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    sergents Bourdon et Baudoin

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    sergents Bourdon et Baudoin Empty sergents Bourdon et Baudoin

    Message par bretivert



    Les années 50

    Le 16 octobre, les sergents Bourdon et Baudouin de la Centaine de Than Uyen sont partis avec leurs partisans pour achever la destruction des ponts de la route de Lao Kay à Chapa et miner la route. Ils n'avaient pas de poste radio. A cette époque il n'avait pas encore été possible d'en doter toutes les Centaines.

    Ils effectuent normalement leur mission. Sur 1e chemin du retour, le 22 octobre, au village de Ma Lou Tchay, les habitants leur apprennent que le poste de Than Uyen a été évacué par avion, mais personne ne sait dans quelle direction.

    Le lendemain de 1'évacuation du poste, j'ai survolé la région où je pensais les trouver. Malgré mon insistance, dans cette région qu'il ne connaissait pas, le pilote ne voulait pas descendre au-dessous de 1 500 mètres. A cette altitude il était impossible de repérer quelques hommes se déplaçant sur de petites pistes dans une région montagneuse et boisée, ou de voir les signaux qu'ils pouvaient éventuellement me faire. Mon intention était de leur envoyer un message lesté pour les renseigner sur la situation et éventuellement les guider. Le quatrième jour, je dus abandonner mes recherches.
    Bourdon et Baudouin se trouvaient donc seuls pour se tirer de cette aventure.

    Ils libérèrent d'abord leurs partisans et enterrèrent leurs armes puis marchèrent en direction du Fleuve Rouge. Sur I'itineraire, des partisans les aidèrent, d'autres restèrent indifférents. Ils durent à plusieurs reprises traverser des zones où la densité Viet était très forte, quelquefois supprimer des sentinelles, ou s'infiltrer la nuit sans se faire repérer à travers des camps de repos des unités viets.
    Finalement, Ie 6 novembre ils arrivèrent au bord du Fleuve Rouge.
    Ils confectionnent un radeau avec des troncs de bananiers et le mettent à l'eau par un temps très froid comme il arrive souvent en Haute Région en cette saison ; ils commencent une longue et pénible navigation.
    Dans la nuit du 10 au 11 novembre, ils sont à Yen Bay et passent sans se faire repérer au milieu des barques et des radeaux qui traversent Ie fleuve transportant des troupes, Ie ravitaillement et les blessés des unités viets.

    Enfin Ie 13 novembre, extenués, à demi-morts de faim ils rejoignent les troupes françaises qui ont lancé l'opération « Lorraine » et qui sont sur Ie point de rentrer.
    Le général Salan leur remet sur-le-champ à tous deux la médaille militaire.

    Na San

    La chute de Nghia Lo fut une douloureuse surprise pour le Commandement, les divisions viets victorieuses déferlèrent en direction de l'ouest. Pendant cette période critique, le général Salan survola plusieurs fois la région pour observer ce nouveau champ de bataille. II lui arriva parfois de m'emmener, avec les officiers de son état-major.

    Un jour, je ne me rappelle plus la date exacte, nous revenions de Lai Chau vers Hanoï, et nous survolions la Rivière Noire. Aucun obstacle ne semblait s'opposer à l'avance triomphale des divisions viets.

    Dans l'avion, les officiers qui accompagnaient le général restaient silencieux. Tous se demandaient comment il allait nous tirer d'une situation qui paraissait désespérée. Le général était d'un calme olympien, aucune trace d'inquiétude n'apparaissait sur son visage: il réfléchissait . Nous pourrions peut-être tenter d'établir un front sur la Rivière Noire suggéra un officier.

    Le général, impassible, ne répondit pas. Nous quittâmes tous l'avion sans qu'il fut possible de connaître sa pensée et les décisions qu'il allait prendre dans les heures qui suivraient.
    Le lendemain, c'était le coup de génie de Na San.

    A 8 heures, il réunissait son état-major et les officiers intéressés. II exposa son plan sobrement mais avec une chaude conviction, une lumineuse clarté - signes indiscutables auxquels se reconnait un chef - et qui redonna à tous une confiance passablement ébranlée.

    Aucun des officiers qui l'avaient écouté n'avait auparavant entendu parler de Na San. Ce n'était même pas un village, mais une piste perdue dans la brousse sur laquelle les Dakota pouvaient se poser. Mais Ie général Salan n'avait pas eu besoin de se pencher sur une carte pour Ie découvrir. Ce pays, il Ie connaissait pour l'avoir bien souvent parcouru à pied et quelquefois mesuré. Avec Salan, nous avions, avant la guerre de 1939, mesuré 400 km de pistes au double décimètre et établi les cartes de la région frontière entre Ie poste de Chi Ma, que je commandais alors, et celui de Dinh Lap.

    Ordre fut donné à toutes les troupes en déroute ou simplement menacées, à tous les postes isolés de rejoindre le plus rapidement possible Na San. Avec ardeur, sous les ordres d'un chef de valeur, Ie colonel Gilles, chacun se mit au travail. En quelques jours, les tranchées furent creusées et points d'appui, abris, réseaux de barbelés surgirent du sol.
    Lorsque, Ie 30 novembre, les divisions viets se ruèrent à l'assaut, la défense était sérieusement organisée. Durant trois jours, jusqu'au 2 décembre, toutes les tentatives pour enlever Ie camp retranché furent vaines. Giap cessa finalement ses attaques, ne laissant autour du camp retranché que quelques unités pour en assurer la surveillance, et 700 cadavres sur Ie terrain.

    Notons que Bourdon a pris sa retraite comme capitaine et Baudouin a été tue en Algérie.






    Colonel Trinquier Les maquis d'Indochine
    bretivert
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    sergents Bourdon et Baudoin Empty Re: sergents Bourdon et Baudoin

    Message par Blu

    Merci bretivert de donner la parole à ce… colonel !
    Avec des exploits ..
    Les sergents Bourdon et Baudouin. Jusqu'au bout !

    "..Ils durent à plusieurs reprises traverser des zones où la densité Viet était très forte, quelquefois supprimer des sentinelles, ou s'infiltrer la nuit sans se faire repérer à travers des camps de repos des unités viets…"

    et … faut le faire, au double décimètre…
    "...Avec Salan, nous avions, avant la guerre de 1939, mesuré 400 km de pistes au double décimètre…"

    Un chef...
    Le sphinx...

    ".Dans l'avion, les officiers qui accompagnaient le général restaient silencieux. Tous se demandaient comment il allait nous tirer d'une situation qui paraissait désespérée. Le général était d'un calme olympien, aucune trace d'inquiétude n'apparaissait sur son visage: il réfléchissait..."
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    Blu
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