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    Toute une vie… H. de Saint Marc

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    Toute une vie… H. de Saint Marc Empty Toute une vie… H. de Saint Marc

    Message par LANG

    Pourtant, je ne veux pas me dérober, et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci, en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain :
    «Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».
    (Que dire à un jeune de vingt ans ?)


    Il y a comme çà des textes qu’on a envie de relire. En particulier quand ils font appel à des sentiments que l’on sent engloutis au fond de soi-même…
    Alors, par les temps qui courent, pour remonter un peu à la surface, je vous propose ces autres lignes…



    Toute une vie… H. de Saint Marc Toute-10


    L’Indochine.

    …J’ai quitté la France comme on s’éloigne d’une maison où l’on se sent confusément mal, sans savoir pourquoi. Le choc que j’ai ressenti en découvrant, en quelques jours, le delta du Mékong fut à la hauteur de ce mal-être.
    Nous avons jeté l’ancre dans les eaux vertes de la baie d’Along. J’étais accroché à la rambarde, sur le pont, ébloui par tant de beauté. Des écailles quittèrent mes yeux. Deux ans après avoir attendu la mort dans une baraque de planches envahie par la vermine, j’étais projeté dans un monde féerique.
       Les paysages nous attirent dans la mesure où ils sont le miroir de notre perception intérieure. Je me retrouvais au Vietnam dans un élément à la hauteur de mes émotions. Cette nature extrême empêche l’homme de se croire le maître des choses. Que peut un homme seul face au déchaînement de la mousson ou à la force des lianes, capables de briser un rocher ?
    Vivre dans ce décor oblige à composer avec l’ordre du monde. La nature prévient les hommes de ce pays des illusions qui sont les nôtres. Ils sont provisoires et ils le savent, quand nous nous croyons puissants et éternels.
       Le Vietnam ne croit pas à la grandeur de la pierre. Il se nourrit des disciplines de l’esprit : la calligraphie, la méditation, l’acupuncture, la peinture.
    J’ai rencontré des érudits presque transparents à force d’études.
    Les plus beaux monuments qui se visitent au Vietnam, ce sont les hommes.


    Les combats que j’ai connus de 1950 à 1953 au Vietnam furent d’une âpreté et d’une violence que je n’ai plus jamais retrouvées durant ma carrière militaire.
    J’ai compris à cette époque le jugement porté par Winston Churchill : « Quand j’étais jeune, la guerre me paraissait cruelle et amusante. Maintenant, elle me paraît toujours aussi cruelle, mais je sais qu’elle est abominable ».
    Parfois, nous avions l’impression que c’était un cauchemar et que nous allions nous réveiller. Ceux qui prétendent aimer la guerre ont dû la faire loin du carnage des champs de bataille, des cadavres épars et des femmes éventrées.
    La guerre est un mal absolu.
    Il n’y a pas de guerre joyeuse ou de guerre triste, de belle guerre ou de sale guerre. La guerre, c’est le sang, la souffrance, les visages brûlés, les yeux agrandis par la fièvre, la pluie, la boue, les excréments, les ordures, les rats qui courent sur les corps, les blessures monstrueuses, les femmes et les enfants transformés en charogne.
    La guerre humilie, déshonore, dégrade.
    C’est l’horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes, de sueur et d’urine.    
    L’irruption du danger, l’entrée dans ces territoires où rôde la mort, oblige à se hisser à la pointe de soi-même. Lorsque tout peut se briser en une seconde, l’homme est nu.
    Il ne lui reste qu’à être un homme.
    La guerre rend économe de sa salive.
    Ceux qui l’ont connue en reviennent souvent taciturnes, car ils ont appris le poids des mots. Le silence paraît alors préférable aux paroles.
    Pour nous, le courage était un sentiment qui s’entretenait, comme les fusils.

    Extrait de « Toute une vie ». Editions Les arènes
    Source : site heliedesaintmarc : ICI
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