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    La carlingue

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    La carlingue Empty La carlingue

    Message par bretivert le Jeu 19 Mar - 0:19



    J’ai choisi de vous parler d’un phénomène criminel nommé « la carlingue » qui a sévi de 1940 à 1944.
    « La carlingue » était le nom donné à une bande de criminels issus de la moyenne et grande délinquance française, et qui a intensément collaboré avec l’occupant allemand durant la seconde guerre mondiale.

    L’origine du nom demeure incertaine ; il proviendrait, soit d’un bar d’aviateurs où une partie de la bande se réunissait, soit de « la carre », mise minimale à investir dans certains jeux de cartes et qui peut permettre de gagner de grosses sommes d’argent.

    Le fait historique que constitue « la carlingue » présente un triple intérêt.

    Tout d’abord, il est méconnu d’une grande partie de la population.
    Ensuite, la bande de « la Carlingue » a acquis des prérogatives et une puissance, à ma connaissance, jamais égalées dans l’histoire de la grande criminalité française.
    Enfin, parmi d’autres catégories de la population, les francs-maçons ont été visés par les méfaits de cette organisation, tant du fait des richesses de certains frères, que de la politique menée par l’occupant (auquel la bande était subordonnée) et qui se défiait et réprimait ces libres penseurs.

    Pour vous exposer ce thème, j’adopterai un plan classique en trois points.
    Dans un premier temps, je vais m’attacher à expliquer comment cette organisation atypique a vu le jour. Puis, je présenterai ce qui a véritablement été l’âge d’or de ce mouvement, avant de vous parler de la fin et des conséquences de cette funeste équipée.

    I – La naissance de « la carlingue »

    Le projet nazi

    Dans le cadre de ses velléités d’hégémonie sur l’ensemble de l’Europe, Adolf Hitler avait non seulement prévu de vaincre militairement la France mais aussi, et surtout de piller, ses richesses économiques.
    Cet objectif répondait à un besoin de financement des campagnes militaires du IIIème Reich, mais aussi a une réelle volonté de ne plus permettre à la France de s’opposer dans l’avenir à l’Allemagne.
    Pour ce faire, l’occupant imposa des réquisitions massives sur les stocks (qui ne pouvaient en aucun cas être considérés comme des prises de guerre), puis des accords gouvernementaux qui déterminaient le quantième d’imposition sur les matières premières et les produits.
    L’occupant imposa également un taux de change largement à son avantage (1 Reichmark pour 20 francs) , ce qui lui permettait d’acheter légalement et à bas coût, et paracheva son pillage du pays par les réquisitions humaines sous la forme du service de travail obligatoire (le STO).

    Au total, ce sera la somme extravagante de 620 866 000 000 de francs que versera la France à l’occupant allemand entre le 25 juin 1940 et le 5 septembre 1944.
    Mais, il faut souligner qu’en temps de guerre, la monnaie fiduciaire ne constitue pas une valeur de confiance car trop soumise aux aléas des circonstances. La population préfère souvent se réfugier dans la possession de l’or, de matières premières ou d’œuvres d’art.

    Par conséquent, un marché parallèle, que l’on peut qualifier de « marché brun » (le « marché noir » étant officiellement interdit) se développa.
    L’occupant allemand entendant bien spolier également ce type de richesse, mit en place des bureaux d’achat fonctionnant avec des procédures simplifiées qui firent la richesses des spéculateurs .

    La nécessité de la participation « indigène »

    Pour réaliser cet objectif ambitieux le IIIème Reich ne disposera que de 5000 personnels civils et militaires déployés en France et sera très rapidement dépassé par l’ampleur de la tâche.
    La population étant réfugiée dans l’attentisme et les ultras de la collaboration représentant une portion congrue et souvent peu organisée, l’occupant n’eut pas d’autre choix que de se tourner vers la pègre pour trouver de la main d’œuvre fiable.
    C’est ainsi que des liens professionnel et parfois personnels se mirent en place entre nazis et truands français.
    L’un des personnages les plus emblématiques en la matière fut Henri Chamberlin, alias Henri Lafont.

    Né en 1902, Henri Chamberlin est le type même de l’enfant de malheur. Orphelin à 13 ans, il connaît la vie dans la rue puis la petite délinquance et se voit envoyé dans une colonie pénitentiaire jusqu’à sa majorité.
    Sa vie se résume en une succession d’entrées et sorties de prison et ce parcours lui permet de développer un carnet d’adresse très fourni dans le milieu de la moyenne et grande délinquance.
    Il sera le fondateur de la Carlingue.

    Un second personnage sera l’ex-inspecteur de police Pierre Bonny.
    Né en 1895, l’individu devient rapidement un policier talentueux et efficace.
    Il travaillera sur des affaires retentissantes de l’époque (l’affaire Stavisky par exemple) avant d’être révoqué de la police, avant la seconde guerre mondiale, pour ses liens très étroits avec le milieu parisien. A 38 ans, en avril 1942, il intègre la Carlingue où il deviendra rapidement le second de Lafont.
    Un troisième personnage, plus équivoque, sera Joseph Joinovici.
    D’origine roumaine et de confession juive, Joseph Joinovici arrive en France en 1923 et connaît dans un premier temps la vie misérable des immigrés.

    Mais l’individu est perspicace et rusé et se lance rapidement dans les affaires. Son talent fera de lui l’un des plus gros trafiquants et fournisseur des bureaux d’achat nazis durant toute l’occupation (sa confession juive ne semblant pas avoir constitué un obstacle à sa prospérité).
    Il sera en relations constantes avec Lafont mais veillera à ne jamais intégrer l’organisation.

    L’opportunisme criminel

    Pour mettre en place ce qui allait devenir la Carlingue, Lafont (aussi surnommé monsieur Henri), noua des relations privilégiées avec plusieurs dignitaires allemands, tant dans le parti nazi que dans les services moins idéologiquement connotés tels que l’Abwehr.
    Habile dans le domaine relationnel, il couvre de cadeaux en tout genre ses relations professionnelles pour en faire ses obligés.
    Comprenant rapidement l’utilité d’un tel personnage, l’occupant lui accorde une marge de manœuvre très conséquente et lui fournit une carte de police allemande, véritable sésame à l’époque.
    Lafont, déjà épaulé par des figures du milieu connus durant son parcours criminel, procède alors à un recrutement sélectif dans les prisons françaises après avoir consulté en toute liberté les casiers judiciaires de ses futurs personnels.
    Ce phénomène démontre le désarroi dans lequel se trouvait à l’époque l’administration française qui fonctionnait sans directives et sans repères normatifs actualisés.
    La puissance du personnage est rapidement connue dans le milieu et attire tous les délinquants qui souhaitent s’enrichir en bénéficiant de la protection de l’occupant nazi.
    Plusieurs policiers ou anciens policiers révoqués pour des motifs disciplinaires (la plupart du temps pour des faits de corruption) rejoindront la bande de Lafont attirés par l’appât du gain.
    Lafont ne sera pas le seul à seconder les allemands (on estime à 30000 rien qu’en région parisienne le nombres d’auxiliaires délinquants de l’occupant nazi durant la période de l’occupation) mais son organisation dominera toutes les autres par sa puissance et n’hésitera pas à éliminer ses concurrents.
    De plus, les activités de ces différents groupes ne se limiteront pas à seconder l’occupant dans le pillage des richesses du pays comme nous allons le voir à présent.

    II – L’âge d’or criminel

    Des activités lucratives

    Les membres de la Carlingue participèrent au pillage officieux de la France en fournissant les bureaux d’achat allemands.
    Pour se faire, ils dérobaient souvent sans violence les biens recherchés.
    Une de leurs techniques favorites fut celle des faux policiers.
    Bénéficiant de cartes de police allemande, les truands de la Carlingue se faisaient passer pour des acheteurs de biens au marché noir et, une fois en présence de la marchandise, exhibaient leur cartes de policiers et la saisissaient.
    De plus, ils rançonnaient leurs victimes en les menaçant de les dénoncer à l’occupant nazi comme trafiquants au marché noir.
    Enfin, lorsque leurs malheureuses victimes étaient juifs, ils extorquaient toutes leurs richesses puis les livraient aux nazis faisant ainsi d’une pierre deux coups.
    Une autre technique consistait à monnayer un libération supposée de personnes arrêtées.
    Dans ce cas encore, après avoir dépouillé leurs victimes, ils les faisaient déporter en les accusant de faits de résistance.
    Une autre activité, fort lucrative, résidait dans le pillage des appartements des personnes déportées.
    A chaque saisie de biens, les membres de la Carlingue revendaient à prix d’or à l’occupant les biens spoliés, et très souvent en conservaient une partie pour eux-mêmes, spoliant à leur tour leur employeur nazi.
    Des fortunes colossales se constituaient ainsi en très peu de temps. Un des membres de la bande témoignera être devenu millionnaire en moins de trois mois d’activité.
    En outre, le tout Paris du monde de l’économie, du spectacle et de la politique se pressait au n°93 de la rue Lauriston (siège de la Carlingue) pour bénéficier de l’entregent de monsieur Henri, qui monnayait ses services et étayait ainsi sa clientèle.

    Une totale impunité

    Outre ses missions économiques, les membres de la Carlingue participaient activement à la lutte contre la résistance en utilisant la torture.
    Ils accomplirent également des missions secrètes en zone sud (avant son invasion), pour le compte de l’occupant.
    Plusieurs réseaux de résistance parisiens furent démantelés par leur action et parfois sans l’appui des forces d’occupation.
    Son efficacité fut encore accrue lorsque l’ex-inspecteur de police Bonny intégra la bande.
    Expérimenté et méthodique, l’individu organisera le service et constituera des fichiers permettant de rationaliser l’action de lutte contre la résistance.
    La bande excellait également dans les contre-parachutages et ne reculait devant aucune méthode pour obtenir le renseignement.

    Ainsi, les moyens de torture employés furent les coups, l’électricité et la technique de la baignoire.
    Parfois, leur cruauté et leur sauvagerie dépassaient largement celles de la Gestapo.
    A titre d’exemple, dans une affaire où des truands de la Carlingue avaient tenté de racketter une vieille dame et son infirmière, les corps des victimes furent dépecées et les chairs jetées séparément des os.
    Dans une autre affaire, un des membres de la Carlingue ramena la tête de sa victime à Lafont pour lui prouver la bonne exécution de la mission.
    Lors du procès de la bande, plusieurs victimes attestèrent avoir été moins malmenées par la Gestapo que par les membres de la Carlingue.

    Les membres de la Carlingue bénéficiaient également de nombreuses dénonciations anonymes, qui leur permettaient de localiser efficacement leurs futures victimes.
    Les motivations de la bande en la matière n’étaient en aucun cas idéologiques, mais ces activités de répression lui permettait de bénéficier de l’appui total de l’occupant nazi.
    La Carlingue pouvait agir en toute impunité ; les rares policiers français ayant tentés de s’interposer se voyaient emmenés de force au QG de la bande et molestés voire frappés .

    L’aventure de la brigade nord africaine

    Pour un motif demeuré indéterminé, Lafont décida au début de l’année 1944 de créer les brigades nord africaines (les BNA).
    Ces unités avaient pour vocation de lutter contre les réseaux de résistance en province.
    Lafont, souhaitait constituer une force de 50000 personnels mais dut se contenter de 300 tirailleurs nord africains, aux compétences plus que limitées et à la probité douteuse.
    IL entreprit néanmoins sa campagne de lutte contre les résistants, après avoir été nommé capitaine de la Waffen SS sur dérogation d’Himmler, pendant que Bonny continuait à gérer les affaires parisiennes.
    L’encadrement délinquant des BNA (officier et sous-officier) portait l’uniforme allemand alors que la troupe était revêtu d’une tenue noire spécifique.
    L’affaire de la BNA tourna rapidement à la catastrophe.
    Lafont et les quelques truands qui encadraient les troupes étaient parfaitement ignares en matière de renseignement et de contre-guérilla et n’étaient pas plus versés dans le domaine militaire.
    La campagne sera particulièrement ravageuse pour les BNA dans le Limousin où la bande sera étrillée par les maquis locaux, bien implantés et encadrés par des militaires de carrière français.
    A titre d’exemple, une escarmouche entre une vingtaine de maquisards et 35 membres des BNA se soldera par 1 résistant abattu contre 29 tués chez les auxiliaires des nazis.
    Le débarquement allié en Normandie ayant eu lieu, les BNA se sentirent aux abois set e livrèrent à de multiples exactions contre les populations civiles, exécutant sommairement les jeunes hommes rencontrés en les soupçonnant d’appartenir à la résistance.
    Pillage et rapines demeuraient également leurs activités favorites.
    Lafont rentrera fin juin 1944 à Paris, laissant le reliquat de ses pseudo troupes en déshérence.
    L’aventure de la BNA fut un fiasco complet et la Carlingue n’allait pas tarder à disparaître à son tour.

    III – Le déclin programmé

    Une fin anticipée

    A partir de la fin du mois de juin 1944 la bande de la Carlingue perçoit que les circonstances vont lui devenir défavorables et s’organise en conséquence.
    Bonny détruit l’ensemble de ses fichiers et M. Henri fournit des faux papiers et une somme de 50000 francs à chacun de ses personnels.
    Il fait également acheter, pour lui et Bonny, deux fermes sous des noms d’emprunt, l’une en Seine et Marne et l’autre dans l’Yonne.
    La bande se disperse alors et retourne dans la clandestinité, mode de vie courant pour la grande délinquance.
    Malgré ces précautions, Bonny et Lafont seront arrêtés par la police française, le 31 août 1944, dans leur ferme de Bazoches, dans l’Yonne.
    Les anciens chefs de la Carlingue ont manifestement été dénoncés par Joseph Joinovici qu’ils avaient fait contacté par le fils de Bonny pour lui proposer de les rejoindre .
    Matois et sans scrupule Joinovici vit dans cette manœuvre l’opportunité de démontrer son engagement dans les actions de résistance et ainsi garantir son avenir pendant la libération.
    Joinovici avait également pris la précaution de financer, dès sa naissance, le réseau de résistance de la préfecture de police de Paris nommé « honneur de la police », s’assurant ainsi une honorabilité de façade en cas d’échec du projet nazi.
    D’autres membres de la Carlingue tentèrent maladroitement de collaborer avec la résistance en communiquant des renseignements éculés ou sans intérêt et leurs mystification furent rapidement établies.
    Le trésor supposé de la Carlingue ne sera jamais retrouvé, alimentant ainsi tous les fantasmes et la légende de Lafont dans le milieu.

    Un procès en forme de catharsis

    Peu après l’arrestation de ses deux dirigeants, une équipe de trois policiers fut désignée pour enquêter sur les activités de la Carlingue.
    Les investigations furent stoppées sur directives hiérarchiques après une année seulement, les policiers zélés ayant déjà établis que le tout Paris, encore aux affaires après la Libération, avait entretenu des liens professionnels, voire personnels avec Henri Lafont.
    De plus, l’enquête démontrera qu’au moins 1800 personnes avaient participé directement ou indirectement aux activités de la Carlingue.
    Face à ce chiffre, la trentaine de membres de la bande jugée en décembre 1944 paraît bien dérisoire.
    Huit d’entre eux, dont Bonny et Lafont, furent condamnés à mort et fusillés, le 26 décembre 1944, au fort de Montrouge à Paris.
    Le procès et les exécutions eurent lieu alors que les investigations judiciaires étaient encore en cours, il importait manifestement de faire disparaître rapidement ces personnage gênants.
    Lafont assumera pleinement ses actions et ne coopéra nullement avec les forces de l’ordre, refusant de se livrer à la moindre dénonciation. Sa légende dans le milieu en sera encore grandie.
    Bonny se montra un peu plus coopératif.

    Une école du crime

    Les très nombreux membres de la Carlingue qui échappèrent à la répression retournèrent à leurs activités criminelles traditionnelles et certains, aguerris et ayant étoffé leur réseau relationnel durant les années d’occupation, devinrent des figures du milieu parisien jusque dans les années 70.
    Ainsi, plusieurs membres de la Carlingue, dont Pierre Loutrel , un des lieutenants de Lafont, constituèrent « le gang des tractions avant », célèbre pour ses attaques à main armée audacieuses.
    D’autres, dont Auguste Ricord,, composèrent « la bande des corses », qui jouera un rôle essentiel dans le développement du trafic de drogues à l’échelle mondiale.

    Cette même bande participera très activement à la mise en place de la « French Connection ».
    Enfin, quelques autres membres auraient intégrés le service d’Action Civique naissant et d’autres auraient poursuivi leur collaboration officieuse individuellement avec les services français pour lutter contre une éventuelle insurrection communiste (faits non formellement établis).
    La Carlingue avait ainsi permis de renforcer les liens et les réseaux criminels et a largement contribué au renouveau du milieu après la seconde guerre mondiale.

    Conclusion

    L’histoire de la Carlingue illustre les liens troubles qui ont toujours existé entre pouvoir politique et grande délinquance.
    En outre, elle demeure encore en partie inconnue par manque de documentation, mais aussi par manque de coopération de certains services publics qui, aujourd’hui encore, refusent d’ouvrir leurs archives au chercheur.
    Enfin, la présentation officielle de l’Occupation occulte systématiquement la Carlingue, donnant ainsi consistance à l’assertion selon laquelle l’histoire officielle a souvent été écrite par ceux qui ont pendu les héros.




    PAR UN F:. DE L'HUMANITÉ FUTURE – 20 MAI 2015.
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    La carlingue Empty Re: La carlingue

    Message par jojo27 le Jeu 19 Mar - 8:31

    Merci , sujet très intéressent et effectivement les infos sont rares .
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    La carlingue Empty Henri Lafont et la Carlingue

    Message par bretivert le Jeu 19 Mar - 10:51



    L’histoire d’Henri Lafont, petit truand devenu le chef de la Gestapo française, " la Carlingue ", durant l’occupation allemande de la Seconde Guerre Mondiale.


    La carlingue Chamb10


    une adresse de sinistre mémoire : 93 rue Lauriston, l’adresse à Paris de la Gestapo française pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

    L’occupation n’a pas été une défaite pour tout le monde. Les quatre années de guerre ont même été, d’une certaine manière, l’âge d’or de la pègre, pour plusieurs centaines de voyous libérés des prisons où ils purgeaient leurs peines.

    Celui qui a sélectionné cette sinistre bande de malfrats à la solde des nazis s’appelait Henri Lafont, un ancien taulard de peu d’envergure. Dans le milieu, on l’appelait "Monsieur Henri".

    Avec son bras droit, un ancien "meilleur policier de France", l’inspecteur Pierre Bony, ils ont pendant quatre ans traqué les Juifs et les résistants, braqué, pillé, tué, torturé, et amassé un butin considérable en toute impunité.

    Le siège social de cette organisation mafieuse qu’on appelait aussi la "Carlingue", était un hôtel particulier situé dans le 16ème arrondissement de Paris, au 93 rue Lauriston.

    Orphelin de père à 11 ans et immédiatement abandonné par sa mère, Henri Chamberllin est livré à lui-même dans les rues de Paris. Durant son adolescence, il exerce de nombreux métiers jusqu'à tomber dans la délinquance. A 16 ans, il vole la bicyclette de son patron après un différend et est placé en maison de correction jusqu'à sa majorité. A sa sortie, il intègre le 39ème régiment de tirailleurs algériens. De retour à la vie civile, il se met à voyager à travers la France et devient dépanneur à Marseille où il sera arrêté après qu'on lui ait confié une voiture volée.

    Il écope de deux ans de prison et de dix ans d'interdiction de séjour. À sa sortie de prison, il s'établit à Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, où il a trouvé un emploi. Sa femme, qu'il avait épousée en détention, vole de l'argent dans le magasin qui emploie Henri. Pour ce vol, il est arrêté, condamné et envoyé au bagne à Cayenne. Il s'en échappe et change de noms à plusieurs reprises pour ne pas être retrouvé.

    Il devient alors Henri Lafont
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    La carlingue Empty Re: La carlingue

    Message par junker le Jeu 19 Mar - 11:22

    J'ai été intéressé par cette histoire de criminel pire que la Gestapo ! je connaissais cette histoire mais c'est bon de la relire car dans tout grand conflit, ces hordes de voyous affluent pour le pillage !!!!
    junker
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    La carlingue Empty L’inspecteur Pierre Bonny

    Message par bretivert le Ven 20 Mar - 10:36



    L’inspecteur Pierre Bonny – Le policier déchu de la « Gestapo française » du 93, rue Lauriston


    La carlingue Pb10


    Biographie d’un policier devenu criminel puis l’un des chefs de la Gestapo française.
    De l’affaire Seznec au scandale Stavisky, du mystère Albert Prince aux exactions de la Gestapo de la rue Lauriston : tels sont les litigieux titres de notoriété de l’inspecteur Pierre Bonny. Limier réputé de la police républicaine, il voit sa carrière et sa réputation sombrer en raison du rôle trouble qu’il joue dans les grandes affaires des années Trente. Par la suite, le flic déchu ne parvient à rebondir que de la plus sinistre manière : associant le crime à la trahison, il est une des vedettes de la collaboration crapulo-policière au service de l’occupant. L’évidence de cette déchéance achevée dans l’infamie a longtemps dissuadé les biographes. Brisant le tabou, ce livre de Guy Penaud, un ancien commissaire devenu historien de la police, s’emploie à retracer minutieusement le parcours glauque de ce détestable personnage dépourvu de sens moral, en s’appuyant notamment sur des sources de première main, le dossier administratif de l’intéressé et les procédure judiciaires traitant des affaires auxquelles celui-ci a été mêlé, qu’il croise avec témoignages et récits postérieurs.

    Premiers pas dans la police

    Né en 1895, Pierre Bonny est un petit employé bordelais d’extraction rurale. Caporal d’infanterie fait prisonnier de guerre dans la Somme en septembre 1916, il entre dans la police par concours en 1920. Stagiaire à la Sûreté générale de Paris, il est encore un jeune policier peu expérimenté et parfaitement anonyme quand il est impliqué dans l’énigmatique affaire Seznec en 1923. Son rôle y est marginal. Affecté à des tâches de secrétariat et commis à de rares vérifications annexes, il n’est qu’une des petites mains de l’enquête policière. Cela n’a pas empêché les partisans de l’innocence de Seznec de lui imputer le rôle d’un deus ex machina maléfique, en vertu de la funeste notoriété qu’il s’est acquise postérieurement. Ce mécanisme de surinterprétation flagrante s’avère un cas intéressant de mauvaise réputation rétrospective. La récapitulation factuelle rigoureuse des éléments du dossier d’accusation, tels qu’exposés par Guy Penaud, démonte de façon convaincante la légende accusant Bonny. Mettant à mal la thèse de la machination policière présentée lors des procédures en révision postérieures, elle hypothèque aussi plus largement la théorie de l’innocence de Seznec.

    Au cours des années suivante, la participation de Bonny, enquêteur audacieux et précis, à la résolution d’affaires criminelles complexes et retentissantes lui vaut de devenir assez vite une célébrité de la chronique policière. Elle lui attire aussi la réputation d’un homme aux talents «spéciaux», apte à traiter des missions politiques à caractère sensible et rémunérées sur les fonds secrets ministériels. Il semble avoir notamment joué un rôle dans la coulisse des manoeuvres d’influence qui permirent la condamnation de l’Action Française par le Vatican en 1926. Il devient ainsi un adepte zélé des méthodes de police parallèle, parfois pour le bien de l’État, parfois pour le compte de commanditaires officieux aux mobiles plus ou moins opaques, et parfois à son avantage personnel. Selon l’avis d’un supérieur qui semble avoir bien cerné le personnage, «quant il s’intéressait à une affaire, on ne savait jamais si c’était pour le bien du service ou dans son intérêt propre». De fait, son profil devient celui d’un policier marron. Car certaines de ses activités sont clairement en marge de la légalité, et mettent en jeu des méthodes douteuses relevant du chantage ou de l’intimidation. Bonny est mêlé à quelques affaires louches potentiellement compromettantes. Dans l’immédiat, ces menées équivoques lui assurent un train de vie très supérieur à ses émoluments officiels.

    Le marécage des affaires politico-policières

    Le policier d’élite n’est cependant pas infaillible. Il peut même s’égarer aux marges du ridicule : c’est ainsi qu’il s’enferre dans un tissu d’affabulations à l’occasion de la disparition de l’actrice américaine Jeanette MacDonald, avant que l’énigme «people» ne fasse long feu lorsqu’il s’avère que la star est simplement rentrée Outre-Atlantique… Classé politiquement à gauche et proche des radicaux, Bonny a l’imprudence de se brouiller avec son supérieur, le puissant directeur de la Sûreté nationale et futur préfet de police Jean Chiappe. Il n’en est pas moins promu inspecteur principal en 1932. Sa notoriété atteint ensuite son apogée à l’occasion des affaires Stavisky et Prince. Malgré diverses allégations au mieux non corroborées et au pire clairement fantaisistes, Bonny n’a pourtant sans doute ni connu ni même jamais rencontré l’escroc Alexandre Stavisky. Son rôle dans cette affaire, tel qu’il émerge de l’analyse faite par l’auteur, semble globalement constructif.

    Fin 1933, c’est lui qui fait le lien en identifiant le suspect suite à une commission rogatoire émise par le juge d’instruction de Bayonne. C’est donc logiquement à ses talents qu’est confié le versant parisien de l’enquête. Ses investigations sont actives et efficaces, et Bonny se trouve bien dans la capitale le jour du suicide de Stavisky à Chamonix, en dépit des rumeurs qui lui ont imputé la mort suspecte de ce dernier ! Mais, jouant un double jeu, il tente de compromettre le préfet Chiappe, en s’appuyant sur une déposition officieuse de la veuve Stavisky.

    Le règlement de compte personnel ne tourne pas en sa faveur. Dessaisi et suspendu, il poursuit néanmoins ses investigations officieusement, tandis que Chiappe perd son poste en raison de sa mollesse face aux manifestations d’extrême-droite. Grâce à un indicateur, Bonny parvient à mettre la main sur les talons des chèques émis par Stavisky, et obtient une réhabilitation professionnelle éclatante en remettant ces indices majeurs aux plus hautes autorités judiciaires.

    Peu de temps après, la mort mystérieuse du magistrat Albert Prince, mis en cause dans la longue impunité judiciaire dont avait bénéficié Stavisky, place à nouveau Bonny sur le devant de la scène. Désigné comme directeur d’enquête par le Garde des Sceaux, il échafaude un roman policier fantaisiste qui incrimine deux éminences de la pègre marseillaise, les fameux Carbone et Spirito. Cette fausse piste lui aliène le protecteur politique des deux truands, le sulfureux député Simon Sabiani, et le déconsidère lorsqu’un non-lieu s’ensuit. L’enquête, reprise par le commissaire de la P.J. Marcel Guillaume (qui inspira à Simenon son commissaire Maigret) conclut à un suicide probable. Cet échec est fatal à la carrière de Bonny, discrédité aux yeux de la police, de la presse et de la justice, et poursuivi par la haine influente de Chiappe et Sabiani.

    Les casseroles de son passé douteux resurgissent. De nouveau suspendu en juillet 1934, il est révoqué début 1935. Le ci-devant as de la police subit même deux périodes d’incarcération préventive et finit par être condamné en justice pour corruption. Le flic déclassé devient un paria aigri. Vivant dans la gêne, il subvient aux besoins de sa famille en publiant des piges dans la presse de gauche (notamment dans le… Canard enchaîné !) et en se reconvertissant en détective privé. Dans le cadre de cette nouvelle activité, il semble avoir joué un rôle dans les coulisses du démantèlement de la Cagoule, en livrant des renseignements aux ministres de l’Intérieur Sarraut puis Dormoy, dont il partage les affinités politiques et dont il escomptait sa réintégration dans la police… ce qui lui fut refusé.

    Le numéro deux de la Gestapo française

    Dans le Paris de l’Occupation, ses ressources financières se raréfient. Bonny choisit alors de rejoindre le chemin de l’aisance en empruntant ceux du crime et du déshonneur. Les circonstances de son recrutement fin 1941 ou début 1942 par l’officine de la rue Lauriston sont troubles, et constituent peut-être un recyclage après le refus d’un recrutement direct par l’Abwehr. En intégrant l’équipe de truands menée par Henri Chamberlin dit Lafont, l’ex-inspecteur lui apporte ses compétences techniques et son sens de l’organisation. Mélangeant collaboration économique et policière, marché noir et répression, gangstérisme et espionnage, la «Gestapo française» sait faire apprécier l’efficacité de ses services à ses protecteurs allemands. Prenant en charge le fonctionnement administratif de la «Carlingue», Bonny assume aussi le suivi procédural des affaires menées contre la résistance par ses complices. Cet expert en interrogatoires ne répugne pas à brutaliser ses détenus.

    Devenu le bras droit du malfrat Lafont, il est en relation régulière avec les responsables SS à Paris. Sa participation active et efficace aux actions de répression contre la résistance, et aux brigandages annexes commis par ses associés, est nettement établie. C’est lui qui arrête Geneviève de Gaulle. Il prend aussi part au recrutement des auxiliaires de la Brigade nord-africaine levée en janvier 1944 pour combattre le maquis, et les accompagne en opération dans le Massif Central. Guy Penaud lève enfin le lièvre, assez troublant, des relations entre les gens de la rue Lauriston et le sinistre médecin homicide Marcel Petiot…

    Entre le débarquement et la libération de Paris, la bande de la rue Lauriston se disperse. Dans l’espoir d’anéantir toute trace des forfaits commis, Bonny détruit méticuleusement archives et dossiers compromettants. En un ultime et désespéré sauve-qui-peut, Bonny et Lafont se réfugient avec leurs familles dans une ferme du Loiret, en attendant de pouvoir fuir vers l’Espagne. Mais leur cachette est dénoncée par le très avisé trafiquant Joseph Joanovici, soucieux d’effacer les excellentes relations d’affaires qu’il avait entretenues avec les chefs de la rue Lauriston, au temps de leur splendeur, par cette superbe prise qui couronne d’aura patriotique les services qu’il avait su rendre aux résistants de la police. Interpellés dès le 30 août 1944, les deux captifs de haut vol sont soumis à des investigations bâclées, auxquelles Bonny coopère avec loquacité en s’efforçant de minorer son rôle. Réclamé par une opinion publique impatiente, le procès des Gestapistes français a lieu au début du mois de décembre. Neuf des onze prévenus sont condamnés à mort. Le châtiment ne se fait pas attendre : Bonny et ses acolytes sont fusillés le 27 décembre au fort de Montrouge. Nul, hors de sa proche famille, ne déplora cette justice brutale, qui concluait la destinée perverse d’un serviteur inattentif de la légalité républicaine devenu, par soif du gain et appétit de revanche sociale, le valet de l’ennemi.

    Une biographie utile

    On peut éprouver un certain désagrément graphique face à une maquette peu avenante, et surtout une mise en page élémentaire qui confine au défaut de finition. Le style de l’auteur a parfois la sécheresse -mais généralement la clarté- d’un procès-verbal. Par-delà ces apparences, cependant, le contenu mérite de retenir l’intérêt de qui s’intéresse au contexte troublé des années Trente, aux grandes affaires impliquant Pierre Bonny, et aux avatars de la Collaboration extrême. Car la mise en perspective proposée ne manque pas d’intérêt. Du regard porté par un policier historien sur un policier déviant, se dégage une expertise professionnelle sans complaisance, appuyée sur des sources renouvelées. La prise en compte des dossiers judiciaires et administratifs provenant des archives publiques permet de relativiser les assertions à charge (les accusations de la famille Seznec) comme à décharge (les souvenirs du fils et de l’avocat de Bonny) qui avaient jusqu’alors régné sans contrepoids. Le résultat de cette approche de fond nuance utilement le cliché historique auquel avait jusqu’ici été réduit le souvenir de l’inspecteur indigne. Cela rend concevable non pas la réhabilitation – inenvisageable- de Pierre Bonny, mais sa dédiabolisation.




    Par Guillaume Lévêque
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    Message par LANG le Ven 20 Mar - 11:14

    A chaque période "trouble" on voit surgir des personnages exceptionnels.
    Des héros qui étaient des gens anonymes et éteints.
    Mais également des "ordures" de la pire espèce…
    En sortant de ces périodes on oublie beaucoup de héros qui retournent dans leur "discrétion"...
    Et malheureusement, on oublie aussi beaucoup de personnages peu recommandables…
    C'est peut être la caractéristique de l'être humain. Notre cerveau refoule les mauvais souvenirs pour continuer à vivre "normalement".
    Parfois, les évènements ou le hasard font remonter à la surface certains mauvais souvenirs.
    Et parfois ce sont des personnages qui remontent à la surface. Il en a été ainsi pour les tortionnaires communistes des camps viets quand on évoque cette période.
    La justice a du mal à se souvenir et dans ce cas elle ne condamne pas.
    Par ailleurs, "les crimes sont prescrits par 10 ans " !
    De plus, aujourd'hui, à citer précisément certains personnages "non condamnés", on risque des ennuis pour diffamation…
    Lafont et Bonny peuvent être cités. Ces noms en cachent d'autres...
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    Message par bretivert le Ven 20 Mar - 12:41


    Oui, ces noms en cachent d'autres, et dont certains ont fait de très très belles carrières.
    Tout cela tombe dans l'oublie, et n’intéresse pas grand monde au niveau National.
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