Capacité future de l’Armée Française

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Message  CASTOR2 Sam 14 Mar - 21:11



Les images de nos soldats sont souvent entourées par la poussière du sable soulevé par un hélicoptère. Ils sont au Mali, au Sahel…
Pourtant, de plus en plus on lit et on entend parler de « conflits de haute intensité ». Avec des images oubliées depuis une certaine époque : des chars, des fusées…
Une impression, comme ça d’un retour en arrière. Un retour vers l’époque où nous avons vidé le sable de nos rangers pour glisser dans la neige en surveillant nos voisins Tartares…
On en parle, on en parle… Mais sommes-nous en mesure de retrouver le théâtre européen dans de bonnes conditions ?




Court extrait d’un article d’ATHENA-DEFENSE

Armée de terre française, le niveau capacitaire

[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]



… La Revue stratégique d’octobre 2017 n’avait pas changé fondamentalement le livre blanc de 2013 et avait identifié un certain nombre de menaces.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’elle confirmait que le terrorisme jihadiste demeurerait une menace prioritaire, tout en constatant que les grandes puissances accéléraient aussi leurs efforts de modernisation ou de rattrapage technologique en les concentrant notamment sur les systèmes de haute technologie, mais en oubliant de préciser l’accroissement exponentielle des volumes de forces.


[Seuls les administrateurs ont le droit de voir cette image]




Par ailleurs, et avec beaucoup de retard, la revue stratégique constatait le renouveau des capacités de défense russe qui s’accompagnerait d’une politique d’affirmation militaire à l’égard de son voisinage et d’un recours préoccupant à des formes d’intimidation stratégique, sans préciser que la Russie était l’héritière de l’armée rouge et avait su conserver et améliorer les matériels existants en nombre tout en évoluant peu sur sa stratégie basée essentiellement sur l’effet de masse sans aucun trou capacitaire.
L’armée russe d’aujourd’hui atteint un niveau tout à fait comparable sur le plan technique au notre, voire nous devance dans de nombreux domaines, la masse en plus et a prouvé une singulière adaptation aux conflits modernes, en Crimée, dans le Donbass et en Syrie.




Enfin et ce n’est pas le sujet le moins important et compte tenu de nos intérêts majeurs, le développement des capacités militaires chinoises (tous les ans la Chine construit l’équivalent du tonnage de la flotte française), accroit les tensions et fragilise les équilibres régionaux. Toutes « ces évolutions favorisent un durcissement généralisé des conflits, dégradant les conditions d’engagement des forces françaises et de leurs alliés, désormais confrontés à des adversaires potentiels mieux armés et équipés ».

Cela a le mérite d’être dit,  mais objectivement nous avons pris un tel retard cumulé qu’il sera difficile de le combler compte tenu de l’urgence de la situation reconnue par l’ensemble des acteurs et des responsables militaires de nos Armées.

C’est un peu comme tenter de rattraper dans une course à pied un compétiteur qui court sur ses deux jambes, alors que vous avez un pied dans le plâtre et l’autre avec un boulet.  


Les récentes déclaration du général Lecointre,  chef d’Etat-Major des Armées,  devant la représentation nationale vont dans ce sens : « Je me dois de vous sensibiliser au retour du fait guerrier », a-t-il lancé. « C’est la « conséquence de la dégradation de l’environnement international et de l’ensauvagement du monde, qui s’expliquent eux-mêmes par plusieurs facteurs d’instabilité » « Quoi qu’il en soit, les armées françaises font face – où auront à faire face – à quatre types de conflit », et de citer les conflits asymétriques, de crises et d’effondrement des états, de dissymétriques qui peuvent se décliner en plusieurs gradations et enfin classiques.

C’est face à ces derniers types de conflits classiques que le général Lecointre confie son inquiétude en décrivant le processus d’affaiblissement qui est le nôtre. Je cite : « en voulant encaisser les « dividendes de la paix », on « a déconstruit un outil militaire pensé pour un affrontement classique de grande intensité » et « on en a fait un outil de gestion de crise… qui n’est qu’un outil de gestion de crise », a-t-il souligné, « les types de conflits qui se présentent à nous nous font nous interroger sur la nécessité de reconstruire une armée de guerre ».

L’armée de terre française depuis la fin des années quatre-vingt-dix est une armée professionnelle réactive, hautement opérationnelle en partie, mais une armée relativement légère, plutôt de projection, sous appuyée, sous-blindée et sous-calibrée pour un affrontement de haute intensité.

Elle est en fait bien moins mobile sur le territoire européen qu’elle ne l’était lors de la guerre froide avec des moyens de franchissement réduits, un abandon total des capacités amphibies;  notamment dans le domaine de la reconnaissance et du renseignement et cela pose de vraies questions. (2)
Par ailleurs, le contrat opérationnel n’est plus tenable dans les conditions d’engagement d’aujourd’hui et ne le sera pas dans l’avenir. (3)

Ce contrat prévoit la capacité d’un engagement simultané sur trois théâtres, deux comparables à celui du Mali et un sur un engagement en Europe face à un ennemi symétrique. Dans ces conditions le contrat n’est pas tenable avec les moyens réels d’aujourd’hui.

Une Marine à un seul et unique porte-avions, à 15 frégates et 6 SNA hors Forces Stratégiques, dans l’armée de l’air un volume d’avions de chasse qui se stabilisait à 200 avions de combat rénovés ou de nouvelle génération en 2018, et à 185 dans les années post 2020, dans l’armée de terre une force blindée à 200 Leclerc sur les 406 reçus, etc…

Il y a quelques chose qui tiendrait du miracle si nous devions tenir sur tous les fronts et dans le domaine guerrier, le miracle est rarement un paramètre sur lequel on peut compter. Les 77 000 hommes de nos forces terrestres ne peuvent dégager au mieux que 25000 combattants effectifs sur le terrain. Au Mali sur les 4500 hommes engagés seuls 2000 sont de réels combattants. (CEMA)
 
Quant au matériels, en tenant compte d’un MCO optimiste, nous pourrions tabler dans le meilleur  des cas sur 60 pour cent de disponibilité immédiate…

En tenant compte de ces constats objectifs et au fait qu’en 2030 le segment médian Scorpion sera entièrement opérationnel, il est urgent de s’intéresser au segment plus lourd, au corps blindé limité aux deux seules brigades, la 7° BB et la 2°BB.
 
En partant de l’hypothèse que ces deux brigades blindés Leclerc pourraient être engagées sans que l’on ait la certitude d’une couverture aérienne suffisante (la supériorité aérienne occidentale n’est plus garantie),  mais sous la menace d’attaques de missiles sol-sol et air-sol et de drones armées, son engagement face à un ennemi fortement blindé avec un rapport défavorable de 1 contre 3 nécessiterait un renforcement radical des moyens.

Depuis la disparition des Roland sur châssis AMX30 et des Crotales, la protection sol-air moyenne portée des forces terrestres n’est plus assurée, le Mistral étant un système courte portée incapable en l’état d’accompagner le rythme des unités de cavalerie et le système SAMP/T Mamba (Armée de l’Air) étant juste suffisant pour protéger nos bases à capacité nucléaire…




Article complet  que je vous engage à lire sur le site Atnéna Défense  ICI
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