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    La CPIMa, Face aux Toubous

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    La CPIMa, Face aux Toubous Empty La CPIMa, Face aux Toubous

    Message par LAVEC


    Jacques Napo PARISOT ( Sgt-Chef ) grièvement blessé au Combat de BEDO qui avait d'abord été déclaré MORT pour la FRANCE puis, grâce à un léger "souffle de respiration" a été miraculeusement "pris en compte" par le Toubib-CPIMa.

    Évacué ensuite en FRANCE et après une longue hospitalisation, il s'en est sorti !
    Il est un des rares à avoir eu la Médaille Militaire à titre posthume, cependant il est "vivant" et on peut dire qu'il "revient de loin" !..

    Face aux Toubous . . .
    Soudain, des geysers de sable entourent le camion, suivi du bruit des détonations et du claquement des impacts sur les tôles, c'est ahurissant ce bruit !
    Les réflexes me font réagir, je crie "stop" au chauffeur et je hurle "débarquez"...
    Mon chauffeur, dont c'est la première sortie, essaie de dégager son arme du porte-fusil mais n'y arrive pas. Je lui dis alors de se cacher au fond de l'habitacle sur les pédales et qu'avec la roue de secours comme bouclier il ne risque rien,
    Il m'a obéi et s'en est tiré indemne...

    Des falaises sur ma droite à 25 mètres surplombent ma position, je m'y précipite et arrivé presque au sommet, à quelques mètres, un rebelle sort de sa cachette l'arme à la main. Je ne pourrais jamais dire ce que c'était tant on se regardait dans les yeux... ca paraissait long, mais ce fut très bref.

    Qu'est-ce qu'on a pu lire dans nos regards ? Un mélange de sentiments divers sur fond de mitraille, où on ne sentait pas de haine.
    Je fais demi-tour en pensant qu'il va me tirer dans le dos, mais rien.
    Il m'a semblé le voir se remettre à l'abri.

    En bas, au camion, des survivants se protègent derrière chaque roue, dans la caisse, il y a déjà un tué, ARRONDEAU, un blessé avec le fémur cassé, et malgré le bruit, j'entends ses gémissements...
    Je me rends compte qu'on me tire dessus par derrière, ils sont de chaque côté !
    Ils ne montent même pas une embuscade réglementaire !..

    Puis c'est le choc, une balle de 303 expansive m'arrive dans la jambe droite qui s'envole presque devant moi sous le choc terrible, comme si on m'avait fracassé le tibia avec une barre de fer...
    Je remonte mon pantalon, dans le mollet un trou affreux, on pourrait y mettre une boîte de bière en fer. Affolé mais rassuré, l'artère n'est pas touchée, ça brûle, mon pied gauche a pris aussi.

    Je suis coincé, il me reste une grenade au phosphore récupérée chez les légionnaires du REP. Seuls les cadres en possèdent car elles sont trop dangereuses avec leur retard de 2,5 secondes.
    Je la sors du porte-grenades, lorsque je reçois un choc de cow-boy dans les côtes à gauche ! Je ressens un gargouillis à l'intérieur...
    Je me dis que c'est la fin et je me mets à hurler, à vider tout ce que j'ai...

    Je vois mon camion plus bas, les blessés, les morts, les vivants...
    Il y en a un crie "ça y est, ils ont eu le Sergent !"... C'est celui-là qui viendra récupérer mon poignard ! Il paraît qu'avant de mourir, on voit tout le film de sa vie, mais comme je vois toujours la même chose, j'en conclus que ce n'est pas pour tout de suite...
    J'arrête de hurler et je tiens ma grenade sous le sable, quelquefois ils viennent achever les blessés...
    Ça tire toujours, sauf sur moi, car je fais le mort, mais j'ai un poumon soufflant, ça fait du bruit et ça fait mal quand je respire...
    Le cap de la peur est dépassé, dans ma tête je suis d'accord pour tirer la goupille s'ils viennent. Mais ce sont les copains qui arrivent...

    ... Quelques jours plus tard, à Fort-Lamy, le médecin-capitaine MARINI me dira qu'en principe avec ce que j'avais, intestins déchirés, et rate éclatée, en plus du reste, on meurt sans soin au bout de 4 heures...

    Mais comme le moral c'est 80 % de la guérison, je m'en suis sorti...
    Pour cela, j'ai eu la Médaille Militaire et une Valeur Militaire avec Palme...

    Triste bilan dans mon Groupe, 3 tués, le Caporal-chef THOMAS du Bureau-comptable, le Parachutiste ARRONDEAU le cuistot, venu pour une fois en brousse, et le Parachutiste RAYGASSE qui blessé, est sorti en rampant de l'abri précaire du 6x6 malgré les conseils des autres... Les rebelles l'ont achevé, il a appelé sa mère très fort avant de mourir...

    A la fin du combat, le pourvoyeur FM de BARBARA, le Parachutiste MIZERA est venu me voir, il a décroché mon poignard US en me promettant de me le ramener...
    En 1974, il se pointe à mon domicile, et me le rend ! "je vous avais promis de vous le rendre, la lame est un peu usée car je l'ai souvent affûtée, mais je vous ai vengé..." Il n'était pas nécessaire de lui demander des détails !..


    Jacques Napoléon PARISOT, dit NAPO.

    Anonymous
    LAVEC
    Invité


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    La CPIMa, Face aux Toubous Empty Re: La CPIMa, Face aux Toubous

    Message par LANG

    « …Je me rends compte qu'on me tire dessus par derrière, ils sont de chaque côté !
    Ils ne montent même pas une embuscade réglementaire !.. «


    Me vient une réflexion.
    Dans un autre commentaire, je parlais « d’esprit tordu » pour monter ou déjouer une embuscade. Avec des gens qui n’ont pas fait « Les Ecoles » tout est possible. L’expérience de la chasse, la connaissance du terrain et leur instinct ne leur permettent pas toujours de gagner mais parfois ça marche. Et dans ce cas, l’effet de surprise est garanti. Avec le temps ils apprennent (et s’organisent).
    Et je ne peux pas m’empêcher de penser aux conflits actuels qui semblent « stagner » au Sahel ou ailleurs. La période de « calme apparent » est peut-être en train de se terminer ? En face en tout cas »ils » ont fait des progrès. Au moins pour fabriquer,  poser et déclencher un explosif piégé…
    Le récit du sergent chef  Jacques Napo PARISOT comme ceux que nous avons lu concernant les combats en Algérie, en Afrique ou en Indochine sont pleins d’enseignements. Je sais bien que les choses ne sont plus ce qu’elles étaient (comme on dit) mais je me demande si ceux qui sont là-bas y pensent de temps en temps. Au moins aux derniers épisodes en Afrique. Encore faudrait-il leur en parler…
    Dans ce genre de conflit où les moyens techniques donnent un sentiment d’invulnérabilité, il ne faut jamais sous-estimer un adversaire en haillons. Il ne gagnera peut être pas la guerre mais il peut faire beaucoup de mal.
    Et, si j’ai bien compris (??), là-bas nous ne laissons pas notre âme ni notre cœur. Nous essayons de passer le relais en ayant le moins de pertes possible avant de repartir...
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