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Histoire de pompier

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Histoire de pompier            Empty Histoire de pompier

Message  LANG Mer 1 Avr - 18:16



C’est le moment de ressortir de vieilles histoires parait-il.
Alors en voici une pour nous réchauffer.
En particulier pour ceux qui la connaissent déjà…



Une histoire avec un pompier chez les cavaliers.

Ce devait être en 1970 lors d’une manœuvre d’hiver en février.
Nous, « les rouges », devions descendre le long du Massif Central pour envahir un pays « bleu ». D’habitude on était plutôt du côté des « bleus » mais là on avait décidé d’être les plus forts, les méchants avec plein de moyens !
Quel plaisir de se sentir puissant !
Avec nos EBR, nous avions pénétré assez loin dans le pays « ennemi ». Bien entendu, nous étions ralentis par des forces « hostiles » du genre  « infanterist » de Brive ou «  cavaliere » de Périgueux.
Il y avait même des parachutistes mais je ne me rappelle plus quelle unité. En fin de manœuvre nous avions rencontré une section. Ils étaient transis de froid et avaient beaucoup souffert. Et voilà où on en arrive quand on s’habitue aux douceurs du sud-ouest, car ils venaient très certainement de cette région idyllique réservée aux parachutistes… Et pourquoi pas le 1er RCP avec ses douceurs paloises !
C’est vrai qu’avec nos véhicules nous avions toujours la possibilité de nous réchauffer un peu et transporter à manger ne posait pas de problème. Un cavalier sait qu’il est très important de nourrir son cheval et de remplir son estomac par grand froid…
Et la population avait été mise dans le coup.
Les régiments locaux avaient accordé des permissions exceptionnelles en demandant à chacun de prêcher la » bonne parole » dans sa famille et chez les voisins. Les « rouges » qui portaient des brassards de la même couleur devaient être considérés comme de véritables ennemis indésirables. Pas question de donner des renseignements ou de les héberger !
Et la propagande avait été bien faite.
Bref, en tant qu’ennemi « rouge », même vainqueur, nous avions beaucoup de mal. S’imposer manu militari ne faisait pas partie de la « procédure ». Nous étions des bergers allemands avec muselière…
La neige n’arrangeait pas nos affaires et chaque bivouac pour la nuit était un nouveau problème. Oui, comme vous le savez, un cavalier ne dort pas en pleine nature, il lui faut un certain confort. Quatre murs ou une grange au minimum. Et bien, même pour le minimum c’était devenu presque impossible. Nos abris étaient le plus souvent constitués par nos véhicules. Sauf un soir, où un ancien maquisard communiste nous avait trouvé une ferme appartenant à sa tante.
- Vous êtes quand même Français ! nous avait-il dit.
Après tout, cet homme était peut-être une taupe du KGB ? En tout cas, il ne nous a pas lâchés avant de nous faire terminer sa bouteille d’eau de vie. Rassurez-vous on était quand même à cinq.
Ambiance, ambiance…
Nous avons bien dormi cette nuit-là.
Notre escadron avait été « affublé » d’un arbitre qui était un lieutenant des pompiers de Paris. A chaque occasion, nous avions droit à de longs discours sur la lutte contre le feu. Les premiers signes, les moyens, les vérifications etc. Dans le détail avec plein de précisions et même des révisions. Cent fois sur l’ouvrage…
C’est d’une oreille distraite que nous écoutions. Seul nous intéressait son diagnostic en cas de rencontre avec « l’ennemi ». Il était rigoureux dans ses décisions et cela renforçait un peu notre agacement lors de ses « démonstrations » incendie. Cet homme ne pensait pas toujours que nous étions les plus forts, c’était vexant.
Mais un arbitre doit être respecté.
Un soir, nous avons eu la chance de nous installer à côté d’un château dont le propriétaire admirait nos blindés. Il avait gardé un souvenir ému de son service militaire. Un véritable « collaborateur » !
Nous avons été reçus dans sa propriété et ses granges avaient été mises à notre disposition. Quel changement !
Enfin une nuit de repos dans des conditions normales (pour des cavaliers !). Et quel luxe ! Pour les cadres, un repas dans la grande salle à manger et le premier étage de la conciergerie mis à la disposition pour la nuit. Une chambre à coucher chauffée grâce à une cheminée : le paradis !

Histoire de pompier            Oipesc10


A la sortie du repas, le châtelain désirait voir un EBR de près.
En tant que lieutenant en premier, je lui ai proposé de m’accompagner jusqu’à l’échelon qui procédait à des réparations. Il est monté dans la tourelle d’un blindé et c’était un plaisir de voir cet homme découvrir cette alcôve parfumée à l’huile hydraulique.
L’EBR est un engin sympa mais pour ceux qui connaissent…
Mon adjoint, le Maréchal des Logis chef Daniau qui procédait au dépannage me fit comprendre qu’il serait intéressant de faire un essai sur route. Il avait deviné la pensée de notre châtelain.
Daniau était un dépanneur hors pair, un magicien !
Ma première rencontre avec lui s’était faite au bord d’une route. Il sortait de la tourelle d’un blindé en panne. Je l’ai vu sauter le fossé et s’approcher de la haie de noisetiers. Il a coupé une branche et a commencé à la tailler. Je ne comprenais rien. Il est redescendu dans la tourelle, en est ressorti quelques minutes plus tard. Il a demandé au pilote de remettre en route. L’engin est reparti.
Il venait de boucher un tuyau du circuit hydraulique avec son morceau de noisetier...
Au clin d’œil qu’il m’avait fait, j’avais compris qu’il était temps de remercier Monsieur le Comte pour son accueil.
Et nous voilà partis, de nuit, sur une route de campagne de la Creuse.
J’étais le pilote, mon adjoint assis à l’extérieur près de moi et notre châtelain dans la tourelle, cheveux au vent, poussait des cris de joie.
Il n’y avait pas de gendarmes sur l’itinéraire… et (pour rassurer tout le monde) nous roulions très lentement !
Vers deux heures du matin, nous sommes rentrés et après avoir dégusté une bière glacée chacun a rejoint ses pénates.
Je me suis glissé dans mon sac de couchage au premier étage de la conciergerie. Tout le monde dormait, la pièce était chaude malgré la cheminée éteinte.
Quelques petites heures de sommeil à déguster.
Cinq minutes s’étaient écoulées et j’ai entendu quelqu’un se déplacer dans la chambre.
C’était notre pompier de Paris.
Il passait de part et d’autre de la cheminée. Je me suis levé à contrecœur pour lui demander ce qu’il avait. Un malaise peut-être ?
Non, cet homme se posait des questions sur la cheminée.
Un feu de cheminée dans une cheminée éteinte !
Encore une obsession pensais-je.
Mais il a insisté. Tellement insisté qu’il a réveillé tout le monde. Il n’y eut pas d’émeute car le militaire est un être discipliné surtout quand il est à moitié endormi.
Et notre homme décida de descendre au rez-de-chaussée pour vérifier quelque chose.
Nous sommes descendus à plusieurs pour l’accompagner et contempler le plafond de la pièce du rez-de-chaussée.
Sous la cheminée, il contempla le revêtement en plâtre et s’exclama :
- Les poutres sont en feu. Il faut casser le plafond pour vérifier.
J’avais du mal à partager son point de vue. Tout paraissait normal. Aucune fumée, pas d’odeur de brulé. Mais il insista.
Bon, un petit coup dans le plâtre et cet homme sera satisfait. Pour lui faire plaisir quelqu’un utilisa un manche de pelle qui trainait par là et s’attaqua au plafond.
Il fut satisfait.
Et moi, sidéré !
Là, sous mes yeux, je voyais des poutres rouge vif !
Incroyable !
Une cheminée éteinte, pratiquement pas de fumée et pourtant ce bois incandescent !
Nous avons appelé les « vrais » pompiers qui ont éteint ce feu qui risquait de se propager à toute la conciergerie.

Histoire de pompier            Poutre10
(C'était un peu çà…)

Le châtelain n’a pas déposé plainte, il aimait trop nos EBR... Une chance car les dégâts étaient importants.
Quant au pompier de Paris, lorsque nous nous sommes quittés en fin de manœuvre, je lui ai tapé sur l’épaule en le regardant au fond des yeux. C’était ma manière de m’excuser pour tout le mauvais esprit dont j’avais fait preuve.

Depuis, je me méfie toujours des cheminées qui sont à l’étage et j’ai un profond respect pour les pompiers de Paris…

Histoire de pompier            Pompie10
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