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    Chronique du temps passé… au 13.

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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chronique du temps passé… au 13.

    Message par LANG

    Le temps passe, on oublie.
    Alors pour se rappeler quelques bons souvenirs rien de tel que de raconter des histoires.
    C’est une rediffusion (légèrement modifiée) mais si personne n’y voit d’inconvénient je vais me relancer.
    Bon... attendez, faut que je retrouve mes marques...
    Je vais commencer par m’équiper avec ce foutu harnais qui vous grignote l’entrejambe
    .

    Mon premier saut... au 13.


    … au 13ème RDP. (Il y a très longtemps).
    Jeunes sous-lieutenants nous avions été affectés à Dieuze avant d’avoir effectué le stage officier à Pau. Nous étions quatre : deux fantassins et deux cavaliers. C’était une erreur administrative car ce stage chef de section était obligatoire avant d’arriver dans une unité TAP. On nous a quand même gardés et nous sommes allés percevoir nos treillis à boutons pression et nos bérets règlementaires. Le treillis  bénéficia de quelques ajustements pour le rendre un peu plus « seyant » mais le couvre chef, malgré un lavage intensif, refusa de rétrécir… La casquette était originale mais petite et bien éloignée de celle dont nous rêvions, celle de Bigeard. Le temps n’était pas à faire des cadeaux aux parachutistes…
    Le départ pour Pau n’était prévu que dans deux semaines. Pour nous occuper sainement, on nous a fait participer à un exercice de survie dans les Vosges pendant une dizaine de jours !
    Nous avons été répartis dans les différentes équipes composées d’un mélange d’appelés et de cadres d’active.
    Au programme : saut en parachute par équipes en fin d’après midi, marche de nuit  avec itinéraire appris par cœur, bivouac à construire, nourriture à chercher et survie sur place avant de repartir pour une marche avec transport de blessé et récupération par hélicoptère. Pour pimenter l’affaire, le séjour vosgien se faisait sans cigarettes !
    Les équipes étaient chapeautées par des sous-officiers spécialistes en survie dont quelques-uns venaient du 11ème choc. Le grand expert était l’adjudant-chef Grisoni.
    C’était une mise dans le bain originale et dure-dure sans cigarettes. La décision avait été prise à la dernière seconde pour « agrémenter » l’exercice. Inutile de préciser que personne n’a eut le temps de s’y habituer. Du brutal je vous dis !
    Au passage, nous avons découvert un matériel (sacs de couchage, sacs, poncho etc.) d’une haute qualité. Et quel confort. Avec un tapis de sol sous le duvet et enroulé dans un poncho pour écouter la pluie tambouriner sur votre tête… Dans les TAP, tout le monde n’avait pas la chance d’en bénéficier. Le 13 faisait beaucoup d’envieux avec son matériel dernier cri qu’il était chargé de tester…
    Préparation des équipements, présentation des sacs, perception d’une seule ration survie, vérification de l’absence de cigarettes et nous voila en route pour l’aérodrome militaire de Metz.
    Ciel bas et couvert, pluie ; j’imaginais mal un saut dans ces conditions. En cas d’annulation un transport par camion était prévu. Horrible perspective !
    Arrivés sur place, perception des parachutes, équipement avec armes et bagages.
    J’ai fait comme on m’avait appris avec en particulier le fusil à crosse repliable placé dans la housse du parachute. Mes collègues sous-lieutenants avaient fait pareil. Une arme est quelque chose de précieux alors quand on saute on la protège…
    Confiant, j’attendais l’inspection par un moniteur.
    Il est arrivé, souple et rigolard dans ma direction. C’était un adjudant-chef. Inutile de préciser qu’il avait fait la guerre d’Algérie et même des séjours en Indochine. Il s’est planté devant moi, mains sur les hanches et le ciel m’est tombé sur la tête.
    - C’est comme ça que vous faites la guerre !  Inimaginable, incroyable mais qu’est ce qu’on vous a appris à l’école !
    Et me voila dégrafé de mon ventral, avec un fusil sorti de sa housse qu’il brandissait en poussant des cris de forcené.
    - Mon lieutenant, il faut avoir la possibilité de tirer dès l’arrivée au sol ! Vous croyez qu’ils vont vous laisser le temps de sortir votre arme du sac !
    Et de me remettre le fusil sur le ventre, de replacer le ventral et de bloquer la crosse et le canon en envoyant promener la housse de transport du parachute.
    J’étais devenu un combattant !
    Un combattant abasourdi et blême.
    En me retournant, je vis que tout le monde souriait. Cet adjudant-chef n’en était pas à sa première démonstration. C’était son coup préféré, et tous les nouveaux arrivants, gradés ou pas, y avaient droit.
    Un clin d’œil de mon tortionnaire m’a fait comprendre qu’il avait été heureux de m’apprendre quelque chose en faisant ma connaissance !
    Bien entendu, il recommença le même « cérémonial » avec mes collègues sous-lieutenants ! (*)
    Il faisait partie de ces sous-officiers à l’ancienne qui, mine de rien et avec une pédagogie originale, formaient les jeunes officiers. Ce régiment avait la chance d’en avoir beaucoup. C’étaient des seigneurs. J’ai eu la chance d’en connaitre quelques-uns…
    Bref, devenu guerrier des airs, nous voila tous dans le Nord Atlas.
    Direction les Vosges.
    Nuages bas, pluie, coups de vent, le trajet commençait mal. On ne voyait pas grand-chose par les hublots et d’après ma « petite » expérience des sauts tout ça devait se terminer par un retour à Metz et un départ avec les camions.
    J’en étais toujours à me lamenter sur la perspective d’une mise en place par la route lorsque les ordres fusèrent pour mon équipe.
    Debout accrochez !
    Nous devions sauter sur la première zone.
    Pas possible ! Par le hublot on ne voyait que des nuages ! Ce n’était pas possible ?
    Ben si, c’était possible ! Ces gens-là avaient une façon de voir les choses même quand on n’y voyait rien.
    Près de la porte qui s’est ouverte la lumière rouge s’est allumée. Je n’y croyais toujours pas mais le moniteur est passé très rapidement pour la vérification et nous nous sommes serrés vers l’avant. Encore quelques secondes et la petite chenille s’est mise en route. Du brutal peut-être ce 13 mais aussi du rapide…
    A la sortie, j’ai senti la pluie qui me frappait et l’ouverture du parachute m’a donné la confirmation qu’il pleuvait.
    On nous avait largués entre deux nuages. Ces gens-là sautaient par tous les temps !
    En regardant vers le bas, je me suis rendu compte que le sol était bigrement près. Sous la pluie et en dessous de 400 mètres, sans oublier le vent !
    Un saut pas comme les autres !
    Pas le temps de rêver, le sol est arrivé très rapidement et, les jambes serrées, j’ai fini par rejoindre l’herbe mouillée. Le terrain, grand comme un mouchoir de poche, était en limite d’une forêt, nous avions eu de la chance de ne pas atterrir dans les arbres… Ces Noratlas mine de rien avaient un sacré coup d’œil.
    Parachutes et casques ont été regroupés dans un coin pour être récupérés par du personnel au sol. Le temps d’enlever les galons, pour ceux qui en avaient, et nous voila partis sous la pluie…
    Le chef d’équipe, un lieutenant ancien, nous a suggéré de cueillir quelques noisettes vertes avant de nous enfoncer dans les bois. Sans conviction j’en ai mis quelques-unes dans la poche.
    Habitué au café du matin et au steak-frites, je ne savais pas que ma dernière heure venait de sonner. Sonnerie qui annonçait la fin de la récréation…
    J’y étais. Bienvenu à bord…

    ************
    Bon, voila un début. Peut-être vais-je continuer mes histoires ?
    L’histoire des bougies… ?


    (*) Remarque : le stage officier à Pau nous aurait évité cette mésaventure bien sympathique ! Notre « tortionnaire » était l’Adjudant-chef Messager. Le dimanche, quand il assurait la permanence, il était le chef de corps du régiment…


    Chronique du temps passé… au 13.  20160710


    Un article du journal « La Dépêche » de 2016.
    S'il est quelqu'un dans le canton de Trie qui méritait une très haute distinction nationale, c'est bien Jean Messager, qui a été élevé à la dignité de commandeur de la Légion d'honneur le 13 juillet, pendant la cérémonie veille de la Fête nationale, aux allées Leclerc à Tarbes, pour avoir, pendant presque vingt ans de sa carrière militaire, servi la France en Indochine et en Algérie.
    En 1950, il s'engageait dans les troupes parachutistes. Le conflit d'Indochine l'amena avec son unité à sauter dans la cuvette de Dien Bien Phu où, à peine âgé de 20 ans (il était le plus jeune para), il se battait héroïquement à un contre cinq Viets. Prisonnier, il passait plusieurs mois en captivité après une marche forcée de 700 km. Parmi les 3.000 survivants, il recouvrait la liberté.
    Un autre conflit l'attendait : l'Algérie, encore loin du sol natal, il y faisait son devoir. Après son temps militaire, revenu à la vie civile, il devenait représentant des éditions Bordas pendant vingt-cinq ans. De garnison en garnison, en France et en Allemagne, tout en parfaisant sa culture personnelle, il devenait un pédagogue auprès des militaires.
    Aujourd'hui, le voici en haut de l'affiche de l'ordre prestigieux de commandeur de la Légion d'honneur. Nous lui redisons combien nous sommes heureux de voir cette reconnaissance de la France pour sa brillante conduite et un si long temps passé loin des siens et de son épouse Solange - partie bien trop tôt et qui doit être fière de «son» Jean.
    Après la remise de la cravate de commandeur par l'adjudant-chef Henri Daléas, lui-même commandeur de la Légion d'honneur, Jean Messager a tenu à associer à la remise de cette décoration ses camarades morts au combat à ses côtés, citant des hommes exceptionnels, tels le commandant Brechignac (chef de bataillon) ; ses derniers chefs de corps les colonels Bizard et d'Harcourt, saluant un de ses soldats qu'il a eu l'honneur de commander et qui se souvient parfaitement de ses décisions à son égard, présent ce soir-là, venu de Montpellier.
    Jean Pérès

    Source : https://www.ladepeche.fr/article/2016/07/26/2390809-jean-messagera-ete-distingue.html

    Nota : bien entendu j'ai une encyclopédie Bordas...


    Dernière édition par LANG le Sam 23 Nov - 14:14, édité 4 fois
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chapitre 2. Et si on partait survivre dans les Vosges…

    Message par LANG

    Comme on est entre nous et que les histoires confidentielles ne sortiront pas de ce forum, je vous propose un petit épisode inédit.
    Il faut quand même que je vous raconte comment s’est passé cet exercice sans cigarettes.
    Vous êtes certainement nombreux à vous demander comment on peut rester sans manger (ou presque) sans fumer. Et bien c’est possible. Au 13, rien n’est impossible… Si, si…
    Bon, d’accord, ailleurs aussi. Je ne voudrais vexer personne…

    D’abord, comme il ne faisait pas suffisamment nuit, le lieutenant qui nous « coachait » (comme on ne disait pas à cette époque) nous a réservé une surprise.
    Un repos forcé au milieu des taillis en attendant de ne plus y voir très clair. Pas question de se déplacer de jour.
    Les commandos partent pour l’aventure
    Soleil cochant les salue…
    En attendant : du repos !
    Sympa me direz-vous, mais au 13, comme ailleurs, ne rien faire était très mal vu.  
    Alors pour nous occuper, il nous a déployé la carte par terre et nous a indiqué l’itinéraire pour se rendre au lieu du bivouac. Un coin perdu au milieu du massif des Vosges.
    Jusque là tout allait bien.
    Les choses se sont compliquées quand il nous a demandé d’apprendre chacun une portion de l’itinéraire par cœur. Nous étions cinq pour environ quinze kilomètres à parcourir. De chemins forestiers en pistes diverses avec des montées et des descentes. Et naturellement pas de panneaux indicateurs.
    Vous voyez, le genre de promenade que l’on fait en famille avec les gamins qui sautillent et le chien qui frétille…
    C’est ainsi que trois appelés maréchaux des Logis, un sergent d’active et un sous-lieutenant tout neuf se sont penchés sur une jolie carte chargée de livrer ses secrets.
    C’est le genre de moment où une équipe commence à se former.
    En dehors de deux appelés qui avaient faits le peloton d’élèves gradés ensemble les autres ne se connaissaient pas. L’équipe avait été constituée artificiellement pour faire une initiation à ce qui attendait une équipe de recherche. Bien entendu, une fois affectés dans un escadron de combat le personnel se connaissait. Initiation. Ce n’était qu’une initiation.
    L’étude de la carte nous a rapprochés car c’est ensemble, que tout naturellement, nous avons analysé le parcours avant de le répartir entre nous.
    Oui, c’était comme çà au 13, tous pour un, un pour tous quel que soit le grade.
    Je préciserai que l’entraînement à lire une carte était plutôt inégal. J’avais bien entendu un peu plus d’expérience mais on ne m’avait jamais demandé d’apprendre un itinéraire par cœur pour une marche de nuit, sans le secours d’une lampe de poche. De plus, je sortais de Saumur où en bon cavalier la marche à pieds se faisait dans une tourelle…
    A la nuit tombée, nous nous sommes mis en route avec le premier de cordée pour la portion initiale. Chacun avait un peu en tête le début du parcours et les corrections pouvaient se faire sans trop de difficultés. Mesurer la distance avec ses pas, un coup de boussole, franchissement d’un ruisseau, disparition de la piste, réflexion, demi-tour… Tout çà par nuit noire. Vous voyez, c’est simple…
    Avec le deuxième itinéraire, les choses se sont compliquées et au troisième… nous étions bel et bien perdus !
    Le lieutenant était ravi. C’est le résultat qu’il attendait. Sur le plan pédagogique c’était une réussite totale.
    Nous avons eu droit à une remontée de bretelles avec clin d’œil appuyé. Nous étions tous des nuls et j’en passe…
    Pour conclure sur une note d’humour, il nous a incrusté dans la tête que ce genre d’opération serait notre café quotidien une fois en équipe de recherche.
    Je me suis demandé pourquoi j’avais choisi ce régiment…
    Grâce au guide suprême, nous avons repris le bon chemin et un peu avant le lever du soleil nous sommes arrivés sur le lieu du rendez-vous.
    Aucun café ne nous attendait mais nous avons eu la surprise de découvrir que les autres équipes « logeaient » dans le même secteur. Cela permettait de faire des présentations groupées par les différents instructeurs et de visiter les emplacements des différents bivouacs.
    La première opération concernait la réalisation d’un abri.
    Les sapins des Vosges sont généreux et nous sommes arrivés plutôt facilement à construire des logements décents. La pluie qui nous a arrosés le lendemain a permis de se rendre compte que la toiture est un détail capital. A défaut, heureusement, nous avions nos ponchos…
    La faim tenaillait nos entrailles. Un calcul rapide aurait permis de savoir depuis combien d’heures notre tube digestif attendait de déglutir mais personne n’a levé le doigt pour donner le résultat…
    Restait plus qu’à écouter nos instructeurs.
    Apprendre à poser des collets ou des lignes de fond c’est bien mais il faut savoir attendre.
    Ce que nous avons fait en préparant un feu pour boucaner un morceau de viande découpé en petits morceaux. Pas question d’en manger c’était une réserve stratégique. Vous ne pouvez pas imaginer le supplice représenté par ces pastilles de viande en train de répartir une odeur de grillade…
    Pour calmer un estomac particulièrement de mauvaise humeur, j’ai retrouvé une idée de gamin. Pour donner l’impression de fumer on découpait une grosse liane pour en faire une cigarette.
    Perdu pour perdu pourquoi pas !
    Le résultat fut particulièrement décevant. Je vous laisse imaginer les conséquences sur les poumons. Mes collègues m’ont regardé d’un drôle d’air en se demandant où j’étais allé chercher cette idée.
    Un estomac inoccupé doit être occupé.
    Alors nos instructeurs, après plusieurs présentations, nous ont envoyés seuls ou par deux à la recherche de nourriture.
    Pas de supermarché en vue.
    En dehors de fruits ou de plantes sauvages comme les carottes et des champignons que voulez-vous trouver ?
    Et les plantes sauvages vous connaissez ? Et les champignons vous savez lesquels sont bons ?
    Même avec une bonne présentation ce n’est pas évident. Et quand vous n’avez pas l’instructeur survie à côté de vous vous avez forcément des doutes. Remarquez, à la fin j’ai fini par savoir reconnaitre une girolle (et depuis je n’ai pas oublié)…
    Le programme d’activité était simple : recherche toute la journée et regroupement en fin d’après-midi en apportant la récolte qui devait servir pour le repas commun du soir.
    Quelle déception de voir l’adjudant chef Grisoni faire le tri de nos champignons et de nos légumes. Il ne restait plus grand-chose en dehors des pommes et des cerises sauvages.
    Le repas de l’équipe était vite fait et seul le morceau ridicule de viande boucanée arrivait à nous remonter un peu le moral.
    Un jour pourtant nous avons fait une prise magnifique. Non, ce n’était pas du poisson ou un lapin. C’étaient des betteraves ! Nous avions découvert un champ en lisière de forêt et bien entendu nous avons déterré ces précieux légumes et replanté les feuilles pour ne pas attirer l’attention. Ce devait être un régal pour le soir.
    On ne peut pas parler de festin. Même agrémentée avec du sel d’une pierre de sel, déposée par les chasseurs, une betterave sucrière a un gout particulier…
    Le casque lourd qui servait de casserole dans chaque bivouac était devenu un rendez-vous culinaire très prisé. En faisant le tour nous pouvions constater que tout le monde n’était pas au même régime. Ceux qui étaient chapeautés par l’adjudant chef Grisoni méritaient la toque du grand chef étoilé. Voir une quantité énorme de champignons danser dans un casque plein à ras bord, quel spectacle pour des yeux affamés ! Une soupe du soir que nous aurions aimé partager mais à chaque équipe sa soupe ! Nous étions disciplinés et nous n’avons pas fait « craquer nos limites ».
    Pour se réconforter nous avons rendu visite à une autre équipe dans laquelle se trouvait mon camarade de l’infanterie.
    Il y avait de quoi se remonter le moral ou… de faire une dépression. Dans le casque lourd flottait, misérable et chétif, un petit moineau attrapé on ne sait trop comment. Un festin pour cinq !
    Nous sommes rentrés pour déguster notre dessert constitué de pommes cuites garnies de mures…
    Nous étions en été. C’est avec inquiétude que nous avons pensé au même genre de stage qui se déroulait en hiver… C’était d’autant plus angoissant que la pêche ou la pose des collets pratiqués par des néophytes avait un rendement nul. Il était conseillé d’avoir un connaisseur ou un ancien braconnier dans son équipe…
    Même les bonnes choses ont une fin et le jour tant attendu est arrivé. Nous avions l’autorisation de consommer notre boîte de ration. Un délice, un festin, une renaissance !
    Vite avalé et aussi vite oublié.
    Il était temps de plier bagages, de tout nettoyer sans laisser de traces et de passer à la dernière phase : Exfiltration de nuit pour rejoindre la zone de récupération par hélicoptère.
    La délivrance au bout du chemin.
    Mais il y avait une petite formalité.
    A tour de rôle un membre de l’équipe devait jouer au blessé et se faire transporter par les autres.  
    Du sport ! Les paras adorent le sport.
    D’abord, il s’agit de fabriquer un brancard et de préférence avec des branches qui tiennent et pas trop lourdes s’il vous plaît.
    Ensuite ? Ensuite, c’est un jeu d’enfant. Un gars qui coince la bulle au milieu et deux de chaque côté pour le porter. Simple non ?
    Sauf que de nuit, sans y voir, sous la pluie et en terrain « hostile »(en raison des pentes) c’est devenu disons, compliqué.
    Autre détail important. On nous avait conseillé de conserver le pemmican (sorte de pâté de viande séchée que tout le monde adore je pense !) et de l’avaler juste avant de partir pour « prendre des forces ». Le seul effet sensible de cet ingrédient fut la soif !
    Et quelle soif ! Une soif horrible.
    Nos bidons n’y ont pas résisté.
    Le chemin de croix, vous connaissez ?
    Le trajet s’est transformé en radeau de la méduse et je ne sais pas comment nous avons fait pour arriver au bout…
    Mais au 13, rien d’impossible, nous y sommes arrivés, même au-delà…
    Et, « ILS » sont arrivés.
    Ah ce bruit de pales !
    Cette musique au milieu de la pluie. Ces pilotes de l’ALAT quels maestros !
    Un chant qui vous ressuscite. C’était le chant secret du 13…
    Et papa tango charlie nous a emportés à Dieuze.
    A l’arrivée, nous nous sommes rués vers la cuisine ou les mess.
    On nous avait conseillé de ne pas trop forcer. L’un d’entre nous n’a pas résisté et a ingurgité pratiquement trois repas. Il s’est retrouvé hospitalisé d’urgence…
    Quand je pense à toutes ces publicités pour faire maigrir. Je connais pourtant une solution toute simple. Un petit séjour dans les Vosges…

    Voila, après cette histoire, je vais pouvoir vous parler de bougies.
    Oui, oui, de bougies…  vous allez voir (!!!).


    Dernière édition par LANG le Sam 23 Nov - 14:13, édité 1 fois
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Re: Chronique du temps passé… au 13.

    Message par junker

    OH , combien j'aurai voulu décrire mes aventures avec ta verve et ton élocution, c'est pas mal ton histoire, pour être vivante elle est vivante !!
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Re: Chronique du temps passé… au 13.

    Message par LANG

    Merci junker mais mon histoire n'est qu'une petite histoire, une histoire de gamin…
    C'est vrai, j'aurai bien aimé vivre la tienne et la raconter.
    Mais tu sais, quand on te lit on y est tout à fait.
    Alors, tu penses à nous rappeler quelques passages ?
    On a besoin d'avoir un peu mal aux pieds et... au cœur.

    Chronique du temps passé… au 13.  Gp11
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chapitre 3. LES BOUGIES du 13.

    Message par LANG

    Bien entendu après cette cure dans les Vosges nous avons pris la route du sud-ouest vers une ville inconnue dont le nom claque comme un pépin qui s’ouvre : Pau !
    Cette histoire est déjà connue alors je n’y reviendrai pas. Je l’aie racontée il n’y a pas très longtemps. Voir  ICI

    Sachez simplement, qu’en dehors d’un séjour agréable avec des gens qui sautaient en parachute, j’y ai également fait la connaissance de Jean-Pierre et de ma future épouse…

    Passons à cette histoire de bougies. (Légèrement revue après la première version).

    C’est vrai, j’avais parlé d’une histoire de bougie. Mais, après réflexion, je pense qu’il est préférable d’éclairer la scène avant d’entrer dans le vif du sujet.
    « Eclairer, éclairer, je vous assure cher collègue vous avez dit éclairer ».
    Alors, éclairons.
    Quand je dis éclairer, j’entends par là remettre mon affaire dans le contexte. Et le contexte et bien c’est, comment dire… un peu délicat à expliquer. Non, il n’y a pas de « secret défense » mais un peu quand même. (Cà c’est pour maintenir le suspense. Vous pensez, des infos sur le 13 sans rester mystérieux… Impensable.).
    Des « crimes » ?
    Les « crimes », jusqu’à nouvel ordre, sont prescrits par dix ans.
    Et, heureusement, il n’y a pas « crime » ni criminels, donc sur le plan pénal je ne risque rien ! Et vous non plus !
    Alors, pour faire simple, disons que mon affaire se situe dans un pays imaginaire avec des gens parfaitement imaginés et comme cela remonte à plus de cinquante ans n’ayez crainte vous ne serez pas considérés comme complices si vous prenez le temps de me lire…

    Quelques notes d’ambiance pour commencer. Musique !
    Pour le lieu, c’est très simple. Vous prenez une carte, vous filez droit vers l’Est, le grand Est (comme on dit aujourd’hui), et là où se trouvent plein d’étangs et bien c’est là.
    Des étangs destinés à arrêter les hordes teutonnes qui avaient tendance à vouloir revenir dans leur province perdue. Nous étions les plus forts mais ils étaient passés ailleurs et aujourd’hui, à défaut d’attraper des sangsues, on y pêche…
    Duss (en langage ancien)…autrement dit Dieuze.

    Chronique du temps passé… au 13.  Kasern10

    Une petite ville, un peu perdue il faut le reconnaître. Avec des bâtiments de briques rouges d’un autre temps dont personne ne savait trop quoi faire depuis que les cousins germains étaient partis.

    Revenu du stage chef de section de l’ETAP (1965), j’ai retrouvé ma vieille caserne en briques rouges. (Je ne saurais préciser s’il y avait une « Lanterne » à l’entrée…).

    Vor der Kaserne
    Bei dem großen Tor
    Stand eine Lanterne
    Und steht sie noch davor
    So wollen wir uns wieder seh'n
    Bei der Lanterne wollen wir steh'n
    Wie einst Lili Marleen'…


    Une belle chanson qui a fait couler des larmes y compris chez les anglais…
    Donc… j’en reviens à mon histoire.
    Abandonnée par les Uhlans, cette « vieille Kaserne  oubliée » avait été « retapée » par des Dragons à leur arrivée en 1963. Et, ils n’ont pas chômé, le travail ne manquait pas ! Des murs à retaper, des débris à évacuer… C’était devenu un chantier de travaux publics.
    Cette caserne était restée dans la famille me direz-vous ?
    Pas tout à fait, car ces Dragons n’avaient pas de chevaux (sauf  3 ou 4 pour le principe), ni de blindés mais des véhicules sur roues. Vous voyez, genre camions et jeeps. Rien à voir avec un régiment du génie et pourtant pour remuer la terre ils s’y entendaient.
    Pour des Dragons c’était original.
    Et les petits jeunes qui arrivaient… Oui, j’ai déjà raconté l’histoire. Les petits jeunes recevaient leur feuille de route avec la mention 13ème Dragons, et leur père disait : » tu as de la chance, ils ont des chars, tu ne marcheras pas beaucoup à pieds ». Les pères se trompent parfois…
    J’allais l’oublier, ces Dragons avaient aussi des parachutes mais ne les utilisaient pas tous les jours. Peut-être aussi un avion pour y monter et peut-être sauter, va-t-on savoir ? Mais il était très loin du côté du Nord, il était très gris et ne venait pas à Dieuze car les gars en hélicoptères occupaient toutes les pistes.  C’est vrai, sur la grande place, au milieu des bâtiments rouges, se posaient parfois des engins à aile tournante qui ressemblaient à des Sikorski avec de bons moteurs Szydlowski .
    Oui, Szydlowski, vous savez, l’inventeur des moteurs d’hélicoptères, amoureux du Béarn qui l’avait recueilli et qui a construit son usine chez les parachutistes à côté de Pau. Ce patron était un homme charmant et un travailleur fou. Son usine avait été construite autour de sa maison mais il passait le plus clair de son temps dans les ateliers. Quand il faisait effectuer des essais sur ses moteurs une sonnette retentissait dans sa chambre pour lui indiquer que l’essai était terminé. Il se précipitait aux résultats au milieu de la nuit. Il faut croire que c’était efficace car il fabriqua de bons moteurs… Son épouse était compréhensive, très compréhensive…
    Turboméca, ça vous dit quelque chose non ?
    Mais où ai-je la tête, je m’éloigne du sujet…
    Revenons à ces Dragons de l’Est.
    Qui, entre parenthèses, rêvaient d’un transfert du régiment dans le sud-ouest. Le bruit courait régulièrement et bien entendu à chaque fois on disait que ce déplacement était reporté à cause du général Mas… Ce général parachutiste se trouvait dans l’Est et bien entendu, il lui fallait donc un régiment parachutiste à proximité !
    Si on veut être honnête, il faut aussi préciser que ce général avait, quand il était très jeune, passé quelques temps dans cette région. A Sarreguemines en juin 1938 au 41e RMIC. Par la suite, il avait beaucoup voyagé…

    Chronique du temps passé… au 13.  Massu_10


    Alors certains en venaient à souhaiter que ce général soit muté dans le sud…
    Quand le régiment fut transféré, bien longtemps après, tous ceux qui en avaient rêvé étaient depuis longtemps à la retraite…
    En attendant, les Dragons étaient des gens occupés le plus souvent à des travaux de maçonnerie et de terrassements…
    Oui, redresser des murs qui avaient souffert du temps et faire des trous, oui des trous, faisaient partie de leurs grandes occupations... Tiens, pourquoi des trous ? Mystère…
    Ne m’en demandez pas plus sur ce sujet, je ne suis pas un spécialiste du bâtiment…
    Ce que je peux vous dire c’est qu’ils n’avaient pas leur pareil pour manipuler la pelle et la pioche. Et dans certains escadrons, ces « outils » faisaient même partie du lot de bord. Je veux dire par là qu’ils ne se quittaient plus. On dort avec, on mange avec, on saute avec…

    *******************

    COMPLEMENTS :
    Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur les hélicoptères Turboméca je vous propose l’histoire de Safran  en vidéo. C’est l’histoire d’une entreprise où les gens se sentaient bien. C’est devenu rare. (Durée 30 minutes environ)




    Et pour ceux qui veulent en savoir un peu plus encore sur l’histoire de Turboméca :
    Voici l'adresse de l' Association des Amis du Patrimoine Historique de Turbomeca
    https://www.amis-turbomeca.com/


    (à suivre)


    Dernière édition par LANG le Dim 24 Nov - 21:19, édité 3 fois
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Re: Chronique du temps passé… au 13.

    Message par junker

    Fantastique histoire de Turboméca !!! De Grands spécialistes à la pointe de la technologie !!!
    junker
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chapitre 4. Les Bougies du 13.

    Message par LANG

    ……….. Suite.

    Mais, en dehors des murs de briques rouges, j’ai également retrouvé mon tortionnaire.
    L’adjudant chef Mess… qui m’avait « conseillé » pour mon premier saut au-dessus des Vosges était toujours là et régnait en maître du régiment le soir et pendant le week-end.
    Il savait parler haut et fort si quelqu’un s’aventurait à vouloir sortir en ville sans avoir une tenue impeccable.
    Il savait aussi remplacer l’officier de permanence du week end quand un évènement imprévu survenait. Il faut reconnaître que ce régiment, spécial je vous dis, enfermait un lieutenant dans une pièce du samedi midi au lundi matin. Quand je dis enfermé c’est enfermé, porte verrouillée de l’extérieur. Par les soins de l’A/C Mess…, alors aucune chance de s’échapper !
    Elle ne s’ouvrait que pour le plateau repas. Et, je ne m’en rappelle plus très bien mais il me semble qu’il fallait demander l’autorisation d’aller aux toilettes !
    Pire que les arrêts de rigueur je vous dis. Pas de radio, pas de télé mais un téléphone et un dossier de consignes. On était censé appeler tel numéro dans tel cas, un autre dans tel autre etc. Bref, c’était « compliqué », comme on dit aujourd’hui, ce qui devait justifier une présence permanente le nez au-dessus du cahier de consignes…
    Heureusement, l’A/C Mess… savait faire preuve d’initiative en cas d’évènement prévu sur les fiches ou le plus souvent imprévu...

    Ce régiment, vraiment un peu particulier, disposait d’autres adjudants-chefs tout aussi remarquables et originaux.
    L’A/C Gri… par exemple, spécialiste en survie qui n’avait pas son pareil pour trouver de très beaux champignons tous aussi mangeables les uns que les autres.
    Il était légèrement « enrobé » et on se disait que les exercices de survie ne devaient pas le gêner beaucoup. Normal, il connaissait parfaitement toutes les plantes et dans son équipe on avait une bonne chance de manger quelque chose…

    Chronique du temps passé… au 13.  Acgris10
    ( Là, dans la neige, c’est son truc pour allumer un feu avec un morceau de chemise calcinée, un couteau et un silex. Et ça marche ! Mais faut le coup de main ! La main gantée à droite c'est la mienne...)

    Survie. Oui, un Dragon se devait de réfréner son appétit, alors il s’entraînait.
    Pourquoi ces exercices ? Et bien on peut facilement comprendre qu’en temps de guerre il n’est pas toujours facile de trouver à manger. Perdu au fin fond d’une nature hostile un Dragon devait apprendre à survivre pendant plusieurs jours voire plus. On est d’accord.
    Certains y trouvaient une autre raison.
    L’allure, le look, la minceur mannequin ?
    Peut-être. Un parachutiste doit être beau ! On est toujours d'accord !
    D’autres y voyait une raison plus « terre à terre » : avec le poids qu’il fallait emporter pour le saut on a intérêt à être le plus léger possible… Ceux qui ne sont pas d'accord veuillez lever la main !
    Tiens, ça me rappelle un exercice de survie en plein hiver.
    Les équipes étaient parties avec des rations survie à expérimenter mais en quantité limitée. De plus, certains produits, comme la poudre anti-requin, étaient plutôt inadaptés... De la poudre anti-requin pour les ruisseaux de Lorraine ? Cela devait être voulu par un officier opération particulièrement scrupuleux ! (En fait, il s'agissait de rations de l'armée américaine).
    Bref, comme en plein mois de janvier il est difficile de trouver à manger on leur avait donné un mouton.
    La brave bête était partie avec tout le monde en prenant l’hélico. Un mouton des Pyrénées dans un Sikorski ! Bon, je plaisante.
    Au bout de quelques jours cet animal était devenu un compagnon sympathique. Tellement sympathique qu’on se dévouait pour lui trouver quelque chose à manger. Et personne ne voulu le transformer en méchoui ! Il prit donc le chemin du retour en hélicoptère comme tout le monde.
    Ce fut un scandale à l’arrivée.
    Un haut responsable qui n’aimait pas les moutons sur pieds - je suppose – exigea et ordonna l’application de la peine capitale sur le champ.
    Un membre du détachement se dévoua à contre cœur.
    Oui, un estomac vide n’empêche pas d’avoir du cœur…

    Mais j’en étais à parler des adjudants-chefs.
    L’A/C Hen… faisait la séance de sport du matin avec son peloton dans la même tenue que ses hommes. En short, malgré les températures négatives. Silencieux et réservé, il avait pourtant la possibilité d’être en survêtement. Les jeunes venant à peine d’arriver n’avaient pas encore eu la possibilité d’acheter des survêtements au foyer. A chaque nouvelle incorporation, l’A/C Hen… se mettait en short…
    Vous connaissez ? Le short kaki clair avec la ficelle. Par moins 15°, il faut beaucoup courir…
    Et dans ce régiment, heureusement, on courait vraiment beaucoup.
    Des exemples. Ces seigneurs d’un autre temps, savaient montrer l’exemple. D’un air de rien. Mais quelle pédagogie, et pourtant ils n’avaient pas suivi de cours !
    Ces cours où on vous apprend à parler pour parler aux autres et les convaincre qu’ils ont compris. Excusez-moi, je m’éloigne mais je continue.
    A dire vrai, c’est parce que je me souviens de mon père.
    Cet homme avait commencé à travailler à 14 ans au fond de la mine. Au fur et à mesure, il était monté en grade. Un jour, alors qu’il avait presque 40 ans de Mines derrière lui, il a été envoyé en stage de formation. C’était devenu la mode. Vous voyez, ça n’a pas changé depuis. Et aujourd’hui avec les qualifications ISO, qualité quand tu nous tiens… Formation, formation…
    Et j'allais oublier : grands débats, grands débats...
    Le but était : comment enseigner à des subordonnés.
    Il était rentré et m’avait montré des fiches qu’on lui avait remises à la fin du stage. C’étaient des petites fiches vertes en aluminium, je m’en rappelle encore. Dessus il y avait marqué : si l’ouvrier a mal exécuté c’est que le chef lui a mal expliqué.
    Mon père m’a regardé, et avec un sourire m’a dit : « tu me vois en train d’expliquer à un gars au fond de la mine devant la haveuse comment manier la pelle ! »

    Chronique du temps passé… au 13.  Mineur10
    (Mineur plaçant un élément de soutènement. Il enjambe ce qu'on appelle le "panzer". On peut remarquer que sa tête est du côté du toit qui n'est pas soutenu...)

    Hors sujet ? Aucun rapport avec mes Dragons ?
    Et bien détrompez-vous.
    Mon histoire de « mine de charbon » a plusieurs points communs avec le 13.
    D’abord, une mine c’est un trou très profond et sur ce point ceux qui connaissent un peu savent ce que je veux dire…
    Ensuite, comme les parachutistes, les mineurs sont des gens qui sont « largués » à une certaine altitude. Ceux de Lorraine c’est plutôt un saut d’entraînement à haute altitude pour arriver à moins 1200 mètres, les « chtimis » préfèrent les sauts opérationnels un peu plus bas…
    Enfin, dans ces années-là, une équipe du 13ème RDP était descendue au fond d’une mine, sur invitation des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL). Oui, une équipe de recherche « spéciale ». Il s’agissait du chef de corps le colonel d’Harcourt et de quelques membres de son état-major. Certainement pour s’informer sur les différents types de soutènements…  Mon père avait fait partie des accompagnateurs. J’ignore s’ils ont parlé de pelles et de pics…

    Tenez, une petite vidéo au passage…
    Charbon lorrain 100 ans


    L’A/C Hen… n’avait pas suivi de formation pour apprendre à ses hommes à courir en short kaki par moins 10°…
    Un Dieu… sans diplômes.

    Je poursuis avec mes adjudants-chefs.
    Nous avions un bureau commun  pour plusieurs chefs de pelotons.
    L’A/C Sch… qui était derrière son bureau à quelques mètres du mien savait écouter sans rien dire. Parfois, en passant, avec un petit sourire et un clin d’œil, il me disait avec son accent germanique : « Vous savez, mon lieutenant, le gars que vous avez reçu tout à l’heure il vous a raconté des histoires Vous faites comme vous voulez mais faites attention quand même ». Et il partait en déplaçant sa grande carcasse.
    Ancien du 11ème , comme la plupart des autres d’ailleurs, il avait, à la « belle époque », effectué quelques « missions » en Allemagne de l’ouest. C’était un endroit qui acceptait la présence de leaders du FLN…
    L’adjudant chef Sch… n’avait pas son pareil pour accompagner son peloton au réfectoire quand ce dernier avait fait preuve disons, de « nonchalance » ou de « manque d’énergie » pendant l’exercice du matin. Je le revois encore, poncho sur le dos, sous la pluie, suivant lentement ses trente ou quarante recrues allongées par terre. Quatre vingt mètres à parcourir en rampant jusqu’au réfectoire… « Cà va les aider à se concentrer pour l’après-midi… » me disait-il…
    Il était respecté et adoré de ses hommes qui le surnommaient « Tonton ».
    En l’observant à la dérobée, j’ai appris comment on pouvait dormir avec un tapis de sol surmonté d’un poncho fixé au ras du sol…
    Encore un Dieu… qui savait manier la foudre.

    Chronique du temps passé… au 13.  Ac_sch10

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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chapitre 5. Les Bougies du 13

    Message par LANG

    …. Suite


    Il y avait beaucoup de Dieux dans ce régiment mais je ne peux pas les évoquer tous.
    Des maréchaux des logis chefs ayant commandé des Harkas ou des sergents aux états de service éloquents.
    Beaucoup d’officiers étaient du nombre..
    Pour ne pas en citer : de Courson, d’Harcourt, Bizard, Morbieu, Renaud, Heux, Gaget… Chacun ayant déjà un passé bien rempli…

    Mais tout le monde faisait preuve de discrétion.
    Discrétion, c’est le mot…
    La mission, donnée en 1963, tout le monde la connait aujourd’hui : reconnaissance profonde en territoire ennemi. Ce qui signifie « tout simplement » : se donner les moyens d’y aller, d’y séjourner et de rapporter ou transmettre des informations.
    Vaste programme qu’il fallait mettre au point. Un programme à base d’expérimentations en tous genres. Ce fut une époque fantastique…
    Pour y arriver… et revenir (si possible). Il faut s’entrainer et s’instruire.
    A noter que la devise « Au-delà du possible » n’est venue que plus tard (à ma connaissance). Vraisemblablement parce qu’on s’est aperçu que ce qui était demandé à ce régiment n’était pas évident…

    Bien entendu, l’instruction des appelés, qui faisaient un service de 16 mois, était notre priorité. Je n’ai pas l’impression qu’ils s’ennuyaient… même si cela n’était pas forcément « plaisant » tous les jours…
    Maxime Leforestier n’était pas resté longtemps et Christophe venait de nous quitter pour chanter « Aline »…
    Tiens Christophe !

    Chronique du temps passé… au 13.  Christ12
    (photo lucie-bevilacque site exhibition magazine wax)

    J’ai vu passer un article dans lequel il parle du passé. Voici l’extrait concernant son passage à Dieuze.

    Chronique du temps passé… au 13.  Christ16

    Source pour lire l’article complet: https://www.exhibition-magazine.com/projects/christophe/wax
    J’ai eu sous mes ordres un maréchal des logis qui a bien connu Christophe pendant son passage au 13. Il en avait gardé quelques souvenirs sur lesquels je resterai discret… En lisant le texte, je comprends que Christophe ait conservé une « obsession » pour le nettoyage. Dommage qu’il soit « parti » si vite. Après avoir sauté d’un avion en marche, je suis persuadé qu’il aurait conservé des souvenirs plus enrichissants…  

    A cette époque le 13 avait des appelés. L’Armée dans la Nation ou l’inverse…
    Dans un premier temps, il était nécessaire de leur apprendre quelques bases avant de les envoyer en escadron de combat où une formation spécifique leur serait donnée.
    L’escadron d’instruction (EI) assurait la formation de base jusqu’à l’obtention du brevet para. Le 1er escadron était chargé des élèves gradés et organisait des stages d’initiation.
    A l’époque, tout était bien prévu et il y avait les fameuses fiches FCB sensées former toute l’armée française. Je ne me rappelle plus la signification (Formation du Combattant de Base ?) mais elles décrivaient laborieusement les séances que nous devions « infliger » à nos petits jeunes pendant les premières semaines. Je dis infliger car ces fiches étaient très détaillées, et parfois trop détaillées pour nos appelés qui étaient d’un niveau élevé.
    (Passée la première période d’expérimentation, ces fiches furent « adaptées » à la formation spécifique du 13).
    Un officier « recruteur » du régiment passait son temps dans plusieurs centres de mobilisation pour « sélectionner » nos recrues selon un certain nombre de critères.  A l’époque, il y avait une note donnant le niveau général. Il sélectionnait, quand cela était possible, ceux qui étaient au moins au-dessus de 10/20. Beaucoup  étaient au-dessus de 15/20 et certaines fiches FCB étaient totalement inadaptées à nos Dragons.
    Les chefs de pelotons prenaient l’initiative d’adapter leurs enseignements. Rigueur oui, mais au 13 on s’adapte. Inimaginable dans d’autres unités…
    Ainsi, la fiche concernant la réaction à un tir d’artillerie se faisait en se rendant au champ de tir. Quelques grenades offensives (réelles) faisant office de bombes et tout le monde plongeait dans les fossés…
    Ces grenades avaient d’ailleurs beaucoup d’intérêt car elles servaient aussi pour des exercices divers comme des combats de nuit. Avec quelques « inconvénients »… On se demande pourquoi, le régiment recevait des plaintes d’agriculteurs pour des trous constatés dans leurs champs…
    Nos « petits jeunes », à qui était proposé de sauter d’un avion en marche, acceptaient pratiquement tous et finissaient par faire un petit tour à Pau. Bien entendu, on les présentait à la famille : tour d’arrivée, pseudo carlingue grillagée et naturellement ils avaient tous un faible pour la tour de départ la fameuse « Brigitte » (en fin de service à cette époque)…
    Antoine chantait «  Quand on aime on a toujours vingt ans… ».

    Revenu vers le beau ciel gris de Lorraine, une très grande majorité suivait les pelotons d’élève gradés (CA1, CA2…). Le Dragon élève gradé ne chômait pas. Entre le sport, les séances d’instruction, l’entraînement au tir, l’ordre serré, les marches de jour ou de nuit, la topographie et les exercices divers, les activités ne manquaient pas. Voyages en camion et promenades en hélico permettaient de voir du paysage.
    Hiver comme été la Lorraine est pleine de charme…

    Chronique du temps passé… au 13.  Hzolic13

    (Et bien entendu quand on les entendait arriver tout allait mieux et on avait moins froid…)

    Et un petit parcours du risque pour démarrer la journée n’était pas pour déplaire…

    Chronique du temps passé… au 13.  Parcou11

    Quelques « petites » manœuvres ponctuaient la fin des différentes formations.
    Au cours d’un parcours effectué en petites équipes de deux ou trois nous avons frôlé l’incident diplomatique.
    Comme chacun le sait, à cette époque,  la France était un territoire « occupé » par nos « amis » américains. Notre Président entretenait des rapports tendus avec eux et affichait sa volonté de les faire quitter le territoire national. En attendant, les bases américaines étaient devenues des sortes de forteresses. Nous en avions dans notre « secteur » d’activités. Au cours d’un exercice, un trio, ayant à sa tête un cadre d’active, trouva plus rapide de couper à travers la base en franchissant les clôtures grillagées. L’inconvénient d’une base américaine c’est qu’elle est gardée. Et celle-là était bien gardée. Une patrouille avec des chiens intercepta « gentiment » l’équipe qui se retrouva en cellule sous l’inculpation d’espionnage. Les américains étaient des brutes et n’avaient aucun sens de l’humour.
    La libération fut laborieuse…
    Une autre formation complémentaire était dispensée à une partie du personnel. Après sélection, certains suivaient des cours de transmission. Cette « filière », qui représentait une caractéristique importante du régiment, était un véritable état dans l’état ! Je n’en dirai pas plus…
    Des stages intensifs chez les transmetteurs faisaient que le soir, et c’était pareil pour le personnel d’active, tous les stagiaires entendaient les oiseaux chanter de drôles de mélodies ! Les non initiés avaient du mal à entendre la même chose. C’était dans le genre : Ti Ti Ti Ta ou Ta Ti TaTaTa , je ne sais plus très bien. Les TiTiTiTa revenaient le plus souvent et c’était une véritable obsession. Ils passaient leur temps à décrypter les chants d’oiseaux …

    Pour résumer, disons qu’il y avait des oreilles, des yeux et des jambes pour marcher.
    En les mettant ensemble avec un parachute sur le dos et des sacs hyper remplis on pouvait faire une bonne équipe…


     
    Chronique du temps passé… au 13.  Titita11


    (à suivre...)
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Re: Chronique du temps passé… au 13.

    Message par place d'armes


    Merci Lang pour ces chroniques du temps passé.
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Chapitre 6. Les Bougies du 13.

    Message par LANG

    … Suite

    … Nous avions donc beaucoup d’adjudants-chefs, beaucoup de chefs de pelotons, plein de sous-officiers d’active quelques officiers supérieurs et une immense majorité de caporaux-chefs et de sergents appelés.
    A Dieuze se trouvaient les escadrons chargés de l’administration et de la formation ainsi qu’un escadron de combat le 3ème escadron.
    Un autre escadron de combat avait été détaché « au loin », c’était le 2ème escadron. Il était pratiquement autonome et se « prélassait » au bord du Lac de Constance, le Bodensee. A deux pas de la Suisse sous l’œil bienveillant des Alpes Bavaroises avec sa bière de Munich et ses charmantes « Gretchen » sans oublier les fameuses saucisses !
    Enfin, quand je dis prélasser c’est pour mentir un peu…
    Petite particularité pour les escadrons de combat, comme on en était au stade des « expérimentations », il se trouvait que  personne n’avait exécuté les nouvelles missions qui avaient été attribuées à ce régiment en 1963. Hormis ceux qui partaient sur le terrain bien entendu.
    C’était un peu le monde à l’envers : ceux qui en revenaient, les plus jeunes donc, apprenaient en quelque sorte le « métier » aux plus anciens.
    Il faut reconnaître que c’était « valorisant » !
    Voir un supérieur chevronné vous écouter et boire vos paroles lors des débriefings…
    Ce genre de » satisfaction » a bien entendu disparu avec les années…
    Tout ce monde se promenait en béret rouge et ceux qui étaient en casquettes (petites et pas du tout Bigeard) se remarquaient, car généralement ils revenaient de manœuvre avec une barbe de, disons, au moins une semaine…
    Pour des cavaliers ne pas se raser. My God !
    Et bien oui, ces gens-là ne se rasaient pas quand ils partaient au loin (très loin) pour de nombreux jours voire plus.  
    Les seuls à être gênés (mais ce n'est pas vrai !) étaient ceux qui étaient vraiment des cavaliers.
    Je veux dire qui n’étaient pas biffins, artilleurs, sapeurs ou transmetteurs. Car, en effet, ce régiment accueillait des gens de partout !
    La plus grande partie était quand même composée par des cavaliers, des fantassins et des transmetteurs.
    Pour mettre tout le monde d’accord (!!) certains postes étaient attribués à certaines « Armes ».
    Le chef de corps était un cavalier puisque le régiment était un régiment de « Cavalerie » et les deux commandants des escadrons de combat étaient l’un cavalier (2ème), l’autre fantassin (3ème). Mais, mine de rien, les transmetteurs avaient des postes clefs car on les retrouvaient partout…
    Une telle cohabitation était originale et certainement source de « distorsions » me direz vous.
    Et bien non, tout ce beau monde coopérait  merveilleusement.
    Incroyable !
    Bon, je reconnais que parfois la finesse du cavalier agaçait la rigueur du fantassin et que la décontraction du transmetteur essayait de dépasser celle du sapeur, mais l’artilleur avait toujours une blague à raconter. (Je vais me faire des « amis »…).
    Il y avait pourtant une différence, mais elle était subtile et pour la voir un œil exercé était indispensable. Elle ne concernait que les officiers et n’apparaissait que très rarement. Le képi ! Oui, ce couvre-chef n’était porté qu’à de très rares exceptions.
    Un parachutiste en képi, vous n’y pensez pas !
    Et lorsqu’une telle anomalie arrivait, un regard bien acéré pouvait remarquer une différence dans la hauteur des képis. Tout « bon » cavalier le faisait faire à Saumur par la « Mère Képi » qui tenait une chapellerie de renommée plus que centenaire. Le travail était de très haute qualité, et c’était bien le mot puisque ce couvre-chef se caractérisait par une hauteur légèrement supérieure aux autres. Le magasin conservait les mensurations de ses clients si bien qu’il était possible de commander son nouveau képi par correspondance !
    La haute couture au service de l’élégance affirmée du cavalier !  (Cela dit tous les cavaliers ne se faisaient pas faire un képi chez cette vieille dame.)
    Bien entendu, la différence s’évanouissait avec les bérets et quel que soit le grade. Quoique, là aussi, un œil exercé pouvait constater une certaine différence dans les tailles. Ils avaient beau être tous rouges mais les surfaces pouvaient facilement varier. Ce devait être une question de rayon mal calculé, de lavage intense ou de « fantaisie » ramenée de Pau… C’était de toute manière une habitude bien ancrée dans toutes les troupes aéroportées. Les mauvais esprits parlent parfois de prépuce… !!!

    Tout le monde, avec béret petit ou règlementaire, s’entendait pour trouver inquiétante l’espèce de grande cage habillée d’un filet de camouflage qui trônait sur la place d’armes.
    Non, ce n’était pas une pseudo carlingue d’entrainement au saut.
    Le général, connu et aimé de tous, avait suggéré, en prenant un café avec le chef de corps et son Etat Major, qu’un « panier » était peut-être une solution pour faciliter le regroupement au sol. Je vous assure c’est comme cela que les choses se sont passées. D’où l’importance du café…
    Chaque équipe sautait en effet avec une gaine larguée en premier et contenant disons le matériel « lourd ». Sortir le plus rapidement possible pour « coller » au colis faisait partie des « plaisirs » du saut. Et le regroupement au sol autour de cette gaine était toujours un problème…

    Chronique du temps passé… au 13.  Gaine10

    (C’était un peu dans le genre de cette gaine d’aujourd’hui)

    Quelques esprit très très disciplinés avaient écouté le général et s’étaient penchés sur la question.
    Ces chercheurs-trouveurs avaient imaginé une solution géniale : la nacelle «  tous groupiert » avec largage par tranche arrière !

    Chronique du temps passé… au 13.  Larg_a10

    (Oui, un peu dans le genre de ce que vous voyez sur cette photo)

    Un conditionnement ad hoc avec bottes de paille et matelas pneumatiques dans tous les coins, sangles de maintien et même un ou deux hublots pour admirer le paysage. Une capsule spatiale avant l’heure !
    Tout était prévu.
    La seule question qui n’était pas tranchée concernait l’équipement du personnel. Etait-il vraiment nécessaire de l’équiper avec un parachute…
    Quand je vous disais que tout était prévu !
    Il suffisait de larguer ce « panier » avec hommes et matériel comme une marchandise !
    Le résultat a fait peur à tout le monde et, je pense, également au général.
    A ma connaissance personne ne s’était porté volontaire pour faire le premier essai.
    La nacelle a servi de décoration un certain temps.

    Chronique du temps passé… au 13.  Nacell10

    Non ce n’est pas du tout comme ça mais comme je n’ai pas de photo !



    Ce « fameux » général aimait beaucoup venir nous voir. Comme je l’ai déjà écrit, le bruit courait que le 13 avait été implanté dans l’Est pour lui faire plaisir. C’était bien entendu, pour le 13,… parfaitement possible ! !
    Parfois, il était accompagné par la Princesse Napoléon qui était la marraine du régiment. Et, ne l’oublions pas, le 13ème Dragons était le digne représentant des Dragons de l’Impératrice.

    Chronique du temps passé… au 13.  Massu_11
    (Colonel De Courson, général Massu, princesse Napoléon)

    Lors de ses visites, le général  posait toujours la même question avec un sourire machiavélique : « Alors, vous en êtes-où de la mise au point de cette nacelle ? ».
    Le chef de corps, lui répondait, imperturbable : « Il reste encore quelques mises au point mais on avance, mon général ».
    Ce petit jeu a duré longtemps et a contribué à beaucoup d’éclats de rires… du général !
    Et un jour, il nous a quitté pour d’autres horizons… encore plus à l’est.
    On s’est empressé de faire disparaître la fameuse nacelle pour ne pas donner de mauvaises idées à son remplaçant…

    Je ne peux pas m'empêcher de vous remontrer cette photo. Vous vous imaginez un peu dans cette caisse en train de sortir...

    Chronique du temps passé… au 13.  Relarg10

    (à suivre...)
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty re: chronique du temps passé ...

    Message par salliere herve

    Merci Lang , une très bonne idée d'avoir fait disparaitre cette fameuse nacelle .
    Nous n'aurions pas eu le plaisir de connaitre le parachute , et puis sauté dans une cage ……. Evil or Very Mad
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    Chronique du temps passé… au 13.  Empty Re: Chronique du temps passé… au 13.

    Message par LANG

    Un petit complément à mon histoire ?

    Oui Salliere, on a bien fait de faire disparaitre cette nacelle.
    Elle faisait environ dix mètres de long sur 1,5 m de large et idem pour la hauteur.
    (De mémoire, mais avec le temps…).
    Entreposée le long d’un vieux bâtiment en briques rouges, elle avait une… sale gueule, oui une sale gueule il faut le dire. Couleur marron pour dissimuler ce qu’il y avait à l’intérieur, filet de camouflage vert délavé… On avait l’impression qu’elle était là pour nous narguer.
    En plus son silence (et celui du commandement à son sujet)  pouvait être interprété de diverses manières.
    Je raconte mon histoire d’un air décontracté mais à  l’époque nous étions plutôt inquiets.  
    Qui allait inaugurer ce machin ? Ce n’étaient pas ceux qui étaient à l’origine du projet « tous groupiert » !
    Ce ne pouvaient être que des « petits jeunes » comme nous !
    Alors qui ? That était la question !
    Je vous laisse imaginer les blagues qui foisonnaient entre lieutenants au mess des officiers… Surtout avec les nouveaux arrivants qui finissaient par être persuadés que l’expérimentation était bien à l’ordre du jour.
    Cela dit, quand j’y repense, je me dis que si nous avions été en « situation de guerre » des équipes auraient sauté par tranche arrière dans ces containers.  Nous n’avions pas trop le choix avec le matériel dont nous disposions à l’époque. Pour être efficace…
    Je reste persuadé qu’à Dien Bien Phu, Bizerte ou dans d’autres interventions « limites » en Indochine par exemple toutes les précautions n’étaient pas prises à chaque fois…
    Heureusement  la guerre à cette époque n’était que froide…
    Et puis, mais c’est un avis tout personnel, le « fameux général » qui nous « aimait tant », je crois qu’il avait suffisamment pris de risques quelques années plus tôt dans une ville célèbre du sud aux ruelles étroites...
    Une victoire certes mais…
    Il tenait trop à ses derniers paras pour les laisser tomber… dans une caisse…
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