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    La nuit de Thaï Binh,

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    La nuit de Thaï Binh, Empty La nuit de Thaï Binh,

    Message par suspente




    La nuit de Thaï Binh, 3 décembre 1953


    A l’issue de l’opération « Mouette », faute de protection efficace, ou même en l’absence de toute protection, le PC de la division de Castries subit ce qu’en langage militaire, on dénomme pudiquement un « pépin »

    Placée au repos dans la région de Thaï Binh, à proximité de Nam Dinh, privée de son chef et de son entourage immédiat, partis relever Gilles au commandement de Dien Bien Phu le 1er décembre, elle est provisoirement placée sous le commandement de son « adjoint Feux », le colonel Piroth, artilleur au destin tragique à Dien Bien Phu.

    Installés dans les infrastructures de la ville, mêlant bazars, restaurants, bistrots, épiceries et hôtels louches, les différents services de l’état major et des unités de soutien et de quartier général y connaissent le repos du guerrier des fins d’opérations.

    L’état-major est totalement imbriqué avec la population, même si celle-ci fait l’objet de surveillance de la part des officiers du 2ème bureau puisque, le 3 décembre, quelques « pêcheurs locaux » au comportement peu en rapport avec leurs activités professionnelles sont arrêtés et discrètement placés à l’ombre. Observateurs ou espions ennemis ?

    En fait, tant que les autochtones vaquent à leurs occupations supposées habituelles, ils ne sont nullement inquiétés. Le 3 au soir vers minuit, les popotes vidées des derniers joueurs de bridge ou de poker, l’attaque se déclenche sans appui d’armes lourdes : franchissant l’arroyo qui se jette dans le Song Thaï Binh, neutralisant les quelques rares sentinelles statiques, un commando vietminh s’infiltre dans le dispositif, incendie les véhicules, s’approche des tentes où dorment les hommes et les prennent sous un feu nourri d’armes automatiques.

    La surprise est totale. Le colonel Piroth ne peut que sauter de son camion en flammes et se trouve dans l’impossibilité de coordonner efficacement aucune parade. Les VM s’emparent de personnels s’extrayant des tentes mitraillées, les entravent et les emmènent. Les soldats indemnes tentent de fuir individuellement de la zone battue par les feux viets.

    Depuis la tour de guet de ce qui fut un poste, un fusil mitrailleur prend en enfilade l’arroyo, tentant ainsi d’entraver le repli du commando vietminh qui cherchait à rejoindre son élément de recueil, installé sur les diguettes aux lisières sud du village.
    En une demi-heure, au terme d’un désordre absolu, les regroupements commencent à s’effectuer et les mesures d’urgence sont prises. Le secteur envoie immédiatement deux compagnies soutenues par quelques blindés pour contrôler le village dont le chef a évidemment subitement disparu. Le médecin met en place les premiers triages et commence ses interventions. Le bilan est lourd : vingt tués, quinze par balles, cinq par arme blanche, cinquante blessés et quinze prisonniers. Le PC s’est laissé totalement surprendre.

    Pourtant, il était constitué de personnels aguerris qui, en outre, venaient d’effectuer toute une série d’opérations fructueuses et même victorieuses. Un simple minage relevable de précaution des points de passage de l’arroyo, tous connus, aurait certainement permis sinon d’éviter cet incident, du moins de bénéficier de délais d’alerte. Quant au contrôle de la population, il s’avère toujours aléatoire.

    Par ailleurs, il est significatif de constater que, parfaitement renseigné, le commando vietminh ne s’en est pas pris à la tour du guet, une simple construction de circonstance réalisée en bambou, mais protégée à sa base par un réseau de barbelés miné. Ainsi, un simple aspect physique de protection a suffi à dissuader l’assaillant de s’y attaquer. Enfin, le déploiement des services de l’état-major au milieu de la population était un choix discutable, car il constituait une vulnérabilité majeure : au vu et au su de la population locale, n’importe qui pouvait, en toute impunité, transmettre au commandement local vietminh des renseignements d’objectifs de première main. Le Vietminh local avait, quant à lui, parfaitement raisonné son affaire : en s’attaquant à un PC, par essence disposant de peu de moyens de combat, qui plus est au repos au terme d’une série d’opérations, il savait parfaitement qu’il s’attaquait à une cible de choix qui constituait un maillon faible du dispositif français.

    Ce sont toujours ces maillons faibles (PC, déploiements logistiques, installations de télécommunication, etc.) qui doivent faire l’objet du maximum d’effort de protection. Enfin, last but not least, même au terme d’opérations réussies, l’attention des combattants ne doit pas se relâcher et, si les organismes humains (tant physiques que psychiques) ont besoin de phases de décompression, celle-ci ne doit pas être assimilée à un relâchement généralisé de toute mesure de précaution. Au retour d’une opération, la plus extrême vigilance s’impose.


    LCL C. Franc
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