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    école spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes

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    école spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes  Empty école spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes

    Message par amarante



    La Grande Guerre a façonné l’armée française dans bien des domaines :

    doctrine, équipement, organisation des états-majors... Elle a également donné naissance à des symboles et pratiques qui structurent encore aujourd’hui la vie des unités. Ainsi en est-il des insignes métalliques.
    Leur naissance est liée à plusieurs facteurs. L’adoption du bleu horizon entraîne le besoin de se différencier autrement pour les unités à forte identité.

    L’apparition des marques peintes au pochoir sur les véhicules des sections de transports militaires est, en outre, liée à une volonté d’identification visuelle. C’est dans une anarchie des plus totales qu’apparaissent dans les années 1920, les premiers insignes métalliques dans l’armée française, avant que le ministère de la Guerre ne publie en 1937, une décision entérinant leur l'existence, en soumettant leur approbation au commandement.

    Dans ce contexte, en 1935, va débuter pour l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, la saga des insignes distinctifs de promotion. La promotion du Roi Alexandre Ier (1934-1936) reçoit en effet la visite du gouvernement yougoslave. Il s’agit alors de commémorer le triste anniversaire de l’assassinat du souverain, tombé sous les balles de partisans Oustachis à Marseille aux côtés de Louis Barthou, ministre des affaires étrangères.

    Ainsi, lors du Triomphe de la promotion en juillet, un détachement de cadets serbes décide de remettre à chaque Saint-cyrien un insigne souvenir du roi Alexandre I er, symbolisant l’amitié franco-serbe. S’il n’est pas possible de considérer cette broche comme un véritable insigne de promotion, elle est cependant un point de départ évident dont les bazars de la promotion Maréchal Lyautey vont s’inspirer l’année suivante, inaugurant la série des insignes de promotion alors même que le commandement officialisait cette pratique dans les corps de troupe.

    L’usage n’est pas encore définitif. La promotion suivante, du Soldat inconnu, n’aura pas d’insigne, celui de la promotion La Marne et Verdun, est fabriqué alors qu’éclate la Seconde Guerre mondiale. Pour autant, l’insigne verra le jour dans les années 1950, une fois la tourmente passée. La conception des insignes est alors peu codifiée et les élèves, avec bon goût et sobriété, cherchent à y faire figurer de façon visible le parcours de l’officier illustre dont ils portent le nom. Ainsi, le Maréchal Lyautey est-il évoqué sur cet insigne à la fois par la présence d’un bâton de Maréchal, de l’étoile chérifienne du Maroc et d’un croissant portant le vers de Shelley dont Lyautey avait fait sa devise : « la joie de l’âme est dans l’action ». Élèves de l’ESM avec le célèbre casoar et ses fameuses plumes de coq rouges et blanches.

    De nombreux noms de baptême étant également plus conceptuels, les Saint-cyriens rivalisent d’imagination pour en concevoir l’évocation visuelle. La promotion de La plus grande France verra de la sorte un shako surmonté du plumet de casoar « posé » sur le globe terrestre alors que nos trois couleurs flottent sur tous les continents, l’Empire français étant à son apogée. On notera que les clins d’œil humoristiques ne manquent pas : le plumet du casoar prenant la forme d’un visage de diablotin ! La promotion Veille au Drapeau, première instruite à Cherchell en Algérie, use du même procédé, comme le reproduiront soixante ans plus tard les officiers de la promotion de La France combattante. La présence du casoar est une constante des insignes de promotion de la Spéciale, tantôt la coiffe complète, tantôt le plumet seul (à partir de la promotion général Frère 1948-1950).

    Deux promotions font le choix de représenter le shako orné de son plumet sur une silhouette de Saint-cyrien : les promotions Serment de 14 et Rhin et Danube. La genèse de l’insigne de cette dernière est assez révélatrice du caractère potentiellement sensible de cet objet symbolique. En 1947, il s’agissait pour l’école de marquer pieusement le souvenir de la première armée française, libératrice du sol de la Patrie, de la Provence au Rhin après une épopée épique, puis jusqu’au Danube. Pour autant, lorsque l’insigne (déjà réalisé) est présenté au Maréchal de Lattre, il est ouvertement refusé aux motifs que le Saint-cyrien a les pieds dans l’eau « comme le zouave du pont de l’Alma » et que l’écusson de la 1re armée n’est pas le modèle réglementaire. Mécontent, le « roi Jean » prend à sa charge la réalisation du second modèle ! Il devait, lui aussi, donner son nom à une promotion dès son décès.

    Elle porte la devise qu’il avait faite sienne : « Ne pas subir », aujourd’hui conservée par le 152e régiment d’infanterie. L’insigne de promotion, plus normé à partir des années 1950 (présence systématique de l’épée, symbole de l’officier, et du plumet de casoar) s’impose comme une des références fondamentales à laquelle se raccroche une promotion. Cette pratique est commune à plusieurs écoles des armées, d’officiers comme de sous-officiers. Couplée au chant de promotion, qui devient une réalisation pérenne à Saint-Cyr dans les années 1970, elle donne du relief à l’identité d’une promotion.

    Combats mémorables, prestigieuses décorations obtenues, rappels symboliques des armes d’appartenance, tout y commémore le chef honoré ou Evènement commémoré. Il s’agit d’une pratique identitaire essentielle qui crée un véritable Panthéon, matériellement palpable, des traditions de notre armée de Terre.



    Lieutenant-colonel Rémi Scarpa
    amarante
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