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    FAIRE CRAQUER SES LIMITES

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    Message par musette tap le Lun 18 Nov - 11:50



    D’aucuns, parvenus au bord du Rubicon, y pêchent à la ligne. César, militaire, préfère se « mouiller ». « Je chercherai, dit-il, ma chance jusqu’au fond de l’eau. »

    « We shall go to the end, lance, officier comme lui, Churchill, 2000 ans plus tard. We shall fight in France, insiste-t-il alors que la débandade y est générale. We shall fight with grouving confidence and grouving strength in the air.., we shall fight on the beaches, we shall fight in the fields and the streets. We shall fight in the hills. We shall never surrender !”

    … Se rendre ? Au fil des siècles, il y en eut toujours quelques-uns pour ne jamais s’y résoudre. Déjà, à Gergovie, nos grands-parents (yeux bleus, moustaches tombantes) !.. Déjà, en 1693, à Neerwinden, quand la noblesse française arrache au Prince d’Orange cet hommage spontané : « L’insolente nation ! ». « Tant qu’il restera une roue, la charrette roulera, dit encore, le Chevalier de Charettte qui, tête haute, en meurt en 1796. Et la Garde de 1815 ? Celle qui « meurt mais ne se rend pas » alors que tant d’autres, 125 ans plus tard, se rendront si volontiers et n’en mourront pas ? Et, quand, voyant les Chasseurs d’Afrique charger, en 1870, le roi de Prusse s’exclame à Sedan : « Oh ! Les braves gens ! »

    Tradition d’initiés au tempérament anormalement énergique ? Ou, pour le moins, d’une énergie infernale ?

    « On les aura ! » 1917. Le général Pétain relance les Français de Verdun sur les Allemands qui vont les engloutir. Sursis. Sursaut. Et le Poilu enfonce l’Alboche. « Faire face » et volte-face pour ne pas perdre la face. C’est également le grand cri (de guerre) de Georges Guynemer, abattu mais non battu, en plein ciel, à 23 ans, en 1917… Il n’avait pas de parachute ! Cinquante-quatre victoires homologuées !

    « La liberté, c’est le courage », conclut Périclès. C’est bien encore l’avis des Cadets de l’Ecole d’application de la cavalerie et de l’arme blindée de Saumur, en 1940. Résolus à mourir au moins libres, ils arrêtent net sur la Loire les Allemands conquérants, d’autant plus stupéfiés que la quasi-totalité de l’armée française, partout, se soumet sans tirer un coup de feu… Cadets de moins de 20 ans si seuls au cœur d’une déroute générale qui est aussi déroute de l’esprit, - barrage unique face au raz-de-marée vert de milliers d’émigrés -, bottés, eux.

    Mil neuf cent quarante-deux : la croix sur l’Europe est de plus en plus gammée et acceptée. L’aspirant Zirnheld [1] (1ère Cie parachutiste des Forces françaises libres) refuse de s’en accommoder. Il tombe, tué par un Stuka en Libye (Mersa Matrouh). Son dernier raid. « Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste. Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas… » Message reçu 5/5.

    … Les anciens combattants de … Gergovie, si seuls, eux aussi face à la plus forte armée du monde, Charrette, Guynemer, Zirnheld… Dire qu’ils aimaient le danger est peut-être trop dire. Mais ils aimaient la vie hasardeuse et qu’elle exigeât d’eux tout leur courage, tout leur bonheur, toute leur santé. Culte de l’énergie qu’on entretient par une hygiène sévère. On se tient en main. On sait que pour se donner (à son pays), il faut se posséder, être possédé de la foi : celle qui déplace les montagnes… de difficultés. « Une pensée bien dirigée peut déplacer un caillou » affirme le Sage oriental. Et l’esprit audacieux, soucieux de s’élargir, de faire craquer ses limites ?

    « A degré égal d’intelligence, la crainte fait mille fois plus de ravages que l’intrépidité », note Clausewitz. Sans crainte, dans la nuit de 5 juin 1944, les SAS français (Special Air Service) sautent sur les landes bretonnes. Premiers libérateurs, ils font aussitôt face aux Fallschirmjäger de la division « Creta ». Le 3ème Régiment de Chasseurs parachutistes de Château-Jobert est parachuté sur les arrières de l’ennemi (Bretagne, Limousin, Franche-Comté) ? Sabotage. Guérilla. Harcèlement… Beaucoup de morts. Mais en 1956, c’est encore Conan (Château-Jobert) qui, colonel de notre 2ème R.P.C., saute ne Egypte à la tête du Régiment.

    Juno… Omaha Beach… La Pointe du Hoc… Le jour le plus long fut plus long qu’ailleurs pour les Rangers parachutistes américains des 2ème et 5ème bataillons de la 82ème Division Airbonne. C’est à la M.G. 12,7 et à la grenade F1 que les parachutistes d’Hitler, frères (ennemis) d’armes, les tirent du haut des falaises du Hoc qu’ils escaladent. Assaut médiéval. Sanglantes échelles de corde. A être trop en compétition avec soi-même, on meurt. Combien parviennent en haut ?

    Questionné sur les secrets de son style, Céline répond : « moi, je continue là où les autres s’arrêtent ». Des combattants qui préfèrent continuer dans tous les cas, l’Histoire en suscitera toujours, quitte à défendre un avenir indéfendable. Mais ces forcenés ne cherchent que le risque ! argue, hargneuse, choquée, la (grande) armée des ronds-de-cuir qui ne risque, elle, que les hémorroïdes.

    Je pense à Christian de La Mazière. Dans le genre sidérant, il n’y a pas mieux. Pas le genre, justement, à voler au secours de la victoire. Au bal des « Maudits », un maître de ballet. Le « diable en rit encore » comme on le chante dans la Waffen SS où il s’engage (après plus de 7000 autres Français – Division Charlemagne). Et quand s’engage-t-il ? Quand le Grand Reich triomphant, s’étend de Brest au Caucase, de la Norvège à la Libye ? Point ! Il attend que les troupes américaines qui, depuis 3 mois refoulent, inexorables, les Allemands, sur tous les fronts, soient aux portes de Paris. Il s ‘engage en… août 1944 ! Considérant que le führer du Kremlin a – déjà- assassiné bien plus d’innocents que celui de Berlin, son allié de la veille, il tient, « rêveur casqué », à aller se battre à l’arrière des lignes russes et se faire massacrer dans les forêts de Poméranie. Survivant de combats exceptionnels de férocité (SS versus Bolcheviques), pris dans une ahurissante spirale psychologique, de La Mazière, untersturmführer exorbitant, va jusqu’au bout de sa nuit, n’évitant qu’in extremis la mort des loups traqués dans la neige… On ne revenait pas beaucoup de Poméranie !

    Amis, ennemis, on peut préférer les loups aux chiens. Et les sangliers aux pourceaux.

    Autre loup que rien n’arrête, Skorzeny (Otto) est aussi de l’Internationale secrète de ceux dont la devise cachée est : « Il faut toujours lutter ; on ne sait jamais ! » Plus que Rommel que ses adversaires finissent par estimer, il les sidère tous par ses facultés de rebondissement hors toutes normes. En 44, le général parachutiste Heidrich tient 4 mois à Monte Cassino – verron de l’avance des Alliés vers Rome – pilonné nuit et jour par 600000 obus, 750 canons et 600 avions. Tour de force. Mais c’est Skorzeny, le Balafré, qui réussit, un an plus tôt, avec un détachement de son Fallschirmjäger Lehrbataillon, l’impensable exploit de libérer par la vois des airs, au Grand Sasso (3000 m), Mussolini.

    Chef des Unités Spéciales du IIIème Reich, le colonel Skorzeny est encore en flèche quand, le 16 décembre 1944, est lancée sur un front de 130 Km, l’offensive allemande des Ardennes : celle de la dernière chance (pour lui). « Mon aile droite est enfoncée. Mon aile gauche recule. Mon centre plie : situation excellente, j’attaque ! » disait Foch. Otto attaque. Il revient sur ses pas. Il encercle Bastogne ! Il sait que son avenir est kaputt.
    Qu’importe ! Il fonce. Il fait reculer toutes les divisions U.S. Et les paras SS accomplissent leur dernière mission de saut. La Wehrmacht, depuis de Débarquement, recule. Il inverse jusqu’au 20 janvier 1945 un mouvement que tous croyaient irréversible. « Il y avait encore de quoi reculer. Il avança. » Ce que Hugo rêve, Skorzeny la fait. Diversion diabolique : il va jusqu’à équiper d’uniformes US ses SS, faux G.I. voués à la mort mais qui sèment, d’abord, la mort.

    Banzaï ! Alors que le Reich de 1000 ans a, tout de même, capitulé 3 mois plus tôt, les pilotes du Pays du Soleil-Levant n’admettent pas que leur Soleil se couche. Ils continuent. Banzaï !.. Montjoie Saint-Denis ! (traduction libre). Aux commandes de leurs avions-suicide (bakas) bourrés d’explosif, les Kamikazes plongent sur les cuirassés US pour s’y écraser par centaines en les désintégrant, histoire d’accomplir leur destin, leur karma. Pour l’empereur ! Pour l’Empire ! Cinq mille de ces kamikazes (nom de code : vent Divin) finissent leur jeune vie dans une gerbe d’eau, de fer et de feu. Tora !.. Tora ! L’armistice japonais signé, bien que libérés de leur serment suicidaire par l’empereur, 2000 autres kamikazes restent sur les tarmacs, ivres du désespoir de ne pas avoir eu le temps de se tuer glorieusement. Beaucoup préfèrent se suicider.

    Courage démentiel. La démesure est leur mesure mais… rien à voir, rien, avec les imposteurs hystériques qui, aujourd’hui, se prétendent kamikazes (Allah akbhar !). Singes sanglants et dégoûtants, ils assassinent, eux, avec une lâcheté inouïe, en les déchiquetant vives, les petites filles d’Israël qui vont à l’école ! C’était des 220 de Marine que les vrais kamikazes affrontaient à bout portant ! Pas des enfants en tablier rose, qui vont au marché !

    « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là.. » Suite et fin ? Vingt-sept ans après la signature de la Capitulation du Soleil-Levant, un certain Onooda combattant Jap oublié qui n’a rien oublié, lui, dépose, enfin ! les armes dans l’île perdue du Pacifique où il faisait toujours le coup de feu ! Seul dans sa jungle, il continuait la Seconde Guerre Mondiale devenue sa guerre personnelle. Il faudra des régiments entiers de ses compatriotes pour le réduire et un message de la main même de l’empereur pour le relever de son serment d’allégeance et de fidélité. Franchement surréaliste ! pense l’Occidental. Non ! Logique ! se dit le Samouraï. Dès lors qu’il se sentait toujours lié à son engagement de défendre l’Empire jusqu’à la mort ! « Honneur et fidélité ! », « sang et honneur !.. » ça se conjugue, aussi, en japonais. Boxer jusqu’au bout avec la vie – donc, avec la mort -, quelle volupté, parfois ! Quelle ivresse pour celui dont la patrie est le seul bien !

    Pro patria. C’est encore pour cette patrie – ou l’idée qu’on s’en fait mais quel dieu verrait la différence ? – que les Bérets Rouges de 1954 tiennent 112 jours à Dien-Bien-Phu. Dito en 1967 quand les paras israéliens finissent (Guerre des 6 jours), au corps à corps, par faire flotter l’Etoile du roi David sur le Mur des Lamentations. Même scénario en 1968, au Viêt-Nam, quand les parachutistes américains, en 26 jours, reprennent au prix de 221 morts et 1364 blessés, à la baïonnette, aux Communistes, Hué envahie (Offensive du tet).

    Résolus à se forger un destin unique à force d’exploits, bien des combattants de notre guerre d’Algérie, à leur tour, ont défrayé –effrayé ?- la chronique. Attentifs à être ce qu’il y a de plus rare dans nos sociétés modernes : leur propre produit, ils ont voulu saisir le destin à la gorges – quitte à se faire égorger par lui. Château-Jobert.., Bigeard.., Denoix de Saint-Marc.., tant d’autres.., Jeanpierre… Un mot sur ce dernier.

    « Dans cette guerre [2], disait-il, réussiront ceux qui seront physiquement et moralement les plus forts. » En Indo, en 1950, il l’avait prouvé quand il avait fallu évacuer Cao Bang. Alors capitaine, il se bat avec les 510 légionnaires-parachitistes du 1er B.E.P. à un (para) contre dix (viets). Segretain, le chef de corps, tombe au milieu de ses hommes. Une vingtaine seulement échappent à la mort, dont lui ; Jeanpierre, en un raid désespéré. Devenu, 8 ans plus tard, colonel du 1er R.E.P., il relance ses paras mais cette fois, contre les Arabes. Ronde non moins sanglante. Le commandant Jacques Morin (cdt en second du 1er R.E.P.) en témoigne : « Début mai (1958), Verguet, Loth et moi, nous avons cru de notre devoir de dire à Jeanpierre que le Régiment était fatigué sinon à bout de souffle. Pas de réponse mais quel regard.. ! » Un regard qui, quelques mois plus tard, va s’éteindre quand Morin retrouve le colonel – son hélico d’observation abattu par les Fells – mort sur son siège, mort pour la France et la Liberté, le béret vert sur la tête. Bilan du 1er R.E.P. de janvier à mai 58 (Secteur de Guelma) : 1193 fellagha tués, 82 prisonniers, 92 mitrailleuses, 209 P.M., 657 fusils amis –aussi- 111 parachutistes tués au combat dont, lui, Jeanpierre. Il n’aimait pas, dit Morin, s’arrêter. Seule une rafale pouvait, donc stopper sa marche et celle de son destin que, déporté à Mauthausen, il avait dû, déjà, forcer. Les gens ne se doutent pas jusqu’à quel point on peut oser sans péril avait-il ruminé de l’Indo à l’A.F.N… Oui mais au-delà de ce point ?

    « Rien ne nous plaît que le combat et non pas la victoire », songeait, pensif, Pascal.

    Ceux qui ne sont pas morts au creux d’un lit ont-ils la pire des parts ? Tout leur « malheur » ne vient-il que « d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos dans une chambre » ?



    [1] Cf article « Qui ose, gagne »
    [2] La guerre d’Algérie : la seule guerre de contre-guérilla qu’un pays ait remportée (militairement).




    Pierre LEULLIETTE
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    Message par LANG le Lun 18 Nov - 12:56

    Merci musette tap pour ce texte de Leulliette qui est d’une grande qualité.

    S’entrainer à faire « craquer ses limites » ne suffit pas à les connaître vraiment mais cela permet de faire un pas de plus… Après un « GO » on ne les fait pas craquer mais on commence à savoir qu’elles existent.
    Céline répond : « moi, je continue là où les autres s’arrêtent »
    L’épreuve nous impose parfois de les connaître :
    «Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas.» (extrait de Terre des hommes)
    « ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ».

    Reste l’aventure ? « Mon domaine : La bagarre »…

    FAIRE CRAQUER SES LIMITES La_bag10

    Car je crois que c’est effectivement Pascal qui a raison avec le dernier mot : « « Rien ne nous plaît que le combat et non pas la victoire »
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