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    Le bénitier de Givet

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    Le bénitier de Givet Empty Le bénitier de Givet

    Message par LANG le Sam 8 Fév - 21:44



    Givet

    Le bénitier de Givet Th10


    Il était une fois Charlemont là-haut sur la montagne…
    Où, une vieille histoire que certains ne doivent pas connaitre…
    Une histoire de bénitier.
    De bénitier ? Une histoire de curé ?
    Mais non, un bénitier c’est aussi autre chose.
    Un truc dans le quel on met la main ?
    Et ben voilà, vous avez tout compris.
    Pour prendre de l’eau bénite et s’asperger !
    Pas tout à fait. Quoiqu’avec de l’eau bénite on peut espérer échapper à une descente aux enfers…
    Bon, je vais vous la raconter…


    *****

    - Votre escadron est prévu pour le prochain stage commando. La semaine prochaine vous partez avec vos cadres pour une journée de présentation.
    Nous approchions du printemps, il ne fait pas très chaud dans les Ardennes  mais c’était une chance. S’éloigner des casernements avec une activité intense pour tous, de quoi se remplir les poumons et le cerveau avec de l’oxygène de montagne. Oublier les odeurs d’essence, d’huile hydraulique et celle des fumées d’embrayage avait de quoi redonner à des cavaliers amateurs d’EBR le goût de la marche à pieds… Enfin, le goût, c’est un peu exagéré.

    Bon, ce n’était pas la vraie montagne mais quand même Givet c’est tout en haut de la France et le fort qui nous attendait dominait la Meuse avec arrogance. Un coin perdu, presqu’une histoire Belge.
    Et nous voila partis en reconnaissance de 24 heures avec tous les cadres de l’escadron.
    Un fort, est un fort. Pas très drôle ni très confortable…
     
    Cela dit, on était surtout venu pour faire le tour des différents parcours d’obstacles. Rien à dire sauf que la poutre verticale pourrait être plus proche… Que la descente avec un anneau de chanvre qui fume en glissant sur la corde est faite pour rassurer ceux qui veulent allumer un feu… Que le parcours au bord du vide est sympathique, si, si… Que l’épreuve d’évasion dans le noir le plus complet fait penser à une boite de nuit… Qu’il vaut mieux être maigre et musclé plutôt que petit avec du ventre… Que tous ces déplacements cherchent vraiment les complications et qu’un fort permet tout çà…
    Bon, je m’arrête.
    Non, je continue encore un peu avec cette descente en rappel et une corde qui a tendance à s’incruster entre les fesses ou à vous bruler des mains… J’allais oublier les sécurités dont tout le monde se foutait (à l’époque) : rien pour vous rattraper au-dessus du vide ! C’est vrai qu’en ce temps là personne ne tombait ! (Enfin, je crois…).
    Quelques hésitations par ci par là chez mon sous-officier transmission ou un aspirant tout frais débarqué, et l’encadrement a pris « connaissance » des principaux obstacles.
    C’était le but de l’opération afin de faire bonne figure devant nos appelés. Un cadre un peu trop « hésitant » n’est pas de nature à donner confiance… Un passage obligatoire, car peu avaient « goutés » aux joies d’un entrainement commando. Ce n’était pas l’habitude à l’époque dans les unités disons classiques.
    De plus, un cavalier habitué à son moteur ou à sa tourelle ne voit pas trop l’intérêt de franchir un cours d’eau sur un pont de singe. Quant à un transmetteur habitué à bidouiller les fréquences et à préparer des frites dans un casque lourd (*) je ne vous dis pas le « malaise »…
    (*) Oui, un jour, je ne sais pas pourquoi, j’avais lancé à mon maréchal des logis chef, qui portait un nom de saint, de nous faire des frites. Je ne pensais pas que c’était autre chose qu’une parole en l’air. Et bien, je me trompais ou alors il m’aimait bien car j’ai eu droit à des frites ! Au cours d’une manœuvre où nous avons talonné la force rouge, il a trouvé le moyen de proposer à l’équipe du PC de l’escadron des frites cuites dans un casque lourd ! Et elles étaient bonnes ! Dans le fond je crois qu’il m’aimait bien…

    Et le grand jour est arrivé avec l’installation de l’escadron.
    Une autre unité était arrivée pour le même stage et une cohabitation cavaliers biffins s’est installée. Avec une petite rivalité bien entendu. Le cavalier à pied perd de son arrogance et le biffin affiche sa supériorité persuadé de la qualité de ses rangers. Savoir lequel des deux aura mal aux pieds n’est pas difficile…
    Tous les pelotons sont passés sous le commandement des instructeurs du fort.
    Parmi eux, j’étais surpris de voir qu’il y avait des caporaux. Certains étaient même responsables d’un atelier. Un caporal qui donnait « des ordres » à un peloton dans lequel le lieutenant n’était qu’un membre au milieu des autres… Hiérarchie des compétences… Ce n’était pas pour me déplaire, j’avais bien commandé un commandant comme simple lieutenant directeur de saut. Les paras n’ont pas de honte devant les compétences. C’est vrai, vous ne croyez pas ? Moi, j’y crois…
    Tout se passait bien. Quelques refus de passage à la poutre verticale permettaient de renforcer le personnel de corvée aux cuisines. Un refus de saut sans parachute… La sanction était quand même sympathique. Les cuisines ce n’est pas l’enfer…
    De jour en jour, l’escadron s’est transformé.
    La timidité et l’appréhension ont fait place à une certaine assurance. L’esprit de corps s’est affirmé à travers les épreuves. Avoir son chef de peloton souffrir à côté de soi raffermit les liens. La décontraction des cadres dans l’épreuve confirmait ou révélait l’autorité naturelle de certains. La routine du temps de paix avec ses corvées et l’ennui laissait la place à l’effort en commun. En baver ensemble, rien de tel pour nouer (ou renouer) des liens inexistants parfois…

    Et un capitaine dans tout çà ?
    Et bien, c’est l’homme qui passe d’un atelier à l’autre pour s’assurer que tout va bien et montrer qu’il n’est pas rouillé. Un atterrissage en roulé boulé m’a bien entendu rappelé quelque chose. Ce fut un avant-droit après un passage en roulette au-dessus du fossé !
    Le sergent chargé de l’accueil à l’arrivée m’a félicité. Il ne savait pas qu’il avait à faire à un ancien moniteur. Ah, l’assurance de ces jeunes…
    La poutre verticale était un atelier stratégique. Le grand chef se devait d’y être et sauter avant tout le monde à chaque nouveau peloton. J’ai fini par devenir un expert.
    Mais un expert n’est peut-être pas assez convaincant. Après plusieurs tentatives pour « donner envie » à un « hésitant » j’ai reconnu mon échec. Et pourtant, resté seul avec lui après le départ du peloton rien n’y a fait. Il faisait une tentative pour se lancer et puis stoppait net. Dommage, mais insister ne servait plus à rien… Bien venu aux cuisines…
    Pour me faire plaisir, j’avoue que j’avais toujours une bonne raison pour passer du côté des remparts. J’avais découvert le rappel avec la corde passée dans un mousqueton. Quel bonheur de ne plus avoir cette ficelle qui vous « chatouillait » l’entrecuisse !
    D’accord, ce n’était pas très « commando » mais se lancer en glissant tout en bondissant pour s’éloigner de la paroi c’était le pied !
    Tout n’était pas aussi « lumineux ».
    Ainsi, une nuit j’ai désespérément tenté d’atteindre la silhouette mobile du char avec un lance-patate. Le capitaine n’avait manifestement plus le compas dans l’œil.
    Et puis le lance patate c’est vraiment un truc pas sympa…

    Le bénitier de Givet Givet_10


    Une autre nuit, j’ai été sauvé par un bénitier.
    On y arrive…
    Non, nous n’allions pas à la messe et je ne sais pas si le fort possédait une chapelle. Mon histoire de bénitier c’est une affaire d’escalade. Une escalade de nuit.
    Glissé au milieu d’une équipe chargée d’atteindre un poste de garde, j’ai suivi la progression le long d’une paroi. Bien entendu, il faisait noir, pas de main courante ou de câble d’assurance. Soudain, ma main droite n’a plus trouvé de quoi s’accrocher. La gauche tenait par le bout des doigts quant à mes pieds ils avaient quelques doutes. Pendant une fraction de seconde qui m’a semblée durer longtemps j’ai senti que j’allais décrocher de la paroi.
    La fin, c’était la fin ! Le plongeon…
    Et c’est à ce moment-là que j’ai entendu mon maréchal des logis chef me dire en guidant ma main droite: « Mon capitaine, là, le bénitier ! ».
    Et j’ai senti ce cendrier au fond duquel attendait l’eau bénite. Un bénitier ! Sauvé !
    Pour être sauvé, c’est vrai, je lui devais une fière chandelle !
    Il s’en est rendu compte.
    Un capitaine sauvé par un maréchal des logis chef ça ne s’oublie pas.
    Le séjour a continué et de mon côté j'avais oublié ce bénitier.
    Quand on n'est pas pratiquant...

    A l’occasion du passage du chef de corps, à l’issue d’un repas joyeux et de très bonne qualité un chant s’est élevé dans la salle.
    Mes cadres avaient inventé le chant de l’escadron, du 3ème escadron, et les « verts » s’adressaient à leur chef. Au détour du refrain, il fut question… d’un bénitier !
    Le bénitier du capitaine. Je ne me rappelle plus la mélodie, ni les paroles mais le souvenir est là…
    Le bénitier du capitaine...

    Un dernier hommage avant mon départ…
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