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    Capitaine Claude BARRES

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    Capitaine Claude BARRES Empty Capitaine Claude BARRES

    Message par patrouille de nuit le Mer 20 Nov - 16:11



    Capitaine Claude BARRES Claude10


    Au 2° BCCP-SAS, il était sous-lieutenant à la 6 (GC 3). C'était un fonceur, entraîneur d'hommes. Très uni à ses commandos qui lui faisaient une confiance sans réserve et le suivaient dans les plus audacieuses aventures de nuit comme de jour.
    En dehors des escarmouches, il aimait sortir le soir avec ses hommes.
    Il s'était constitué une équipe de copains anciens maquisards avec qui il avait une affinité particulière.

    Enlevant ses galons qu'il mettait dans sa poche il disait retrouver ainsi l'anonymat d'une franche camaraderie décontractée comme au temps des maquis.
    Très autoritaire au combat avec un commandement bref et précis, il était quelque peut fâché avec la discipline militaire ce qui contribua beaucoup à compromettre son avancement ce dont il se moquait éperdument.

    Il vivait uniquement pour l'action. Il faut dire que formé en Angleterre aux "Jedburghs" il avait été à bonne école.
    Je me souviens entre autres d'une anecdote qui s'est passée à Tourane (Danang maintenant) en 1948.


    Il était le petit fils de l'écrivain Maurice BARRES.
    En 1943, il a dix sept ans quand il rejoint les Forces Françaises Libres à Londres et suit la formation de l'école des cadets de Ribbesford. Il est ensuite affecté au 3° bataillon de l'air (futur 3°RCP) sous les ordres du Commandant CHATEAU-JOBERT.

    Il est parachuté le 15 Août 1944 dans la région de Lyon pour organiser des attaques et embuscades avec les maquis de la région. Cela lui vaudra la Croix de guerre 39-45 avec palme.

    La France est libérée, mais il continue la lutte contre les Allemands et le 7 avril 1945, il est parachuté derrière leurs lignes en Hollande.
    La guerre terminée, il s'oriente vers la vie civile et quelques missions à l'étranger sans grands succès car rentrer dans le rang n'est pas son genre et comme il dit, c'est mon congé de fin de campagne .
    Il reprend du service et à sa demande est affecté au 5° BPIC qui devient le 2° BCCP-S.A.S avec lequel il participera à de nombreuse actions commandos.
    Il demandera ensuite à partir au TONKIN et en 1950 il est au 5° BCCP et parachuté dans la jungle au LAOS.
    En 1951 il est affecté au GCMA, ce qui est tout à fait dans ses cordes. Missions spéciales en territoires occupés par le Viet Minh, et comme il dit : ma mission et mon plaisir, c'est de foutre le bordel chez les Viets.

    En 1952 , volontaire pour la CORÉE il en revient avec la Légion d'Honneur et une blessure.
    En 1953, après une convalescence bien méritée, le voilà 3° BEP.

    Enfin promu Capitaine en 1954 il est affecté au Service Action du SDECE.
    En 1958 au 9° RCP et prend le commandement de la 5° compagnie. C'est en pleine période de la guerre d'Algérie et son comportement toujours exemplaire lui vaudra la Croix de la Valeur Militaire avec étoile d'argent.

    Mais " sa baraka" comme il disait devait cesser de lui sourire.
    Le 26 mai 1959, il tombe dans le djebel HARRABA. En plein combat à la tête de ses hommes, fauché par une rafale d'arme automatique.
    Sa gloire sera immortalisée par son nom qu'il donnera en 1993 à la promotion d'élèves officiers d'active de l'EMIA de COËTQUIDAN.


    Dernière édition par patrouille de nuit le Mer 20 Nov - 16:20, édité 1 fois
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    Message par patrouille de nuit le Mer 20 Nov - 16:15



    Portrait de Claude Barrès, le soldat qui avait tous les "dons"

    "De ces seigneurs, le plus romantique est un garçon mince et beau comme une lame (...) Lui a tout dans la vie, tous les dons, tous les appuis, toutes les promesses (...) il s'appelle Claude Barrès, il est le petit-fils du prophète de la "revanche". Mais lui ne fait pas de littérature.

    Il agit comme s'il avait à se venger, à se venger de sa famille trop célèbre, du poids de tant de gloire et de bourgeoisie. Et, au lieu d'exhorter les autres à se battre, il se bat seul obscurément, avec un commando : un génie du feu, une flamme, un feu follet. C'est un homme en noir, un faux Viet, qui se glisse dans les marécages et les jungles pour tuer d'autres hommes en noir, les vrais Viets.

    Son plaisir, c'est de partir en sampan au milieu des ennemis, avec un poignard, des grenades et une mitraillette. Il pousse jusqu'au paroxysme une forme de démence lucide. il y a simplement l'âpre jouissance du défi, de faire toujours ce qui est le plus extravagant, de le faire quand même savamment.

    Il est plus fort que la mort tout en sachant qu'il sera tué (...) Entre ses exploits cruels dont il ne parle jamais, non par honte, mais par suite de cette bonne éducation, qui évite le "je", il est "pur", de cette pureté qui dévore tout, qui cache tout".



    Lucien Bodin, Guerre d'Indochine
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    Capitaine Claude BARRES Empty Re: Capitaine Claude BARRES

    Message par junker le Mer 20 Nov - 19:49

    Une grande figure de héros, un homme d'une grande culture !!! mort trop tôt !!
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    Capitaine Claude BARRES Empty Re: Capitaine Claude BARRES

    Message par LANG le Jeu 30 Avr - 21:15

    Après avoir lu ces quelques lignes…

    « …Enlevant ses galons qu'il mettait dans sa poche il disait retrouver ainsi l'anonymat d'une franche camaraderie décontractée comme au temps des maquis.
    Très autoritaire au combat avec un commandement bref et précis, il était quelque peut fâché avec la discipline militaire ce qui contribua beaucoup à compromettre son avancement ce dont il se moquait éperdument…. »

    « Il était le petit fils de l'écrivain Maurice BARRES. »

    « Il est parachuté le 15 Août 1944 dans la région de Lyon pour organiser des attaques et embuscades avec les maquis de la région. Cela lui vaudra la Croix de guerre 39-45 avec palme. »


    j’ai pensé que le petit fils de Maurice Barrés, un Capitaine parti trop tôt, méritait notre attention. En cherchant un peu, je suis tombé sur un site familial qui parle de lui.ICI

    J’en ai extrait le récit de son parachutage du 15 aout 1944.
    C’était un gamin…
    … appartenant au 3e bataillon de l'air aux ordres du commandant Château-Jobert, dit "Conan"…



    Capitaine Claude BARRES Claude10

    (C’est peut-être en lisant la légende (*) de cette photo que j’ai vraiment eu l’envie d’écrire cet article…)

    Le 15 août, il est "affecté" selon son état signalétique et des services (en fait engagé en opérations) au sein du 3ème bataillon d'infanterie de l'air en France "sur les arrières de l'ennemi", aux ordres du commandant Château-Jobert, dit "Conan".
    Dans les faits c'est dans la nuit du 14 au 15 août 1944, qu'à la tête de deux sticks, il va être parachuté au Nord de Lyon avec pour mission d'intercepter les éléments de l'armée allemande qui battent en retraite en suivant la Nationale n°7.
    Il dira plus tard à son père :
    « Jamais le mot bonheur n'eut pour moi un sens plus plein que ce soir du 14 août 1944. Nos Stirling volaient groupés très haut dans la lumière des derniers rayons du couchant. Nous devinions l'approche des côtes de France déjà perdues dans l'ombre. »
    Son bataillon va être parachuté et réparti sur tout le territoire, une compagnie en Bretagne, une autre vers La Rochelle, et une dans le Centre. Celles-ci seront en liaison avec les FFI, tandis que la quatrième travaillera sous les ordres du Général de Lattre.

    Opération JOCKWORTH
    L'Opération JOCKWORTH qui comporte 57 hommes du 3ème RCP, sous le commandement du Capitaine Paumier a pour but de harceler les mouvements de l'ennemi sur les routes et voies ferrées entre Lyon/Saint Etienne/Vienne.
    Pour cette mission sont parachutés 37 hommes.
    Dont le stick VI du 3ème SAS de 10 hommes : Aspirant Claude Barrès, Sgt Toussaint Sisco, Cpl Yves Arnat,Cpl Raymond Hauser, Cpl Maurice Sanders, Jacques Bébon, Georges Chaboche, André Giusti, André Terrasson et Jean Lacloche de Vallombreuse.
    Le vol durera cinq heures.
    Au milieu de la nuit, un homme de l'équipage s'accroupit auprès de la trappe. Chacun serre son kit-bag autour de ses jambes et accroche son anneau à la static-line. La mission porte le nom de code "Jocworth", Claude Barrès commande le Stick VI du 3ème SAS largué sur la drop zone Heliotrope au Col de la Casse Froide, Marchampt (Rhône), dans les monts du Beaujolais, à 20 km au Nord Ouest de Villefranche-sur-Saône.
    Au lendemain de cette nuit miraculeuse Claude écrit :
    « Dès que la trappe arrière est ouverte, il faut d'habitude fermer les yeux, car à ce moment les poussières pénètrent dans la carlingue, mais aujourd'hui, j'ouvre les yeux ...
    Mes yeux accoutumés à l'obscurité distinguent aussitôt la terre ...
    La terre de mon pays. Toute la section ne fait qu'un. Je la sens toute entière tendue derrière moi ...
    Le moindre frémissement de chacun se transmet jusqu'à moi.
    On entend les bruits mêlés de l'appareil, de l'air et de la terre. Les hommes placent leur ventral de sécurité, bouclent leur sangle, rajustent leur équipement.
    »

    Claude, qui est très grand, est forcé de se tenir plié en deux, les bras appuyés de chaque côté de la carlingue. Au bout d'un quart d'heure, il ne peut réprimer des tremblements de fatigue et sent le poids de l'homme qui est derrière lui.
    « Encore cinq minutes, une seule pensée, vivement que cela finisse.
    Quatre minutes.
    Trois minutes.
    Deux minutes.
    L'avion ralentit.
    Je m'approche un peu plus. Aussitôt je sens tous les hommes qui, derrière moi, ont avancé. La tension se transmet par une sorte de long frisson. Je ne tiens plus que d'une main, l'autre portant mon sac. Ma tête est renversée en arrière pour voir les lumières.
    Feu rouge. Je hurle : "Action - Station." La tension s'accentue, mon bras est tendu à se rompre, seuls mes talons tiennent encore en haut de la trappe.
    Feu vert. "Go", j'ai crié alors que j'étais déjà dans le vide. Les hommes répondent : "Vive la France !" Puis c'est la giffle brutale.
    Le kit-bag trop lourd me distend le corps. Quelque chose a craqué, a glissé.
    Un moment d'angoisse indéfinissable qui me crispe tout entier…
    »

    Au sol ils sont accueillis par des résistants, ceux-ci s'étonnent de voir, parmi leurs libérateurs un si jeune enfant.

    Capitaine Claude BARRES Short_10


    (Photos site famille Barrés)

    ****************************

    Complément :
    (*) Sur une photo on peut voir qu’elle a pour origine le général Etienne Renard. Il se trouve que j’ai connu le général E. Renard quand il était capitaine …
    Le monde est très petit…

    Étienne Renard est un général de corps d'armée né le 19 février 1935 à Dombasle-sur-Meurthe, où son père, Georges Renard, était secrétaire général des usines Solvay. Sa mère, Anne Boidot, orpheline de guerre en 1914, a été élevée par les Barrès dont l'épouse Paule Couche était une de ses tantes. Elle choisit comme parrain pour son fils Claude Barrès, son petit-cousin, lequel tint une grande part dans la vocation d'Etienne Renard.
    Le général RENARD, général de Division et commandant les Ecoles de Coëtquidan, eut la joie et le privilège de donner à la 31e promotion de l'E.M.I.A (1991-1993) le nom de son glorieux parrain.
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    Message par junker le Ven 1 Mai - 16:15

    C'est presque une légende !! Tellement cette figure de guerrier c'est anobli par la pureté de ses sentiments !!
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    Message par CASTOR2 le Ven 1 Mai - 21:25

    Oui junker, ce capitaine, cet homme, inconnu malgré son nom, méritait quelques lignes…
    «Il agit comme s'il avait à se venger, à se venger de sa famille trop célèbre, du poids de tant de gloire et de bourgeoisie. Et, au lieu d'exhorter les autres à se battre, il se bat seul obscurément, avec un commando : un génie du feu, une flamme, un feu follet…. »
    «  Il est plus fort que la mort tout en sachant qu'il sera tué (...) »
    C’était au mois de mai en 1959, la baraka lui tourna le dos.
    Merci à patrouille de nuit d’avoir pensé à lui…  
    C’est ce qui le rend, aussi, plus fort que la mort.
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