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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge

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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge Empty 5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge

    Message par suspente

    LE CAMBODGE


    5°BPIC

    Pour Info
    1er février 1947 : création du 5e BPIC
    25 juin 1948 : devient 5e BCCP
    22 juillet 1950 : première dissolution
    15 octobre 1950 : nouvelle création du bataillon
    3 août 1951 : devient le 5e BPC
    1er août 1953 : nouvelle dissolution2.
    16 janvier 1958 : nouvelle création du 5e BPC
    1er décembre 1958 : devient 5e BPIMa
    31 décembre 1964 : dissolution de l'unité.


    Le 1er février 1947, est créé à Tarbes le 5e Bataillon parachutiste d’Infanterie coloniale (5e BPIC). Le commandant Dupuis, ancien de Ponchardier, en est le patron. Il a pour mission de mettre sur pied un détachement de sept cents hommes aptes à embarquer pour l’Extrême-Orient le 15 octobre.

    Comme l’écrira plus tard le Colonel TRINQUIER , ( Le Premier Bataillon de Bérets Rouges - éditions Plon )
    Le bataillon et ses GC restaient pour les états-majors qui les utilisaient, quelques soient leurs effectifs un bataillon ou des Groupes de Commandos, ce qui à la limite pouvait devenir dangereux. Le GC 3 par exemple ne disposait que de 70 hommes lorsque il a abordé la gare de Tam-Quam le 20 juillet 1949, défendue par un bataillon viêt ( environs 750 hommes) . En cas de gros problèmes, aucune unité amie n’aurait pu intervenir. Ce sont des risques qu’on ne peut pas indéfiniment renouveler sans s’exposer un jour à des catastrophes.
    Cependant, les hommes qui franchissaient le cap de la première année étaient solidement adaptés. Ils devenaient des hommes solides, capables d’affronter toutes les épreuves de la guerre d’Indochine



    En 1948 Le G.C.2 est détaché au Cambodge le 19 juin; le G.C.3 le 3 septembre. Ils y resteront jusqu'à la fin février début mars.
    Le Cambodge est rattaché au point de vue commandement au Sud-Vietnam. Les Khmers Isaracks (les K.I) y sont moins agressifs et moins bien organisés. Mais le commandement local ne dispose que de faibles moyens pour assurer un minimum de sécurité sur son vaste territoire.

    Les parachutistes sont installés dans des conditions précaires. A la demande des commandants de secteur, un G.C., parfois un seul commando est mis à leur disposition pour une durée indéterminée. Comme ils ne disposent que de peu de troupes et qu'elles sont médiocres, ils espèrent qu'en quelques jours les paras résoudrons tous leurs problèmes. Ils ne consentent à les rendre que lorsqu'ils les ont exploités au maximum sans se soucier de leurs servitudes.

    Dans un terrain marécagreux, le nlus souvent inondé, les paras font l'impossible pour donner la chasse aux K.I.qui leur sont signalés. Mais les renseignements sont le plus souvent faux ou trop vieux. Les coups de mains, les embuscades tombent fréquemment dans le vide. Quelques coups heureux cependant maintient le moral des paras toujours prêts à foncer.
    Le 25 août ]e G.C.2 arrivé à Tuk Méas est mis à la disposition du capitaine Cortadélas.

    Dans l'après-midi le commando des Essarts est envoyé à Kampot pour une simple mission de liaison : un aller et retour. Le départ est fixé à 16h45 . Deux G.M.C. sont mis à sa disposition.
    Au passage à Kompong Track, le Chauvaisrok (1) les arrête et leur signale que la route est dangereuse dès la sortie du village sur une dizaine de kilomètres.

    C'est un renseignement très sérieux. Des Essarts prend place dans le premier G.M.C. avec 12 hommes; les deux autres sticks, 18 hommes dans le deuxième G.M.C. avec le sergent-chef Olivier.
    - Attention, dit-il à ses hommes, nous risquons l'embuscade. Si nons apercevons un barrage sur la route, arrêt immédiat, nous giglons des camions et fonçons sur le barrage. S'il n'y a pas de barrage et qu'on nous tire dessus, nous accélerons à fond et faisons la boule de feu pour sortir rapidement de l'embuscade. Après nous verrons. Olivier, vous garderez une distance d'au moins cent mètres. Pour tout le monde: Ouvrez l'oeil et le bon.

    Le commando quitte Kompong Track, chaque para le doigt sur la détente de son arme, prêt au moindre signal à ouvrir le feu.
    A 7 kilomètres de Kompong Track, des Essarts aperçoit, à 500 mètres devant Iui, un car chinois arrêté sur la route. Un homme en noir descend rapidement, traverse la route et disparaît. Le car Chinois se remet aussitôt en route et croise les deux G.M.C.

    Le départ rapide du car, la disparition précipitée de l'homme en noir sont des slgnes inquiétants. La route monte Iégèrement, tourne par deux fois à droite et redescend. Les bords de la route sont secs mais couverts de broussailles épaisses. A droite, à une cinquantaine de mètres, au bas d'un Pnom (2), une petite rizière et deux ou trois paillotes.
    - Attention, crie des Essarts, ouvrez l'oeil !

    Au deuxième virage. un premier coup de feu. L'embuscade est déclenchée. Les rebelles sont à 15 mètres environ, camouflés dans les taillis; quelques éléments sont aussi sur la gauche.
    La riposte est instantanée. Le pied à fond sur l'accélérateur, le chauffeur pousse au maximum la vitesse du G.M.C. Une grenade est lancée contre le camion mais elle manque son but, roule dans le fossé et éclate. En quelques secondes, malgré le feu violent qui I'a accueilli, le G.M.C. a traversé l'embuscade.

    Il s'arrête. Les hommes sautent à terre et remontent vers I'embuscade en progressant rapidement de chaque coté de la route. Le deuxieme G.M.C. a entendu la fusillade; arrivé au premier virage il s'est arrêté. Les deux sticks entraînés par le sergent chef Olivier foncent et donnent l'assaut. Pris entre deux feux, les rebelles Iâchent pied et s'enfuient. Un deuxième groupe traverse la route en courant et disparaît dans les broussailles. Une grenade V.B. et un obus de lance-grenades tombent sur les paras.

    Le caporal Peiffer et le para Leclerc sont blessés. L'ensemble du commando amorce la poursuite des fuyards. Mais il ne peut abandonner les camions sur la route et surtout il faut emmener les blessés. La fouille du terrain est rapidement faite. 8 morts et une dizaine de blessés laissés sur place jonchent !e terrain. Un F.M. japonais et huit armes diverses sont récupérés. Une fouille plus minutieuse aurait certainement permis d'en découvrir d'autres.
    A 18 heures, comme prévu le commando arrive à Kampot. Ces rebelles étaient certainement des Vietnamiens du Dai Doi 1092. Ils étaient armés de deux ou trois F.M., de mitraillettes Sten, de fusils de guerre et disposaient au moins d'un lance-grenades. Tous avaient un ceinturon, des cartouchières et un casque japonais. Des bouteilles dessence ont été retrouvées sur le terrain, vraisemblablement pour incendier les camions. Cette bande, probablement renforcée, attaquera le lendemain un convoi venant de Hatien qui sera entièrement détruit.

    Le succiès des paras revient en grande partje au sergent-chef Olivier. Il a marché au canon et a surpris les rebelles par un assaut rapide auquel ils ne s'attendaient pas.
    Le lieutenant des Essarts reconnait dans son compte rendu que, malgré le terrain qui s'y prétait, I'embuscade a été mal préparée et mal éxécutée. Il termine ainsi << Les Asiatiques ont un complexe d'infériorité vis à vis des Européens.Ils ne résistent pas à un assaut énergiquement et rapidement conduit.>>

    (1). Chef local
    (2). Petit monticule.


    Dernière édition par suspente le Jeu 21 Nov - 14:25, édité 6 fois
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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge Empty Mort du Commandant Dupuis

    Message par suspente


    L'absence prolongée des deux G.C. et la présence à éclipse du G.C.1 commencent à se faire sentir dans la région.
    Le 301 occupe toujours le quadrilatère Les opérations limitées, les embuscades de nuit et de jour tendues par les commandos lorsqu'ils sont à Lai Thieu lui ont fait subir des pertes sévères et limitent son agressivité. Mais la faible densité des troupes qui stationnent à Lai Thieu et qu'il ne peut ignorer l'incite à harceler les postes de garde ; des grenades sont lancées sur les marchés des environs.

    Cette situation inquiète le commandant Dupuis qui voudrait réunir à Lai Thieu le bataillon au complet pour une durée suffisante et en finir avec le 301.
    Les comptes rendus des G.C.2 et G.C.3 au Cambodge sont alarmants. Les paras sont devenus les bonnes à tout faire des commandants de secteur. Leur mauvaise installation et le manque de vrai repos sont inquiétants. Les hospitalisations se multiplient.
    Le commandant Dupuis décide d'envoyer Trinquier au Cambodge pour assurer le commandement direct de ces deux G.C. Il compte y trouver sur place assez d'arguments pour faire comprendre au commandement des T.F.I.S. la nécessité de recupérer les unités paras qui s'usent en pure perte pour des résultats insignifiants.Il adresse à ce sujet une lettre au colonel commandant les troupes du Cambodge pour lui rendre compte qu'à partir du 10 septembre le capitaine Trinquier assurera le commandement tactique des deux G.C.
    Le 8 au soir, Dupuis et Trinquier partent en jeep faire leur promenade habituelle sur la route de Saigon jusqu'au prochain poste. C'est une détente dans l'air frais
    du soir pour s'aérer les idées.

    - Ne t'éternise pas à Phnom Penh, lui dit Dupuis. Il faut à tout prix que tu ramènes ici les deux G.C. Leur présence, au moins pendant quelque temps, devient indispensable. Tu vas être nommé chef de bataillon le 1er octobre et mon affectation est envisagée à l'état-major des T.F.I.S.
    Avant de te passer le bataillon, je voudrais règler le sort du 301.
    - La situation n'est pas mauvaise, dit Trinquier. Mais elle stagne; nous ne progressons plus. Les viets vont se réveiller et peut-être un jour prochain nous ne pourrons pIus faire l'agréable promenade que nous faisons ce soir. Toi qui restes ici, sois prudent.

    Le 9 septembre, à 10 heures, Trinquier arrive à l'aérodrome de Phnom Penh. Le capitaine Kohler et le lieutenant Doebbels sont sur le terrain. Par chance, ce qui ne s'est encore jamais produit, les deux commandos sont au repos.
    Trinquier peut les voir dès son arrivée.
    - Le commandant Dupuis vous salue, leur dit-il. Il m'envoie ici pour améliorer, dans la mesure du possible, vos installations et veiller à ce que vous soyez mieux utilisés. Mais surtout je vais faire l'impossible pour vous arracher d'ici et reconstituer le bataillon.
    Trinquier déjeune dans I'ambiance toujours agréable et gaie d'une popote de jeunes officiers, heureux de passer quelques jours à Phnom Penh, une jolie capitale sur le Mekong qui ne manque ni de charme ni de distraction.
    Dans la journée, il téléphone à Dupuis pour lui rendre compte rapidement de ses premières impressions.
    - Je pars dans dix minutes, dit-il, pour notre promenade habituelle. J'emmène le capitaine Poirier et l'administrateur. Je te rappellerai à 21 heures.

    A 21 heures alors que tous les officiers sont rassemblès, le téléphone sonne.
    - Ici le capitaine Késer. Mon capitaine, dit simplement Késer, le commandant Dupuis vient d'être tué, ce soir à 19 heures. Le capitaine Poirier qui l'accompagnait, grièvement blessé, est mort lui aussi. L'administrateur est légèrement blessé. Le chauffeur est indemne.
    A son visage qui a soudain pâli et aux larmes qui coulent de ses yeux, ses camarades ont compris qu'un accident très grave vient de se produire.
    - Le commandant Dupuis et le capitaine Poirier viennent d'être tués, leur dit-il.
    Puis il passe le téléphone au capitaine Kohler.
    - Vous demanderez comment cela a pu se passer.
    La mort inattendue du commandant Dupuis et du capitaine Poirier les a tous frappés. Pour Trinquier c'est son meilleur camarade avec lequel depuis des années tant de
    liens d'amitié ont été tissés. La mort est toujours une chose horrible, déroutante lorsqu'elle frappe des êtres chers.
    Pourtant les officiers, réunis ce soir-là, ont tous l'habitude de la mort. Ils ont vu disparaître bien des camarades et souvent les meilleurs. En plein combat, dans le fracas des balles et des explosions, l'esprit tendu, absorbé par l'action, la mort leur sembiait naturelle, attendue, acceptée, inévitable. Mais, dans l'atmosphère détendue et calme d'une popote d'officiers, eIle leur apparait sous son vrai jour, cruelle, inacceptable.

    Quelques tireurs d'élite s'étaient installés dans une maison isolée au bord de la route. Ils avaient vu le commandant partir. Ils attendaienl son retour. Lorsque la jeep apparut au début de la longue ligne droite qui précédait l'entrée de la ville, ils étaient prêts. A cinquante mètres le commandant était au bout de la ligne de mire du meilleur tireur. Il reçut une balle en plein front. Poirier deux balles dans la poitrine. Instinctivement le chauffeur avait accéléré. L'administrateur ne put être que légè-
    rement blessé, le chauffeur indemne. Mais I'essentiel avait été fait.Le commandant Dupuis qui avait ramené à lui toute la population était éliminé.
    Le lendemain Trinquier rentrait à Lai Thieu avec l'aumônier du bataillon, le Père Jourquain et deux officiers, les lieutenants Foulquier et des Essarts pour assister à l'enterrement.
    Quelques jours après, une messe des morts est dite pour eux sur la place du marché de Lai Thieu. Tous les parachutistes disponibles du bataillon et de la demi-brigade, des délégations de toutes les armes y assistent. Mais le plus émouvant est la participation en masse de toute la population de Lai Thieu et des environs. Les habitants sont venus se recueillir avec leurs amis parachutistes et dire un dernier adieu au commandant Dupuis qui en peu de temps avait su conquérir leur estime et leur coeur.
    Dupuis était protestant, fidèle à sa religion. Poirier un catholique sincère. Avant la messe Trinquier réunit l'aumônier et le pasteur. Il demande au Père Jourquain de
    dire la messe comme d'habitude et, à la place du sermon, au pasteur de dire les prières rituelles du culte protestant.
    Ce sont des soldats, des amis, qui acceptent sans problème ces petites entorses à leurs habitudes.

    (Le Premier Bataillon de Bérets Rouge)
    Colonel Trinquier
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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge Empty Re: 5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge

    Message par CASTOR2

    Merci pour ce récit suspente.
    Un récit qu'on aime à suivre. Une guerre au loin avec des images hors du temps.
    Ces paras "utilisés" à toutes les sauces...
    Les détails sur l'embuscade…
    L'assurance de la routine et la catastrophe qui arrive avec ces snipers…
    Ces "curés" qui savent prier ensemble…
    Ce premier bataillon de bérets rouges avec Trinquier.
    On n'oublie pas.
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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge Empty QUAND LA LOGISTIQUE NE SUIT PAS LA LOGIQUE

    Message par suspente



    Merci castor2., on continue alors ....


    Les commandants Dupuis et Trinquier avaient acquis sur le terrain une idée logique sur l'application d'une logistique de relève et de formation des unités parachutistes combattants en Indochine.

    Ils ne purent jamais faire valoir leurs idées.
    Dans son livre " Le premier bataillon de bérets rouge " le colonel Trinquier raconte la valse des commandos qui laisse rêveur sur l'efficacité d'un état-major par trop personnalisé au grès des affectations et prises de commandement.


    La Valse des Commandos

    Au début de l'année 1948, le commandement décide que les compagnies s'appelleront désormais " groupes de commandos ". Le mot commando est à la mode. Tous les états-majors veulent en fabriquer espérant que ce mot prestigieux (création de la dernière guerre pendant laquelle les commandos se sont couverts de gloire ) donnera plus de dynamisme et de punch aux petites unités disparates qu'ils créent dans leurs secteurs.

    Pour le bataillon ce changement d'appellation est bien inutile. Cependant, c'est un ordre auquel il convient de se conformer.
    La 4" compagnie devient le groupe de commandos n° 1 autrement dit, le G.C.I. Depuis la mort du capitaine Boby, il est commandé par le lieutenant Chomette. La 5° compagnie devient le G.C.2. Le capitaine Demonet sérieusement fatigué au retour des opérations avec la dinassaut 8 est affecté à l'état-major de la demi-brigade.

    Il est remplacé par le capitaine Kohler. Kohler est un ancien officier de réserve. I1 est aussi ancien officier de de l'Ecole Normale de Mulhouse. Entré dans la résistance pendant la guerre, il a combattu dans les maquis du Sud-Est. Après le débarquement en Provence en août 1944, il est volontaire pour la 9° D.I.C. Le colonel Salan, commandant le 6° régiment le prend comme officier d'ordonnance. Cest avec lui qu'il est venu en Indochine. I1 passe alors le brevet de parachutiste et demande à être affecté au 2e B.C.C.P. Pour le bataillon c'est une excellente recrue.

    La 6" compagnie devient le G.C.3. Au retour de l'opération Véga, le capitaine Bergues s'est trouvé affecté lui aussi à la demi-brigade comme chef du 4 Bureau. Le lieutenant Doebbels, le plus ancien des lieutenants, le remplace. Ainsi, après seulement quatre mois d'opération, tous les commandants de compagnie ont été changés.

    A la suite de plusieurs demandes formulées par le commandant Dupuis, ce même mois de mars, le bataillon reçoit quelques gradés et hommes de troupe pour combler les vides. En effet, les paras sont très jeunes, la plupart d'entre eux ont moins de vingt ans. Beaucoup n'ont pas encore une résistance physique suffisante pour s'adapter au cIimat débilitant du Sud-Vietnam et à la cadence des opérations auxquelles le bataillon est soumis.

    Pendant la première année, suivant les unités, de 10 à 40% traînent dans les hôpitaux ; certains doivent être rapatriés en France. A ces déchets il faut ajouter les pertes inhérentes aux combats.
    La demi-brigade créée en 1947 à Vannes a reçu pour mission de former des bataillons paras pour l'ndochine.
    Mais elle doit aussi entretenir leurs effectifs. Cette mission pourtant capitale est cependant perdue de vue.

    La demi-brigade conserve le plus possible d'engagés pour former les bataillons qui lui sont demandés. Aussi vers la fin de leur séjour, les bataillons en Indochine n'ayant reçu que de faibles maintenances sont exsangues. Les compagnies qui devraient normalement avoir sur le terrain 150 hommes partent souvent en opération avec moins de 80. Mais pour les états-majors, un bataillon quels que soient ses effectifs reste un bataillon et est utilisé comme tel.

    Il eût été préférable que la mission essentielle de la demi-brigade de Vannes soit de maintenir à plein les effectifs des unités engagées en Indochine en les alimentant régulièrement avec de nouvelles recrues. Les jeunes engagés, les jeunes cadres au contact des anciens auraient rapidement mis au point leur formation. L'instruction même la plus poussée sur un terrain d'exercice est insuffisante.

    Elle ne peut être acquise qu'au combat dans l'ambiance de camarades aguerris. Les cadres et les hommes de troupe auraient été individuellement rapatriés en fin de séjour. Mais le bataillon serait resté en Indochine toujours égal à lui-même. En rentrant en France au complet il emportait avec lui, en pure perte, une expérience incomparable de la guerre. Le bataillon tout neuf qui assurait sa relève allait faire, à son tour, I'apprentissage difficile de la guerre (voir bas de page)

    Les commandants Dupuis et Trinquier essayèrent de faire adopter ce système mais sans succès.
    Rentré en France et affecté en 1950 à la demi-brigade de Vannes, le commandant Trinquier tenta vainement de convaincre le colonel Gilles, successeur du colonel Massu à la tête de la demi-brigade, de changer de méthode. Pour le colonel Gilles, embarquer à Marseille un bataillon tout neuf, bien carré, restait la mission impérative de la demi-brigade qu'il commandait.

    Pendant la guerre dAlgérie, le système de relève collective a été abandonné. La vieille armée coloniale a repris la méthode de la relève individuelle. Les régiments sont restés pendant toute la guerre en Algérie sans changer de valeur ni d'aspect.
    suspente
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    5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge Empty Re: 5eme BPIC ,le G.C.2 est détaché au Cambodge

    Message par CASTOR2


    Ces articles sont pleins d'enseignements. Comme quoi, il est difficile de changer des habitudes. Il faut parfois des chefs ayant - peut-être pas un grain de folie- mais au moins un esprit "ouvert" sachant se remettre en cause.
    Ce n'est pas ce qui est enseigné.
    Pour avoir des gens  capables "d'originalité", il faut qu'ils aient été commandés par des chefs  qui ne soient pas prisonniers en permanence des règles classiques. Et là, on entre dans la difficulté.
    Quel que soit le milieu (militaire ou civil)…
    Pour déjouer ou "sentir" une embuscade, il faut avoir l'esprit un peu "tordu". Pour en monter une c'est la même chose si on veut avoir une chance qu'elle réussisse.
    Les conflits actuels comportent beaucoup "d'embuscades" sous différentes formes. Les drones, l'aviation, le GPS, les lunettes infra-rouge etc., tous ces moyens modernes ne remplacent peut-être pas toujours quelques neurones affûtés...
    CASTOR2
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