motifs plus terrestres. L'état-major en Indochine s'y résout parce qu'il y voit la seule arme à sa disposition pour lutter contre les maladies vénériennes, presque aussi efficaces que le Viet-minh pour décimer la troupe.

    "Délégation de service public"
    La métropole, mais aussi le Sénégal ou le Maroc, d'où viennent les nombreux tirailleurs, sont à trois semaines de bateau. Les soldats ne revoient leur foyer qu'une fois tous les deux ans, au mieux. La guerre de tous les instants menée par un ennemi caché dans la population crée un stress terrible. Le «mal jaune», ce cafard propre à l'Extrême-Orient, mine le moral. Pour le vaincre, il n'y a que «l'alcool et les filles». Le premier se trouve en abondance. Mais les secondes ? Certains optent pour la tradition coloniale des congaïs, ces concubines choisies parmi les filles du pays.

    Les autres ont recours aux prostituées locales, qui se vendent dans des conditions de misère et d'insalubrité terribles, d'où les maladies. Avec gêne d'abord, puis insistance, les instances supérieures réclament donc des BMC (bordels militaires de campagne), perçus comme un mal nécessaire. Les premiers ouvrent au milieu des années 1940, au moment même où la loi ferme définitivement les maisons closes en France métropolitaine.

    Concrètement, l'armée offre des sortes de «délégation de service public», comme écrit l'auteur, à des mères maquerelles, qui peuvent ouvrir leurs bordels sous protection militaire, en échange d'une soumission totale de leur personnel à la surveillance médicale. Les filles sont visitées par les spéculums des médecins militaires plusieurs fois par semaine.

    "Défilé des bites" et "parc à buffles"
    Les hommes ne peuvent acheter leur droit au plaisir qu'après la petite cérémonie que les légionnaires allemands, nombreux dans le corps expéditionnaire, nomment la «Schwanzparade», le «défilé des bites», consistant à faire examiner son outil par un infirmier chargé de l'enduire de permanganate.

    Malgré cet environnement glamour comme un traitement antisyphilitique, la formule fonctionne, les établissements pullulent. Certains sont gigantesques, comme le «parc à buffles», devenu une institution de Cholon, le faubourg chinois de Saigon. Des centaines de filles s'y vendent sur des bat-flancs, dans l'intimité en lambeaux de petites cabines de toile, meublées du seul baquet qui sert à la toilette. Ailleurs, les «maisons» se transforment en maisons volantes, et les putains, en escouade, suivent les bataillons en opération.

    Portant sur un sujet aussi intime et tabou, l'enquête n'était pas simple. Binot la conduit avec méthode, épluchant tous les documents exploitables, les notes administratives, les rapports de médecins, les carnets de soldats ou d'officiers qui, selon les cas, témoignent de leur dégoût d'une chair si sinistre qu'elle leur coupe l'appétit, ou l'enrobent d'un folklore égrillard.

    Le destin mystérieux des filles de joie
    Les filles elles-mêmes restent à jamais dans l'ombre. C'est le point aveugle du travail de l'historien, dont il s'explique avec intelligence. Comment aurait-il pu l'éclairer ? Sinon une certaine Fadma, incroyable et crâne Marocaine qui a raconté son histoire, face caméra, dans les années 1980, nulle autre n'a dit ses peines ni ses joies, si tant est qu'il y en eût.

    On ignore aussi comment elles ont fini. Une solide tradition, alimentée par les cercles d'anciens combattants d'extrême droite, voudrait qu'un BMC ait été présent à Diên Biên Phu, et que, authentiques Marie-Madeleine de la coloniale, ses employées se soient métamorphosées en aides-soignantes héroïques auprès des blessés, avant d'être abattues froidement par les communistes. Nul témoignage crédible, selon l'auteur, n'étaie cette pieuse légende.



    François Reynaert


    Le repos des guerriers,
    par Jean-Marc Binot, Fayard, 310 p., 22 euros.


    Bio express
    Jean-Marc Binot
    (DR)

    Jean-Marc Binot, journaliste et historien, est notamment l'auteur de «Nom de code: Brutus. Histoire d'un réseau de la France libre», «Héroïnes de la Grande Guerre» et «l'Argent de la Résistance».

    Source : "le Nouvel Observateur" du 17 avril 2014.





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