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    PAQUEBOT AFRIQUE

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    Message par musette tap le Lun 30 Mar - 0:09



    Les 568 naufragés oubliés du paquebot « Afrique », parti de Bordeaux il y a un siècle


    Le 12 janvier 1920, le paquebot « Afrique » fait naufrage à 40 km des côtes de la Nouvelle-Aquitaine. Il y aura 34 rescapés seulement. Cette catastrophe est tombée dans l’oubli et, avec elle, la mémoire de 192 tirailleurs sénégalais.


    PAQUEBOT AFRIQUE Paqueb10


    Le navire bondé
    9 janvier 1920, quai des Chartrons à Bordeaux, un paquebot de 119 mètres de long attend d’embarquer ses derniers passagers. Son imposante cheminée flanquée d’étoiles rouges libère la fumée de ses deux machines à vapeur de 7 200 chevaux, prêtes à mettre en route les deux hélices à l’arrière du bateau.

    Le steamer de la compagnie des Chargeurs réunis est sur le point de prendre la route du Sénégal. C’est un modèle récent pour ne pas dire « moderne ». Il est sorti fin 1907 des chantiers anglais Swan Hunter et Wigham Richardson, situés à Newcastle, ville du Nord-Est de l’Angleterre. Il a déjà effectué de nombreuses traversées jusqu’aux ports africains et a servi pendant la Première Guerre mondiale à amener en renfort des troupes coloniales vers la France.

    Ce vendredi, 602 personnes sont à bord : 275 passagers s’entassent dans les cabines des première, seconde et troisième classes, initialement prévues pour 227. Dans l’entrepont, 192 tirailleurs sénégalais sont installés. Et 134 membres de l’équipage répondent aux ordres du commandant Antoine Le Dû, 43 ans, un marin expérimenté tout juste nommé à la tête du navire.

    Parmi les passagers, une personnalité : l’évêque Hyacinthe Jalabert, vicaire apostolique de la Sénégambie (Sénégal), accompagné de 17 missionnaires de sa congrégation du Saint-Esprit. Il transporte un trésor pour achever l’édification de la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Dakar : 30 millions de francs-or.

    Le naufrage
    Les amarres larguées vers 19h, l’Afrique remonte l’estuaire de la Gironde durant la nuit où le vent souffle fort. Le lendemain matin, 10 janvier, sur le point de prendre l’Atlantique, le chef mécanicien signale de l’eau dans les cales de chaufferie sans pouvoir en identifier l’origine.

    Prévenu, le commandant Le Dû fait réduire l’allure. Les pompes sont activées mais vite bouchées par la crasses des chaudières. Les hommes tentent de pomper l’eau eux-mêmes mais ils sont vite dépassés. En surrégime, la moitié des chaudières arrêtent de fonctionner.

    Face à la pleine mer, Antoine Le Dû découvre la tempête. Il décide de faire route vers La Pallice, le port de La Rochelle. Il faut donc virer de bord mais la mer et le vent ne facilitent pas la manœuvre. Les avaries se multiplient et poussent le commandant à demander du secours le matin du 11 janvier. Un navire répond à l’appel : le Ceylan, parti lui aussi de Bordeaux le 10 janvier pour aller en Amérique du Sud.

    Plus gros et plus puissant, le Ceylan propose à l’Afrique de le remorquer mais Antoine Le Dû estime l’opération impossible et refuse. Reprenant la manœuvre pour rejoindre la Pallice, il échoue à plusieurs reprises et les machines du navire lâchent l’une après l’autre.

    Vers 18h, l’Afrique est à nouveau malmené par le vent. La salle des machines est abandonnée et l’électricité coupée. Dans la nuit, le Ceylan perd de vue le bateau à la dérive. Ce dernier heurte un bateau-feu devant le plateau de Rochebonne et l’eau s’engouffre dans le bateau. Les canots de sauvetage sont mis à l’eau mais les passagers ont du mal à embarquer. Le bateau coule à pic passé minuit. Il n’y aura que 34 rescapés : 20 membres de l’équipage, 13 Sénégalais (l’un d’eux décédera sur le pont du navire sauveteur) et 1 passager civil.

    L’oubli
    Après le drame, l’incompréhension. Plusieurs enquêtes innocentent les Chargeurs réunis après les soupçons de mauvais contrôles techniques sur le navire au départ de Bordeaux. Une enquête permet même de condamner les familles des victimes à verser des dommages-intérêts à la compagnie pour diffamation.

    Ce sentiment d’injustice est d’autant plus renforcée que le naufrage de l’Afrique n’a pas les honneurs de la presse, focalisée à l’époque sur l’élection présidentielle française du 17 janvier, 5 jours après le drame. Malgré le lourd bilan humain, la catastrophe est peu relayée.

    « Comment se fait-il que ce drame qui a fait 600 victimes à quelques kilomètres de la côte française soit tombé dans l’oubli ? » se demande Daniel Duhand, coréalisateur d’un documentaire sur ce naufrage et auteur du livre « Mémoires de l’Afrique ». Le nombre de naufragés ne fait pas le poids dans la mémoire collective face aux millions de morts de la Première Guerre mondial suppose-t-il.

    Sur ce sujet, Karfa Diallo mène une autre bataille. Le fondateur de l’association Mémoires et Partages adresse en 2018 une lettre ouverte à Emmanuel Macron demandant qu’un hommage national soit rendu aux « combattants sans corps dont l’âme réclame justice ». A Bordeaux, plusieurs expositions tentent de sortir ces « tirailleurs naufragés » de l’oubli.




    Rue89Bordeaux
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    Message par musette tap le Lun 30 Mar - 0:16



    PAQUEBOT AFRIQUE Afriqu10
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    Message par musette tap le Lun 30 Mar - 10:20



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    Épave du Titanic Français, le paquebot " AFRIQUE "
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    Message par bretivert le Lun 30 Mar - 17:02



    Des 602 personnes qui se dirigeaient ce mois-là vers Dakar, Conakry et Grand-Bassam (Côte d’Ivoire), seuls 34 ont survécu, dont un seul civil. Ils étaient fonctionnaires de l’administration coloniale, femmes et enfants d’expatriés, commerçants en quête d’un nouveau départ, missionnaires et tirailleurs africains. 192 soldats des colonies, miraculés de l’armée coloniale de retour au pays, ont laissé leur vie dans ce naufrage.

    Pendant des semaines, ça a été un défilé de corps sans vie. « La côte vendéenne est festonnée de cadavres, on en trouve dans les chaluts, sur l’eau, jusqu’à l’île de Sein », en Bretagne, a raconté le marin Roland Mornet, qui a consacré un ouvrage à la tragédie en 2006.

    Cent ans après, l’épave gît toujours à 40 mètres de fond, dans un anonymat presque complet. Le Titanic (1 500 victimes en 1912) lui a fait de l’ombre, le drame de l’Afrique a été oublié, regrette-t-il.


    Dans son naufrage, l’Afrique a englouti aussi bien des secrets. Comment ce bateau récent, qui avait obtenu son certificat de navigabilité, a-t-il pu sombrer à 40 km des côtes ?
    Erreurs ou malchance, plusieurs facteurs semblent s’être additionnés les uns aux autres. Le navire était surchargé, en mauvais état, diront certains, écoutilles bouchées par la crasse, puis un choc final avec un bateau-feu (phare) semble avoir porté le coup fatal. La thèse officielle, en 1932, en restera, elle, à un choc probable avec une épave de la Grande Guerre, signant une voie d’eau irréversible.

    Privé de mémoire collective, le drame de l’Afrique a, en revanche, durablement marqué l’histoire des familles. « Il y a celles où la mémoire est restée vive et celles qui ont gommé cet événement négatif et n’en parlaient pas », résume Daniel Duhand. « On disait par exemple que la grand-mère disparue avait été mangée par les crabes », sourit Roland Mornet. Selon lui, d’autres sont, au contraire, restés imprégnées par les témoignages sur la lente agonie, les images des femmes éjectées des canots, les cantiques à la lueur des cierges autour de l’évêque de Dakar.


    Pendant des semaines, les corps des victimes vont s'échouer sur les côtes françaises. Certains sont même repêchés dans les filets des chalutiers mais le drame ne suscite pas beaucoup d'émoi et les naufragés restent dans l'anonymat. La faute d'abord à la compagnie maritime qui multiplie les déclarations mensongères à la presse et qui minore le nombre de victimes.

    La faute revient en partie au contexte de l'époque explique l'historien Daniel Duhand, auteur d'un film sur le sujet. "Là, on se trouve après la Première Guerre mondiale. Les gens en ont marre des catastrophes et puis ça tombe juste le week-end des élections présidentielles. Voilà pourquoi c’est tombé un petit peu dans l’oubli."  

    Mystère autour du naufrage
    Une très longue procédure judiciaire va opposer les familles des victimes à la compagnie maritime des chargeurs réunis. Et finalement, après douze années de guérilla, les demandes d'indemnisation des familles sont refusées. La catastrophe et les disparus tombent définitivement dans l'oubli et aucune enquête ne fera la lumière sur les causes de l'accident.

    Mais 100 ans plus tard, Luc Corlouër, dont le grand-cousin était maître d'équipage sur le navire, a son idée sur la question. "On sait qu’il y a un moteur qui a été noyé et donc le bateau s’est arrêté. On sait que la mer était démontée. On sait que le navire n’était pas dans un état formidable. Donc la conjonction de ces évènements à conduit à la catastrophe, à la tragédie."
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    Message par CASTOR2 le Lun 30 Mar - 19:14

    Merci bretivert pour ce rappel.

    Pauvre "Afrique"... Un naufrage bien oublié.

    "Là, on se trouve après la Première Guerre mondiale. Les gens en ont marre des catastrophes et puis ça tombe juste le week-end des élections présidentielles. Voilà pourquoi c’est tombé un petit peu dans l’oubli…"

    Il semblerait qu'il y ait un temps pour tout !
    Avec notre pandémie de virus, certaines catastrophes risquent d'être également oubliées...
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