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    général Paul Aussaresses

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    général Paul Aussaresses Empty général Paul Aussaresses

    Message par saut ops



    Rien ne le prédestinait à devenir général. Encore moins à devenir l'auteur d'un livre choc sur l'Algérie. En juin 2001, L'Express l'avait rencontré.


    Jusqu'à ces dernières semaines, il n'était plus qu'un nom enfoui dans les oubliettes de l'Histoire. Une sorte de fantôme encore vivant que seuls quelques officiers ayant "fait" la guerre d'Algérie connaissaient.
    Or voici qu'il vient de resurgir brutalement sous les traits d'un vieillard fatigué, handicapé par huit opérations ratées de la cataracte à l'oeil gauche.
    Cet homme s'appelle Paul Aussaresses; il est âgé aujourd'hui de 82 ans. (2001)

    Le livre d'Aussaresses (Services spéciaux, Algérie 1955-1957, Perrin), paru le 3 mai, a provoqué une gigantesque onde de choc. Avec 12 000 exemplaires vendus certains jours, l'ouvrage vole allègrement vers les 200 000 exemplaires. Qui aurait envisagé un tel succès ? En tout cas, ni l'éditeur ni l'auteur, qui n'a reçu qu'un modeste à-valoir de 50 000 francs et percevra 10% sur le prix de chaque livre vendu.

    Pour son prochain contrat, Aussaresses se montrera plus regardant. Car prochain livre il y aura. Il traitera cette fois de l'ensemble de sa vie, de la Résistance à la guerre d'Indochine, en passant par son séjour au Brésil, où il fut attaché militaire, et son travail chez Thomson, après son départ de l'armée. Le livre serait prêt, puisque le général a déjà écrit un pavé retraçant son parcours. L'éditeur, pressentant que les révélations sur la bataille d'Alger seraient plus vendeuses, n'avait retenu que celles-ci.

    Pour l'heure, l'ouvrage serait, selon Aussaresses, entre les mains du romancier Claude Ribbe, qui a corrigé et revu la première livraison. "Avec des retouches minimes", tient à souligner le général...

    Qui est donc Aussaresses ? L'Express l'a rencontré. Deux heures d'entretien sur sa vie au cours duquel l'ancien chef des services spéciaux en Algérie évoque notamment Christine Deviers-Joncour: "Une fille épatante, l'assistante de Sirven [il l'appelle ainsi]. Elle a effectué un vrai boulot pour vendre les frégates de Thomson à Taïwan." On reste pantois. Serait-il victime de la tendresse - évidente - qu'il éprouve pour Christine? En tout cas, grâce à un ami, il lui procure un emploi à 15 000 francs par mois. C'est du moins ce qu'il affirme.

    Élevé dans une tradition humaniste étrange destinée que celle d'Aussaresses. Rien, à la fin des années 30, ne le destine à opter pour la carrière militaire.
    Son père est un haut fonctionnaire, ami de Colette. Le jeune Paul, qui a une soeur et un frère - qui deviendra agriculteur - est élevé dans une tradition humaniste, où l'on voue un culte au savoir et aux études.
    A 17 ans, il obtient un premier prix de version latine au Concours général. Puis c'est la khâgne au lycée Montaigne de Bordeaux, où il côtoie Robert Escarpit, futur billettiste du Monde, et l'historien André Mandouze.

    Un peu avant 1940, Aussaresses, qui fréquente les Auberges de jeunesse (eh oui!), mouvement nettement progressiste, entame une licence de lettres classiques (latin, grec, philologie). L'un de ses professeurs souhaite en faire son assistant. L'étudiant hésite. Il préférerait passer le concours du Quai d'Orsay...

    En attendant, en 1941, il part faire son service militaire en Algérie. Promu aspirant, il trouve néanmoins le temps de rédiger un mémoire sur "L'expression du surnaturel dans l'oeuvre de Virgile"... En 1942, il rejoint l'école de Saint-Maixent, repliée à Aix-en-Provence. Sa vie va alors basculer. L'aumônier de l'école lui lance: "Tu as prêté serment au maréchal Pétain? - Oui, répond Aussaresses, comme tous les officiers. - On s'en fout, répond le prêtre; désormais, tu vas servir de Gaulle."

    Le jeune militaire n'hésite pas un instant. Il déteste Pétain. "Dès 1940, confie Aussaresses, j'étais gaulliste." Et le voilà en route pour une mission délicate: libérer le général Cochet, interné par Vichy dans un camp à Vals-les-Bains (Ardèche) pour avoir vilipendé, dans un tract, Pétain et son entourage. La mission est réussie. Aussaresses sautera également au-dessus de l'Ariège, en uniforme de capitaine de Sa Gracieuse Majesté, pour porter secours aux maquis de la Fédération anarchiste espagnole! Bref, une Résistance héroïque.

    Après la Libération, Aussaresses reçoit, à 29 ans, la Légion d'honneur. Puis il part pour l'Indochine. En 1955, le commandant Aussaresses retrouve l'Algérie.

    Pendant deux ans, il dirige les services spéciaux. Deux ans à faire des coups tordus.
    Aussaresses rectifie: " Je n'ai pas torturé moi-même. J'ai couvert. Je n'ai fait qu'appliquer les ordres du pouvoir politique." Il poursuit: "On nous avait dit: Vous agissez par tous les moyens...?" "Par tous les moyens", répète Aussaresses.
    Qui complète: "Je suis un général républicain. Je me suis toujours situé dans la légalité..." Pour cette raison, plus tard, il ne rejoindra pas l'OAS.
    A-t-il des regrets ? Sourire: "Bien sûr que j'en ai..." Mais il s'arrête là. En revanche, il se montre bavard sur le courrier reçu depuis la sortie de son livre: "200 lettres m'ont été envoyées. A peu près toutes me félicitent d'avoir dit la vérité. Seules quatre me désapprouvent. Parmi elles, une lettre d'Amnesty International."  

    Quant à ses anciens compagnons, ils se montrent plus que mitigés, pour ne pas dire carrément hostiles. "Pourquoi n'as-tu pas fermé ta gueule ?" lui a lancé, au téléphone, le général Bigeard.
    Depuis, c'est la brouille entre les deux hommes. Un autre de ses amis, général à la retraite, lui a adressé une méchante lettre: "L'alcool et la vieillesse t'ont fait écrire des conneries." Aussaresses n'en revient toujours pas. Enfin, le général Massu, prévenu par Aussaresses de ses projets éditoriaux, se contente de grommeler au téléphone, marquant par là, lui aussi, sa réprobation aux intentions du général.  

    Aujourd'hui, Aussaresses semble perdu. Et même dépassé par des confessions qui ont occasionné quelques dégâts au sein de sa famille.
    Son épouse, également grande résistante, est abasourdie. Tout comme l'une de ses filles, Hélène, qui, dans un pathétique Plaidoyer pour mon père, publié dans Le Monde, estime que sa démarche "relève du délire ou d'un orgueil pathologique, et qui va bien au-delà du sacrifice ou des remords que l'on pourrait attendre de sa part".

    Alors, y a-t-il un mystère Aussaresses? Sans aucun doute: comment un homme fin, cultivé, nourri d'humanités classiques, capable de réciter Cicéron dans le texte, a-t-il pu s'écarter ainsi des sentiers de la civilisation ?
    Une fois cette réponse donnée - mais est-ce possible? - on en revient à ce constat éternel: la guerre propre n'existe pas.


    L'EXPRESS



    Le général Paul Aussaresses est mort en 2013.
    saut ops
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    général Paul Aussaresses Empty Re: général Paul Aussaresses

    Message par LANG

    Le général Aussaresses n’a pas que des amis…
    Avec "la pensée unique" qui règne dans nos cieux, parler de lui est presque une provocation, mais je remercie saut ops de l’avoir fait.
    Prenons le général Aussaresses tel qu’il était et avec ce qu’il a fait. C’est mon point de vue.
    Il a eu le mérite de « dire » les choses ce qui est plutôt inhabituel dans la « grande muette ».
    A-t-il eu raison ou pas, peu importe.
    Aujourd’hui, on parle beaucoup d’éthique. On voudrait peut-être nous faire croire que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
    La guerre n’est pas toujours un « Kriegspiel » avec de belles cartes en couleurs. Il faut parfois descendre dans la rue ou remonter la tranchée…  
    « …la guerre propre n'existe pas », ce n’est pas une raison pour ne pas en parler.
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    général Paul Aussaresses Empty Re: général Paul Aussaresses

    Message par saut ops



    Il faudrait aussi parler des crimes du FLN, histoire de mettre en parallèle différentes versions !
    Mais la vérité n’intéresse pas grand monde aujourd'hui, surtout pas les pseudos historiens.
    saut ops
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